« Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur qui donc subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon, Dieu fidèle.» (Ps 129, 3-4)

La foi agissante : «relève-toi et va : ta foi t’a sauvé.» (Cf. Luc 17,19)

Dans l’Evangile du dimanche dernier, l’Apôtre Pierre a demandé au Seigneur d’augmenter en eux la foi, et au Christ de répondre que la qualité de la foi ne dépend pas de sa quantité. «Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’’, et il vous aurait obéi. » (Luc 17,5-6). Cela se confirme à travers la démarche et la guérison des dix lépreux de l’Evangile de ce dimanche.

En effet, la lèpre : une maladie contagieuse et terrifiante, était considérée comme le signe d’un châtiment de Dieu. Et le malade aux yeux de tous était comme une personne que Dieu a puni à cause de ses fautes (Dt 28,15-35); ainsi il est relégué hors de la communauté pour des raisons d’hygiène certes, mais surtout pour des motivations socio-religieuses (Lv 13,45-46). Il n’a pas le droit de se faire voir. Cependant, ayant appris la renommée de Jésus, et confiant qu’Il a la solution de leur maladie, nos amis qui autrefois ne pouvaient pas sortir, ont pu braver toutes les barrières et les interdictions qui les séparaient du reste de la communauté.

Oui la rencontre avec Jésus-Christ est toujours source de joie et de salut, c’est pourquoi nous devons partager et communiquer cela aux autres.

Jésus-Christ n’est une propriété privée de personne. De même que les biens et les grâces qu’il nous donne. « Notre appartenance filiale à Dieu n’est jamais un acte individuel mais un acte toujours ecclésial : de la communion avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, nait une nouvelle vie avec beaucoup d’autres frères et sœurs. Et cette vie divine n’est pas un produit à vendre – nous ne faisons pas de prosélytisme- mais il s’agit d’une richesse à donner, à communiquer, à annoncer : voilà le sens de la mission. Nous avons reçu gratuitement ce don et nous le partageons gratuitement, sans exclure personne. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés en arrivant à la connaissance de la vérité et à l’expérience de la miséricorde grâce à l’Eglise, sacrement universel du salut.» (Pape François, message pour la journée mondiale des missions 2019.)

Certainement celui qui a informé ces dix lépreux, a déjà fait lui-même l’expérience avec Jésus, voilà pourquoi il n’a pas hésité de le partager ; le bonheur est contagieux, car on n’est jamais heureux seul. C’est pourquoi aujourd’hui, Jésus-Christ doit en réalité devenir pour nous les chrétiens comme une maladie contagieuse non qui va nous isoler, mais plutôt nous pousser vers les autres.

Soulignons au passage que notre lèpre à nous aujourd’hui c’est notre état de pécheur, ou mieux ce sont nos péchés qui, à chaque fois nous éloignent de Dieu. Osons appeler Jésus de nous prendre en pitié comme ces lépreux. « Jésus, maître, prends pitié de nous.» Cet appel doit venir du fond de notre cœur, et non sur les lèvres, car le cœur parle d’une voix plus forte. De nos jours, nos plus graves lèpres sont l’orgueil, la paresse, l’indifférence, le syncrétisme, l’amour de l’argent, l’ingratitude et l’individualisme; pour ne citer que ceux-là.

L’autre aspect de notre maladie c’est que nous ne cherchons que des miracles et des guérisons à tout prix sans avoir la foi, ce qui fait que nous croyons très vite toute personne qui se présente à nous soit disant : je peux te guérir, je sais ce qui t’arrive, viens seulement ; Jésus va te guérir. Reste à savoir de quel Jésus s’agit-il ?

Nous savons tous demander, mais tous ne savent pas comment rendre grâce. C’est également une autre forme de lèpre. Pourtant pour grandir dans la fois, il faut savoir être reconnaissant envers Dieu pour ses merveilles et bienfaits. Nous ne cherchons que le salut matériel et financier; et nous oublions souvent le spirituel et parfois même le physique. Notre adhésion parfois au Christ semble être conditionnelle et non pas que nous croyons, mais que nous voulons venir voir. Ce n’est toujours pas la plupart du temps par conviction et certitude. Nous voulons voir avant de croire; nous sommes très nombreux qui courent après les miracles et les guérisons, mais nous n’avons pas encore la foi, que cette quête suscite en nous une vraie et profonde connaissance du Christ, et une attitude de savoir rendre grâce à Dieu. Personne ne mérite mieux rien de la part de Dieu, c’est par pure grâce et miséricorde. Que sa grâce nous soutienne et nous devance. Amen !