DIOCESE DE KPALIME
DÉCISION-NOMINATION- 2020- 2021  *Thème de l'année pastorale 2019-2020 : Marchons à la suite du christ: adorons-le, annonçons-le louons-le  *Suivez nous sur notre page facebook  *Mgr ALOWONOU souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.

DÉCISION-NOMINATION 2020- 2021

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THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2019-2020
MARCHONS À LA SUITE DU CHRIST: ADORONS-LE, ANNONÇONS-LE LOUONS-LE
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
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SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.
ANNUAIRE DIOCESAIN 2019-2020
Actualités : HOMELIE PRONONCEE PAR MGR BENOIT ALOWONOU A LA MESSE D’ENTERREMENT DU PERE JACQUES AMOUZOU LE 14 SEPTEMBRE 2020 A LA CATHEDRALE SAINT ESPRIT DE KPALIME

« Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 16)


Frères et Sœurs en Christ,
En ce jour où l’Eglise célèbre la Croix glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ, nous sommes réunis autour du corps de notre frère, le Père Jacques AMOUZOU pour l’eucharistie de son inhumation. Célébrer la Croix Glorieuse, c’est proclamer que ce bois du supplice du Christ est l’instrument, le moyen de notre salut. L’évangile que nous venons de proclamer, nous rappelle le sens de ce mystère d’amour de Dieu pour l’humanité : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 16).
La Croix du Seigneur, en ce jour d’adieu à notre frère Jacques, nous rejoint, à la fois douloureuse et glorieuse. La croix est douloureuse, car c’est par ses souffrances que Jésus s'est fait proche de nos souffrances. La Croix est glorieuse, car par la résurrection, nos souffrances peuvent être considérées comme légères, face à la gloire qui nous est promise. En effet, nous dit st Paul, nos afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire (2 Cor 4 :17 et 18).
C’est dans cette espérance que nous sommes rassemblés ce matin, autour de l’autel de la Vie, l’autel eucharistique, pour célébrer le Christ qui a vaincu la mort et est ressuscité, pour que ceux qui croient en lui, ressuscitent eux aussi. Cette vérité de foi, la seule que nous sommes appelés à annoncer, le Père Jacques l’a annoncée toute sa vie de prêtre, et a vécu dans l’espérance qu’un jour, il ressuscitera pour la vie éternelle. Le 21 août 2020, en France dans le diocèse de Langres, il a remis sa vie à celui qui est l’auteur de la vie. « Père entre tes mains, je remets mon esprit ».


Frères et Sœurs,
Avant de partager avec vous la méditation que m’a inspirée le décès du Père Jacques, je voudrais dire quelques mots sur son parcours de vie.
Né le 25 juillet 1968, Jacques AMOUZOU a été plongé dans le bain de la nouvelle naissance le 25 août, soit un mois jour pour jour après sa naissance selon la chair, à la paroisse St Augustin d’Agadji, la ville de sa naissance. Le 16 octobre 1995, après son bac, il a cherché à répondre à l’appel qui raisonnait dans son cœur, l’appel du Christ à le suivre dans son unique sacerdoce : « viens, suis-moi, je ferai de toi, prêtre et messager de l’Evangile de la Vie ». Avec assurance et humilité, Jacques prit le chemin du séminaire propédeutique de Notse, avec le désir que son Évêque l’inscrive, le moment venu, parmi les séminaristes, futurs prêtres du diocèse de Kpalimé. Le 23 septembre 2000, l’Eglise de Kpalimé réalise son désir par le Rite d’Admission et la prise de soutane. Le 4 novembre 2002, il sera ordonné diacre au grand Séminaire Interdiocésain Jean Paul II par Monseigneur Jean-Marie DOSSAVI, de vénérée mémoire et le 9 août 2003, notre regretté grand frère et Père, Monseigneur Robert Casimir DOSSEH, lui imposât les mains pour faire de lui prêtre de Jésus Christ, selon l’ordre du Roi Melchisédech.

Après son ordination presbytérale, le jeune prêtre Jacques AMOUZOU est envoyé comme Vicaire paroissial à Tsihinu, paroisse Immaculée Conception. Durant les deux ans de mission, le Père Jacques a montré son amour pour la pastorale et ses capacités de prêtre consciencieux et digne de confiance.

En septembre 2005, nous l’avons nommé Curé de la paroisse Ste Thérèse de l’Enfant Jésus à Tégbé. Durant sa mission à Tsihinu, un ami Français lui avait offert une voiture. En quittant Tsihinu pour Notse, le Père Jacques a laissé sa voiture en disant au TRP Eklu Louis : « Cette voiture est pour l’Eglise et non pour moi, je la laisse à la paroisse, si Dieu le veut, il me donnera une autre voiture ». Arrivé à Notse, il écrit à ce même ami pour lui annoncer qu’il quittait Kpalimé pour Notse et aussi pour lui demander de lui trouver une voiture, une autre voiture. L’ami accepte mais à une condition : que l’évêque lui adresse une lettre dans laquelle il dira que la voiture qu’il achètera au Père Jacques sera bien à lui, et s’il devait quitter Notse, pour une autre paroisse, il partirait avec cette voiture pour sa nouvelle mission. J’ai naturellement fait cette lettre que j’ai remise au Père Jacques pour son ami. L’ami a été fidèle à sa parole. Il a acheté une nouvelle voiture au Père Jaques.
Après six ans à Notse, le Père Jacques est nommé Curé à la paroisse St Joseph à Kusuntu où pendant deux ans, il s’était donné de bon cœur, un cœur pastoral, au service de l’Eglise et au service de ses frères et sœurs.
Ceux qui ont connu le Père Jacques sont unanimes à dire qu’il fut un prêtre, généreux, affable, souriant d’un sourire franc et sans hypocrisie.
Le diocèse de Langres où il a servi durant ses derniers mois, a rappelé les qualités du Père Jacques dans l’annonce de son décès : je cite : « Le Père Jacques a laissé au plus grand nombre de celles et ceux qui l’ont croisé, pour un instant partagé ou pour un bout de chemin parcouru ensemble, une image vivante d’un croyant rayonnant de la bonté divine, d’un prêtre à la profonde spiritualité sans faille. »

Frères et Sœurs en Christ,
L’amour miséricordieux de Dieu dont la Croix est le signe, nous renvoie à l’amour du prochain : « Aimez-vous les uns les autres, comme, je vous ai aimés, oui comme, je vous ai aimés ! ». Tel est le commandement que le Seigneur a laissé à ses amis. L’amour du prochain est le signe distinctif du chrétien, ami du Christ. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’ils reconnaitront que vous êtes mes disciples » (Jean 13-35).
Dans sa Lettre aux Romains, saint Paul nous parle de cet amour du prochain comme d’une dette, la seule dette, dit-il, que nous devons avoir envers nos frères : "N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi." (Romains 13 : 8).
L’amour du prochain est-il donc une dette, une obligation ? Oui, nous dit st Paul : l’amour du prochain est une dette, il n’est pas un sentiment qu’on choisit d’avoir ou de ne pas avoir, ni un sentiment qu’on éprouve uniquement envers ceux qui nous sont sympathiques. L’amour du prochain est un commandement, une obligation : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Mais que veut dire aimer son prochain, comment l’aimer, et, si on ose reprendre la question posée à Jésus « qui est donc mon prochain ? ».
Je retiens parmi tant de définitions possibles, celle de la philosophe Simone WEIL (1909-1943), qui nous rejoint particulièrement ce matin. Elle dit ceci : « la plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander : « quel est ton tourment », c’est-à-dire quelle est ta peine ? (Œuvres complètes : Ecrits de Marseille. v. 1. 1940-1942). Elle veut dire par là, qu’il n’y a pas d’amour sans l’attention portée à l’autre que nous côtoyons, à ceux et celles qui sont mis sur notre route. Il n’y a pas d’amour du prochain sans dépasser la responsabilité individuelle de nos actes pour s’interroger sur la responsabilité mutuelle. « La dette de l’amour du prochain est inscrite à chaque page de l'Évangile », écrit un commentateur, puisque le Christ a dit que celui qui aime a accompli la loi. L’amour du prochain n'est pas une question de lien de sang. Dieu fait de chaque être humain mon frère ou ma sœur ». L’amour du prochain est un engagement éminemment chrétien. C’est, à l’exemple du bon samaritain, l’engagement de ne passer devant aucune détresse humaine sans s’arrêter, sans se pencher, sans secourir, sans panser les blessures de la vie.
Est-ce bien là l’image que nous donnons au monde, nous chrétiens, nous prêtres ?
Gandhi a dit à l’endroit des chrétiens ces mots : « croire en quelque chose et ne pas le vivre est malhonnête. Sans doute, serais-je chrétien, si les chrétiens l’étaient 24 heures par jour.”

Frères et Sœurs,
Ce que nous dit st Paul sur la dette de l’amour du prochain nous interpelle devant le cercueil du Père Jacques, nous chrétiens, et particulièrement, nous membres de communautés religieuses ou de fraternité ou d’équipe sacerdotale ou pastorale. La dette de l’amour du prochain signifie l’obligation de ne pas faire du tort au prochain par la langue, par la médisance et la calomnie. Dans sa catéchèse sur le martyre de st Etienne, le pape François a rappelé que celui-ci avait été victime du faux témoignage et de la calomnie, « la solution la plus mesquine pour anéantir un être humain, un « cancer diabolique », qui veut détruire la réputation de quelqu’un en éloignant son esprit de la présence de Dieu. (25 septembre 2019, audience générale). Nous sommes tous pécheurs, oui, et la calomnie est un péché, mais la calomnie est quelque chose de plus, poursuit le Pape François : elle est méchante, elle naît de la haine. ».

Frères et Sœurs,
La mort du Père Jacques AMOUZOU nous a tous surpris et peinés, car il avait traversé courageusement de grandes épreuves, particulièrement l’épreuve de la maladie. Il était de santé fragile mais il avait un bon moral. Je lui avais rendu visite à l’hôpital en France, à la suite d’une délicate intervention chirurgicale. Tout souriant il me dit : « Monseigneur je n’ai plus mes intestins, les médecins m’ont tout enlevé et ils les ont remplacés par des tuyaux. Si je n’étais pas venu en France, je serais déjà décédé. AKPÉ na Mawu ! » Il disait tout cela avec un cœur confiant et plein de gratitude. Il avait foi en son Dieu comme sa lumière, sa force et son salut.
Que s’est-il passé ce vendredi 21 août 2020 ?
C’est la question que beaucoup se posent. Une question qui n’aura pas de réponse, mais sûrement une leçon pour nous qui le pleurons aujourd’hui : cette leçon la voici : l’amour du prochain est une dette du chrétien, une dette à payer, pour relever, consoler et sauver le prochain. Albert Camus disait avec raison que « ne pas être aimé est une malchance, une peine, mais ne pas aimer est un malheur ».
Demandons au Seigneur dans cette eucharistie de nous accorder la grâce d’aimer.


Frères et Sœurs
"La Croix glorieuse du Christ résume les souffrances du monde, mais elle est surtout le signe tangible de l’amour, la mesure de la bonté de Dieu envers l’homme", dit Benoît XVI.
Demandons au Seigneur de ne pas craindre les croix que nous rencontrons. Que par les mérites de son agonie et de sa Croix, nous ayons la force de tenir debout dans l’épreuve. Demandons au Seigneur la grâce de porter les croix les uns des autres par la charité et la compassion.
Notre frère Jacques a certainement connu l’angoisse de la solitude, au seuil de la mort. Nous prions le Seigneur qui est tendresse et pitié, de lui ouvrir les bras de sa divine consolation et de sa bonté miséricordieuse. Qu’il entre dans la joie de son Maître et qu’il reçoive le salaire des fidèles serviteurs de l’Evangile ».
Amen.

Date de publication: 2020-09-14 00:00:00 Version Imprimable