Bien aimé du Seigneur, 
Aujourd’hui le dimanche du bon Samaritain. La parole illumine toute cette liturgie et lui donne toute son ampleur, à condition qu’on n’en fasse pas une lecture moralisante. Cette histoire du bon samaritain est une belle histoire édifiante, et d’une grande simplicité. Apparemment, elle fait appel à notre sens en nous invitant à nous occuper du malheureux qui est blessé, qui est dans la nécessité. Elle nous invite à la bonne action et à l’engagement caritatif. Dans cette histoire, nous pouvons rencontrer la figure du Christ à travers le comportement du bon Samaritain qui se penche sur l’humanité blessée.
Mes frères, mes sœurs, aussi loin que l’on remonte dans l’histoire du salut, la Révélation nous présente un Dieu qui s’approche, qui rencontre, qui fait alliance et qui se sert de sa puissance pour aimer, pour patienter, pour pardonner.
Bien aimé, 
C’est Jésus dans l’Evangile sous les traits du samaritain, c’est lui qui vient tout réconcilier en faisant la paix, par le sang de sa croix. C’est lui qui va payer la remise sur pied de l’humanité malmenée et blessée. Il la rencontre précisément sur la route de Jérusalem, sur la route de l’Amour sans condition et sans frontière, elle est demi-morte, marginalisée, étrangère en bordure de chemin. Indifférents et incapables, les représentants officiels du judaïsme sont passés, faisant semblant de ne pas voir, faisant un détour tenant avant tout à leurs privilèges, à leur sécurité, à leur pouvoir, Jésus, lui, paye de sa personne et devient le premier né de l’humanité nouvelle réconciliée. Mes frères, mes sœurs, A la question du docteur de la Loi : « qui est mon prochain ? » Jésus répond que le prochain ce n’est pas les autres par rapport à moi ; mais bien moi par rapport aux autres, dans la mesure où je me rends proche. Le prochain c’est également celui qui est loin de moi : le samaritain, celui que je ne peux toucher ou regarder au nom d’une Loi qui m’a séparé de lui.
Mes biens aimés, 
L’Evangile d’aujourd’hui n’est pas de savoir si vous devez secourir un blessé (oui, vous le devez, c’est une évidence), mais bien de changer son regard sur l’autre et ainsi être vraiment en conformité avec la Loi. La loi peut être lue et reçue comme celle qui me rapproche de Dieu et à travers cette proximité avec Dieu, de toute l’humanité : « aimer Dieu et son prochain comme soi-même ». La Loi est alors ce qui me permet d’être uni à toute l’humanité. En cela, Jésus ne change pas la Loi mais il invite à la relire avec son cœur et à la lumière de son message évangélique. J’ai à aimer l’autre quel qu’il soit comme moi-même. J’ai à aimer tout frère en humanité quel qu’il soit. Aimer son prochain comme soi-même. L’évangile de ce jour est exigeant en nous demandant de changer notre cœur et notre regard porté sur l’humanité et de mettre en pratique la Loi dans toutes ses implications.