L’abbé AFATSAO Jean-Paul nous introduit à la méditation avec les textes du quatrième dimanche du temps de Carême, année liturgique A.
Chers frères et sœurs,
Loué soit Jésus-Christ !
En ce jour, nous célébrons le 4ème Dimanche du temps de carême année A, dit dimanche de Laetare ou « Dimanche de la joie ». En effet, ce nom est tiré de l’antienne d’ouverture de la messe d’aujourd’hui : « Laetare Jerusalem » (réjouis-toi Jérusalem). Ce dimanche anticipe donc la victoire de la résurrection et nous encourage à persévérer jusqu’à pâques.
Les textes qui nous sont proposés en ce Dimanche nous montrent effectivement l’objet de notre Joie : Jésus Christ, Lumière du monde. Ainsi, dans l’évangile, Jésus guérit un aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais songé jouir de l’éclat de la lumière un jour. Et même, les pharisiens s’en étaient étonnés. Ils se demandaient « comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? ». Pour eux, Jésus est un pécheur, puisqu’il a violé la loi du sabbat en posant un acte de guérison en ce jour.
Face à cela, Jésus lui-même dit : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » (Jn9, 39-41). Toutefois, S’agit-il d’un aveuglement physique ? Non ! Jésus va au-delà : il s’agit des yeux du cœur, donc un aveuglement du cœur. Ceux qui ouvrent leur cœur à la lumière, verront à travers cette lumière. Et, à l’inverse, ceux qui ferment leur cœur à la lumière sous prétexte d’être déjà éclairés, tournent dos à la véritable lumière et retournent donc dans les ténèbres.
Parallèlement, dans la première lecture, c’est David qui a été choisi par le Seigneur pour recevoir l’onction comme roi d’Israël de la main de Samuel. En effet, le Seigneur dit à Samuel : « ne considère pas son apparence ni sa haute taille…, les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1S 16, 7). Alors que Samuel se rend dans la maison de Jessé, le père de David, c’est le plus jeune parmi ses enfants (David) qui plaira au Seigneur. Le texte précise : « Il était roux, il avait de beaux yeux, il était beau ». Mais encore une fois, s’agit-il des yeux physiques ? Non ! Il s’agit des yeux de son cœur, de la beauté du cœur. De fait, cette beauté lui vient de la lumière, car le Seigneur l’a écarté des ténèbres.
Chers frères et sœurs,
Notre marche des quarante jours dans le désert constitue cette séparation des ténèbres pour qu’arriver à maturité, nous pussions voir la vraie lumière, le Christ ressuscité. Dès lors, dans la joie, nous pourrons affirmer : « Seigneur, par ta lumière nous voyons la lumière ». Mais avant tout, notre joie aujourd’hui peut s’exprimer avec saint Paul en ces paroles : « les yeux fixés sur Jésus Christ, je cours tout droit au but » (1Co 9,26). Toutefois, il ne faut surtout pas oublier que cette course doit être effectuée sur une piste déjà tracée par le Christ lui-même : piste de la bonté, de la justice, de la vérité, de l’humilité et de la charité.
Chers frères et sœurs, unis dans la célébration eucharistique de ce jour de joie, puissions-nous monter tous ensemble aux joies éternelles de la pâque. Amen !