Frères et sœurs,
Le 13ème dimanche nous apprenait que l’appel de Dieu exige une réponse spontanée, sans regarder en arrière, en acceptant de tout quitter pour se mettre au service des autres. En ce jour du Seigneur, nous comprenons que la joie vient de ce don total au Christ, une joie qui nous vient de sa croix.
1- La joie vient du don de soi au Christ.
Dans l’évangile que nous venons d’écouter, nous voyons les apôtres revenir tout joyeux de la mission à laquelle ils ont été envoyés (Lc 10, 17). Cela veut dire que le don total de sa vie au Christ introduit en nous dès ici-bas, la joie divine. Mais cette joie ne sera totale et authentique que si nous mettons en pratique les consignes de Jésus, liées à son appel. Il faut se dépouiller de l’argent, des richesses, des honneurs, et de tout lien corporel qui nous perd le temps car nous empêchant d’être prompt à répondre à Dieu (Lc 10, 3-4). Les messagers de l’Evangile selon saint Luc n’ont jamais perdu du temps ; au contraire, ils se dépêchent tous à l’instar de Marie à la visitation, ou des bergers à la crèche : l’effort de chacun abouti à la joie. C’est le but des mystères chrétiens.
2- La joie chrétienne est la marque des temps messianiques.
Nous sommes au moment des promesses de Dieu à son peuple revenu de l’exil. Les promesses concernent le nouveau peuple de Dieu. Pour goûter à ces délices, il faut avoir désiré ardemment qu’elle retrouve sa gloire. C’est ainsi que vous pourriez bénéficier de la consolation de ceux qui souffraient. La marque des temps messianiques, c’est la joie immense qui ne connaît pas de déclin. Si on nous appelle à nous réjouir avec Jérusalem, c’est que la joie ne concerne plus que Jérusalem, mais encore tous ceux qui accepteront le Christ et croiront en sa parole et accepteront ceux qu’il a envoyés (Is 66, 10-11). Voilà pourquoi il dit de secouer la poussière à ceux qui ne vous accueillent pas, pour leur dire que pour avoir volontairement refusée la joie qui leur est due, ils resteront en dehors de cette réussite au jour du jugement. Et pour ceux qui l’accueillent, il nous conseille de nous ouvrir à leurs usages culturels. C’est la richesse de la croix du Christ.
3- Cette joie est acquise grâce à la croix du Christ.
Pour retrouver le vrai bonheur, saint Paul continue pour nous, sa leçon sur la circoncision. Il parle contre ceux de la communauté de la Galatie qui, à l’exemple des Pharisiens dénoncés par Jésus, veulent faire bonne figure, apparaître comme une élite (Ph 3, 2-11). Il demande de ne pas perdre de vue, la gratuité du salut qui a dynamisé la foi de l’Eglise naissante. Ce ne sont pas ces pratiques si respectables soient-elles, mais la foi au Christ qui nous introduit dans la joie. Si Paul a eu tant d’abnégation pour rassembler ceux qu’on considérait comme inférieurs, c’est qu’il a mis en pratique les consignes de Jésus dans l’évangile : Faire l’effort et souffrir pour les accueillir avec ce qu’ils sont, avec leurs cultures. Car, ce ne sont plus les cicatrices de la circoncision qui sauvent, mais plutôt les marques de la croix du Christ. Et ces marques, c’est les sueurs de nos efforts aujourd’hui pour répondre fidèlement à cet appel du Seigneur.
Puisse la grâce de cette Eucharistie nous y aide. Amen !