DIOCESE DE KPALIME
Mgr ALOWONOU BENOÎT SOUHAITE À TOUS UN BON ET SAINT TEMPS DE L'AVENT. SUR LA ROUTE VERS NOËL, MGR ALOWONOU VOUS ACCOMPAGNE VIA NOTRE SITE DANS LA MEDITATION DE CHAQUE JOUR DE L'AVENT. THEME DE L'ANNEE PASTORALE : "EGLISE DE KPALIME, BRILLE DE LA LUMIERE DU CHRIST ET SOIS TEMOIN DE SA MISERICORDE ". Visitez notre page facebook "diocese de Kpalimé". Mgr ALOWONOU Souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.
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♫ CHANT THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2016-2017
Eglise de Kpalimé, brille de la lumière du Christ et sois témoin de sa miséricorde.
Wó Ha Kpalimé to, klé tso Kristo mè éyé nyé éfé nublanukpokpo fe dasedila.
2 Paroles(éwé&Français) et musique:
Père Dotse Marius

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Actualités : Triduum Pascal :\' AIMER COMME PRETRES , LA CHARITE SACERDOTALE\"

 

VII. LES TROIS MOYENS LES PLUS EFFICACES
POUR ATTEINDRE LA PARFAITE CHARITE SACERDOTALE:

 


Le thème de notre septième entretien regarde les trois caractéristiques fondamentales de notre style de vie comme prêtres, c’est-à-dire l’obéissance, le célibat et la chasteté, et la pauvreté.

1. TROIS EXIGENCES INTERIEURES QUI NAISSENT DE NOTRE CHARITE SACERDOTALE :

Les documents du Magistère de l’Eglise sont unanimes à enseigner que le prêtre doit vivre dans l’obéissance, le célibat et la chasteté, et la pauvreté ; par exemple le décret « Presbyterorum ordinis » du Concile Vatican II, l’Exhortation Apostolique post-synodale « Pastore dabo vobis » du bienheureux Jean-Paul II. Le Pape Benoît XVI dans sa récente lettre pour l’indiction de l’Année sacerdotale 2010-2011, a reproposé à tous les prêtres la figure du saint Curé d’Ars comme modèle de ces trois vertus évangéliques. Cette unanimité et cette constance du Magistère de l’Eglise peuvent nous faire croire que l’obéissance, le célibat et la chasteté, et la pauvreté soient des impositions de la part de l’Eglise pour maintenir le contrôle sur ses prêtres ou des mortifications ascétiques pour obliger les prêtres à se sanctifier. C’est pourquoi il est important de bien comprendre le vrai motif pour lequel nous devons vivre ces trois vertus.
Comme nous l’avons vu dans nos entretiens antérieurs, être prêtre c’est aimer avec la plus grande charité. Rappelons-nous la belle définition du Curé d’Ars : « Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus » . Il n’existe pas d’amour plus grand que celui qui consume le Cœur de Jésus. C’est pour cela qu’en tant que prêtres, nous devons tendre vers l’amour le plus grand, vers la perfection de la charité et ne pas nous contenter d’une charité minimale, presque anémique, qui à peine survit dans nos cœurs sacerdotaux.
Eh bien, selon s. Thomas d’Aquin, l’obéissance, la chasteté et la pauvreté sont les trois vertus évangéliques qui nous conduisent « le plus facilement », « le plus sûrement » et « le plus rapidement » à la parfaite charité dans laquelle consiste la sainteté. Puisque le Christ est la Charité Incarnée, Lui le premier, Il a vécu ces trois vertus durant son existence terrestre et les a indiquées à ceux qu’Il appelait à sa suite pour vivre l’amour le plus grand. C’est pour ce motif, que le bienheureux Jean XXIII a défini la pratique de ces trois vertus « comme la voie royale de la sanctification chrétienne » dans son Encyclique « Sacerdotii nostri primordia », publiée en 1959 à l’occasion du premier centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney ; et cette expression de « voie royale de la sanctification chrétienne » a été reprise par le Pape Benoît XVI dans sa récente lettre pour l’indiction de l’Année sacerdotale et dans laquelle il a reproposé de nouveau la figure du Curé d’Ars pour que les prêtres l’imitent. Donc l’obéissance, la chasteté et la pauvreté font partie de la logique de la charité théologale, personnelle, fraternelle et pastorale alors que nous nous efforçons de progresser dans l’amour divin.
Ajoutons que ces trois vertus évangéliques sont l’expression concrète des trois vertus théologales : la foi se manifeste dans l’obéissance, la charité dans la chasteté et l’espérance dans la pauvreté ; quand nous nous efforçons de vivre ardemment les trois vertus théologales, celles-ci nous conduisent à la pratique de ces trois conseils évangéliques. Enfin l’obéissance, la chasteté et la pauvreté sont les moyens les plus efficaces pour combattre en nous la triple concupiscence dont parle l’Apôtre s. Jean dans sa première lettre : jouir, posséder et dominer (cfr. 1 Jn 2, 16) ; cette triple concupiscence constitue l’obstacle le plus grand à la charité et à la sanctification.
Comme vous pouvez le voir, l’obéissance, la chasteté et la pauvreté ne sont pas une imposition qui nous est faite de l’extérieur par l’Eglise pour nous mortifier, mais il s’agit d’une triple exigence spirituelle qui naît de nous-mêmes alors que, comme prêtres, nous tendons vers la perfection de la charité sacerdotale. Maintenant nous allons voir brièvement l’obéissance et la pauvreté et nous allons nous attarder d’avantage sur le célibat et la chasteté sacerdotale.

2. OBEIR POUR ETRE UN INSTRUMEN VIVANT DU CHRIST MEDIATEUR :
a) Nous ne sommes pas prêtres pour nous affirmer personnellement, pour mettre en évidence notre personne, non. Nous sommes prêtres pour être le prolongement vivant du Christ Médiateur, pour être ses instruments vivants en vue du salut des hommes. C’est pourquoi l’obéissance au Christ est essentielle et absolument nécessaire dans notre sacerdoce : un prêtre indépendant de Dieu et désobéissant à Lui, un prêtre autonome qui agit uniquement selon sa propre tête, c’est inconcevable, il n’est plus un prêtre du Christ! C’est pour cela que Jésus Christ, étant le Grand Prêtre, a obéi constamment à Dieu son Père durant sa vie terrestre.
b) Mais comment Jésus Christ a-t-il manifesté son obéissance à son Père céleste ? En obéissant aux hommes qui représentaient son Père céleste auprès de Lui. Pareillement, nous prêtres, nous manifestons notre obéissance à Jésus Christ en obéissant aux Autorités qui, dans l’Eglise, le représentent face à nous : le Pape et notre Evêque.
c) Notre obéissance est théologale, une obéissance de foi et d\'amour à la Volonté de Dieu , qui se manifestée dans le Magistère de l’Eglise et les décisions de notre Evêque. Elle n’est pas motivée par des visées humaines, comme par exemple bien apparaître aux yeux de l’Evêque pour obtenir un avancement dans la « carrière ecclésiastique ».
d) Pour ce qui regarde l’obéissance au Pape, ayons clairs les points fermes suivants : 1) Dieu donne à chaque époque le Pape dont l’Eglise a besoin . 2) Les enseignements et les indications pastorales du Magistère de l’Eglise sont une minière inépuisable de ressources et d’ajournements ; nous pouvons y accéder par internet , c’est à nous d’en profiter ; lisons et méditons les encycliques du Pape, par exemple la « Africae Munus » ; le Magistère n’est pas rétrograde, ni arriéré, mais à l’avant-garde, comme nous le confirment ces deux faits : sur le journal italien économique et financier le plus qualifié et lu , le « Sole 24 ore » est apparu un article qui proposait Benoît XVI comme candidat pour le Prix Nobel en économie parce qu’il avait écrit la magistrale Encyclique « Caritas in veritate ; les revues scientifiques et les journaux sérieux du monde entier ont dit que notre Pape Benoît XVI avait raison quand il a affirmé que l’usage du préservatif n’est pas une solution valide pour la prévention du SIDA. Voilà des motifs en plus pour être fiers de nos Papes et de leurs enseignements. 3) Les fidèles ont le droit de recevoir de nous la vraie doctrine de l’Eglise Catholique et non les opinions de tel ou tel théologien qui nous est sympathique. 4) La fidélité au Pape est garantie de liberté face au pouvoir politique et économique comme nous le confirme l’histoire de l’Eglise ( cfr. exemples des protestants et des orthodoxes).
e) Face à notre Evêque, notre obéissance lui permet de bien guider le diocèse. N’oublions pas que les changements et les améliorations dans la pastorale deviennent efficaces seulement dans le cadre de l’obéissance. Dieu fait des miracles pour nous aider à obéir ; un des plus beaux exemples qui confirment cette vérité, c’est saint Jean Marie Vianney qui a obéi à son Evêque quand il l’a envoyé à Ars.
f) Dernier et plus important point au sujet de l’obéissance : Jésus Christ nous est obéissant au moment de la Consécration et quand nous absolvons les pénitents dans le sacrement de la Réconciliation ! Et pourtant Il pourrait nous faire tellement de remontrances sur notre façon de célébrer la S. Messe ou de confesser les pénitents, mais Il garde silence. Imitons cet exemple de Jésus Christ et soyons obéissants à nos Supérieurs !

3. LE DETACHEMENT DES BIENS MATERIELS :

Comme prêtres diocésains, vous devez pourvoir à votre maintien personnel. Toutefois le sacerdoce est une mission, non une profession, ni un moyen pour gagner sa vie; c’est pour cela que nous devons vivre dans la sobriété, dans le détachement des biens matériels et conserver un juste équilibre dans leur usage. Les laïcs sont très sensibles à la façon dont nous vivons matériellement et nous critiquent facilement. Un minimum de moyens matériels et de ressources économiques est nécessaire aussi pour œuvrer pastoralement, mais il ne faut pas s’illusionner que la fécondité et le succès pastoral dépendent surtout des moyens matériels. Regardez l’Eglise européenne : même si elle dispose de beaucoup de moyens matériels - qui cependant diminuent rapidement - elle est en train de mourir. Pourquoi ? A cause du manque de formation à l’intérieur de l’Eglise. De nos jours, la formation est une urgence et une priorité pastorale dans l’Eglise universelle et en Afrique. La fécondité pastorale dépend de la qualité de la formation humaine, morale et spirituelle que Eglise donne à ses membres ; en Afrique vous avez le grand avantage – et je le répète encore - de conserver cinq valeurs naturelles: le bons sens, le sens du sacré, le sens de la vie, la solidarité, la normalité de l’orientation sexuelle ; ces cinq valeurs sont la base naturelle sur laquelle s’édifie la formation chrétienne. Concevoir et mettre en acte cette formation spécifiquement africaine, cela ne dépend des grands moyens matériels dont on dispose, mais seulement de vous, de votre bonne volonté et de votre esprit de sacrifice, si vous voulez vous efforcez de la créer. Regardez le Curé d’Ars : il n’avait pas de moyens matériels, mais dans son expérience pastorale il a élaboré une solide formation morale et religieuse grâce à laquelle il a converti ses paroissiens et ses pénitents ; avec l’aide de la grâce de Dieu , quels résultats pastoraux a-t-il obtenu! Si vous allez œuvrer pastoralement ou étudier en Europe, vous devrez être animés de la même préoccupation de former les laïcs.

4. LE CELIBAT SACERDOTALE

4.1. Origine du célibat ecclésiastique
Généralement nous considérons notre célibat comme une norme d’origine ecclésiastique ; on cite le concile d’Elvire en Espagne des années 300, le premier en date des synodes faisant état d’une obligation de « continence parfaite » pour les membres du clergé supérieur (sous-diacres, diacres, prêtres et évêques) ; on cite aussi le fait de l’existence de nombreux papes, évêques, prêtres et diacres mariés au cours des premiers siècles de l’Eglise ; enfin il y a l’exemple des Eglises orientales qui comptent les prêtres mariés. Donc le célibat ne ferait pas partie de l’essence du sacerdoce et l’actuelle discipline ecclésiastique de l’Eglise latine en matière de célibat sacerdotal ne serait qu’une norme canonique, humaine, qui peut être changée.
Or durant ces dernières décennies plusieurs études historiques sur les premiers siècles de la vie de l’Eglise – par exemple, P. Christian Cochini, sj, « Les Origines apostoliques du célibat ecclésiastique », publié la première fois en 1981 chez Lethielleux, puis republié en 2006 aux éditions Ad Solem, www.ad-solem.com) – ont fait émerger la vérité historique suivante : le célibat n’est pas une invention tardive de l’Eglise, mais remonte à une tradition apostolique ; et comme les Apôtres ont transmis fidèlement tout ce que Jésus Christ a dit et a fait, il s’en suit que le célibat ecclésiastique vient de Jésus Christ Lui-même. Le Pape Paul VI dans son encyclique « Sacerdotalis coelibatus » rappelle que le célibat ecclésiastique trouve son origine dans le Christ Lui-même: «Jésus, qui choisit les premiers ministres du salut, qui les voulut initiés à l’intelligence des mystères du royaume des cieux, coopérateurs de Dieu à un titre très spécial et ses ambassadeurs, et qui les appela amis et frères, pour lesquels il s’est sacrifié lui-même afin qu’ils fussent consacrés en vérité, a promis une récompense surabondante à quiconque aura abandonné maison, famille, épouse et enfants pour le royaume de Dieu (cfr Lc 18, 29) » (n. 22). S’il n’y eut pas de loi sur le célibat proprement dit aux origines, étant donné que nombre d’évêques, de prêtres et de diacres étaient mariés, comme l’avaient été saint Pierre et peut-être d’autres apôtres, il y avait par contre une tradition ferme, remontant à l’âge apostolique, pour demander aux clercs liés par le sacrement du mariage l’observance de la chasteté parfaite à partir du jour de leur ordination ; c’est ainsi que les Apôtres ont compris l’affirmation de Jésus Christ : « il y a des eunuques qui se sont rendus tels en vue du Royaume des cieux » (Mt 19, 12) ; devenir eunuque volontairement, c’est ne pas engendrer et donc s’abstenir volontairement des relations sexuelles. Quand on parle des enfants des premiers papes, des évêques, etc. ce sont des enfants conçus avant leur ordination.
Cette tradition a été celle de l’Eglise des origines, tant en Orient qu’en Occident, et ce jusqu’à la fin du VII siècle. Le Concile " in Trullo " (c’est-à-dire tenu « sous la Coupole » du palais impérial de Justinien) de 692, encore appelé Quinisexte, a changé dans les Eglises orientales la discipline en matière de célibat des clercs , en autorisant les relations sexuelles avec leurs épouses, mais non avant le célébration des Divins Mystères. Donc contrairement à une opinion encore trop répandue, il faut inverser les positions, et reconnaître que la tradition de l’Eglise latine a une antiquité plus haute et plus fidèle qui remonte à la tradition apostolique, tandis que celle de l’Eglise orientale remonte au VII siècle et s’éloigne de la tradition apostolique; nous prêtres célibataires de rite latin, nous sommes les vrais orthodoxes !

4.2. Double harmonie entre le sacerdoce et la sexualité par le biais de la chasteté:
Jésus Christ, en tant que Verbe créateur de Dieu, est l’Auteur de tout ce qui existe (cfr Jn 1, 2-3), et donc de notre sexualité ; Il est aussi à l’origine du sacerdoce. En unissant ensemble le sacerdoce et la sexualité, Il n’a pas uni deux réalités incompatibles et qui seraient en contraste, mais il a conjugué deux réalités qui ont une profonde harmonie par le biais de la chasteté parfaite.
La première harmonie concerne la première signification de la sexualité. Cette signification émerge de l’épisode évangélique où Jésus à l’âge de 12 ans est resté au Temple de Jérusalem à l’insu de ses parents . A cet âge le jeune Juif - alors qu’il entrait dans l’adolescence - devenait adulte. A la puberté l’éveil du fonctionnement hormonal de la sexualité fournit la base biologique et psychologique sur laquelle s’édifie progressivement la maturation du jeune pour qu’il devienne un adulte complet; de fait, quand le système hormonal sexuel n’entre pas en fonction, le jeune souffre d’infantilisme aux niveaux physique et psychologique. Etre mature, c’est avoir le contrôle de soi-même et assumer les responsabilités qui sont inhérentes à notre état de vie dans la société. Or notre état de vie, c’est la mission que Dieu nous a confiée ; en accomplissant cette mission, nous faisons la Volonté de Dieu. Voilà une des raisons pour laquelle Jésus adolescent déclara : « Je me dois aux affaires de mon Père » (Lc 2, 49). Donc, du point de vue chronologique – c’est-à-dire selon la succession des étapes de notre maturation - le premier sens de la sexualité – et cela avant même l’attirance vers le sexe opposé et la capacité d’engendrer - c’est d’être un bien pour toute notre personne parce qu’elle nous donne une structure à tous les niveaux de notre être pour que, avec nos efforts personnels, nous devenions un adulte mûr et responsable, qui accomplit la Volonté de Dieu !
Or quelle est la première qualité humaine que doit avoir le candidat qui aspire à devenir prêtre ? C’est la maturité humaine aux niveaux physique, affectif, psychologique et moral. C’est pourquoi Jésus Christ a disposé que le sacerdoce soit conféré seulement aux hommes matures. Si quelqu’un n’est pas un homme mûr et équilibré à tous les niveaux, maître de soi et responsable, il ne pourra pas remplir toutes les responsabilités inhérentes à son état de vie sacerdotal. Le Pape Paul VI dans son Encyclique « Sacerdotalis coelibatus » a affirmé : "Le choix du célibat ne comporte pas l\'ignorance et le mépris de l\'instinct sexuel et de l\'affectivité, ce qui nuirait à l\'équilibre physique et psychologique. Le célibat exige, au contraire, une compréhension claire, une maîtrise de soi attentive et une sage sublimation des forces psychologiques à un plan supérieur. De cette façon, il élève l\'homme tout entier et contribue effectivement à sa perfection ... Une vie compromise intérieurement et extérieurement aussi totalement et délicatement comme l\'est celle du prêtre célibataire exclut, de fait, les sujets d\'un équilibre psycho-physique et moral insuffisant et il ne faut pas prétendre que la grâce supplée en cela la nature" (n° 55 et 64).
La maturation affective et psychologique n’advient pas automatiquement, mais est le fruit des efforts personnels. La sexualité devient la base sur laquelle se développe notre maturation affective et psychologique à condition que nous la vivions dans la chasteté selon notre état de vie dans l’Eglise. La chasteté canalise non seulement notre sexualité, mais aussi toutes nos énergies et toutes nos potentialités vers l’épanouissement de toute notre personne. Plus l’homme viril est chaste, plus il sera épanoui et se dédiera comme Jésus Christ aux affaires de son Père céleste. Voilà pourquoi la chasteté parfaite est le lien qui unit la maturité affective et sexuelle et le sacerdoce.
La deuxième harmonie entre la sexualité et le sacerdoce - unis entre eux par la chasteté parfaite – concerne notre vocation à aimer qui, pour nous prêtres, nous est spécifique. La sexualité englobe toute notre personne ; elle pénètre dans chacune des cellules de notre corps pour y imprimer le sceau de la masculinité; elle pénètre aussi dans notre psychologie et dans notre cerveau pour les rendre masculins. Quand nous aimons, la sexualité entraîne toutes les dimensions de notre personne dans cet élan d’amour. Elle est donc le grand filet qui recueille et unifie toutes nos dimensions et les polarise vers la personne qui est objet de notre amour. Quand la sexualité est vécue dans la chasteté parfaite, notre amour pour Dieu devient totalitaire, parce que toute notre personne est entraînée dans cet amour vers Lui; nous pouvons alors L’aimer avec tout notre cœur, avec toute notre âme, avec toute notre force, et avec tout notre esprit, comme nous le demande le Christ dans l’Evangile (cfr Lc 10, 27). La chasteté parfaite, en encadrant notre sexualité, nous permet de réaliser d’une façon pleine et accomplie notre vocation à aimer comme prêtres : aimer totalement Dieu et nos frères sans être divisés intérieurement.
C’est ainsi que la vertu de chasteté nous découvre toute sa beauté. La sexualité a plusieurs dimensions et elle ne s’identifie pas avec la seule sensualité. A la lumière de cette constatation, la chasteté apparaît comme est la vertu qui libère la sexualité du joug de la sensualité pour que la sexualité retrouve sa vocation première : être la base sur laquelle nous nous nous appuyons dans nos efforts pour devenir de vrais hommes adultes et pour nous unifier dans notre élan d’amour totalitaire vers Dieu. Voilà le deuxième motif pour lequel la sexualité se conjugue avec le sacerdoce.
Qui que nous soyons dans l’Eglise, nous vivons ce premier sens de la sexualité en observant la chasteté selon notre état de vie. Comme prêtres, nous vivons notre sexualité dans le cadre de son premier sens, de sa vocation première ; ainsi la sexualité nous oriente, nous projette vers Dieu alors que nous parcourons le chemin de la maturation humaine et de la sanctification chrétienne, qui adviennent en vertu de la charité sacerdotale, illuminée par la foi et propulsée par l’espérance.

4.3. Moyens pour vivre la chasteté :
Les principaux moyens pour vivre la chasteté parfaite vous ont été indiqués durant votre longue formation au séminaire et il est toujours utile de les rappeler même brièvement. Au plan humain, il faut avoir un solide équilibre psycho-physique et moral en ce qui regarde la sexualité (cfr. Paul VI, Encyclique « Sacerdotalis caelibatus », n° 55 et 64), mener une vie de sacrifice et d\'ascèse virile et courageuse ainsi que une constante maîtrise de tous nos instincts ; mais que le prêtre ne présume de ses forces et qu\'avec prudence il évite tout ce qui peut blesser en lui la vertu de la chasteté ; cela signifie ne pas être sûr de soi face aux possibles occasions de pécher, ni être ingénu avec les femmes. Au plan spirituel, il faut mener une intense vie spirituelle alimentée à la Sainte Eucharistie, une filiale dévotion envers Marie, la Vierge Immaculée, notre Mère , se confesser régulièrement pour conserver une conscience vraie et droite qui nous guide à faire toujours ce qui est conforme à notre sacerdoce et à rejeter tout ce qui lui est contraire. On peut ajouter la dévotion envers saint Joseph et le prendre comme modèle ; il a su conjuguer harmonieusement virilité, virginité, paternité spirituelle, affection et accomplissement parfait de la mission reçue de Dieu ; Jean-Paul II a écrit une belle Exhortation Apostolique sur la figure de saint Joseph intitulée « Redemptoris custos ».
Un moyen dont vous sentirez rapidement l’efficacité quant à l’observance de la chasteté parfaite c’est d’aimer comme prêtre. Quand on est guidé par ses intérêts personnels de quelque nature qu’ils soient et par la recherche du plaisir dans quelque domaine que ce soit, cela se répercute sur la sexualité et on a des problèmes avec la chasteté. Au contraire, quand nous mettons au centre de notre vie sacerdotale et de nos contacts avec les autres le bien à leur faire, le vrai bien, le bien que Dieu veut que nous fassions à chacun, alors il est facile de vivre la chasteté. La chasteté se vit quand nous aimons d’une façon désintéressée et gratuite, quand nous sommes détachés de nos intérêts personnels. Aimer ainsi, c’est aimer en prêtre, en homme de Dieu et non en homme qui se fait le centre de tout et cherche ses satisfactions égoïstes.

CONCLUSION :

J’espère que maintenant vous pouvez mieux comprendre pourquoi l’obéissance, la pauvreté et la chasteté nous conduisent « plus facilement », « plus sûrement » et « plus rapidement » à la parfaite charité dans laquelle consiste notre sainteté sacerdotale.

VIII. LES QUATRE POINTS DE REPERE DE NOTRE CHARITE SACERDOTALE

Le thème de notre huitième et dernier entretien de cette retraite se réfère à ce qu’on pourrait appeler les quatre colonnes auxquelles nous devons nous accrocher pour persévérer et progresser dans notre charité sacerdotale non seulement durant les premiers temps, pleins d’ardeur et de ferveur de notre vie sacerdotale, mais tout au long de notre vie. Le plus important, c’est de persévérer jusqu’à la fin. Il est vital pour nous d’avoir ces quatre points de repère: le culte au Sacrement de l’Eucharistie - la dévotion filiale à la Sainte Vierge Marie – l’amour de l’Eglise - la formation permanente.

1. JESUS EUCHARISTIE, CENTRE DE NOTRE VIE SACERDOTALE:
a) Jésus Christ, qui me fait participer à son sacerdoce, je le rencontre personnellement et à chaque jour dans le Sacrement de l’Eucharistie. Le centre de ma vie est donc Jésus Eucharistie. Ma charité sacerdotale n’est pas le résultat de mes efforts humains, mais elle est un don, une grâce que le Seigneur me communique principalement par le Sacrement de l’Eucharistie. Et quand je veux Lui manifester de façon personnelle et intime mon amour de charité, c’est dans le Sacrement de l’Eucharistie que je Le rencontre réellement. Voilà pourquoi ce sacrement est la source et le sommet de ma charité sacerdotale ; de fait, le Pape Benoît XVI a intitulée « Sacramentum caritatis », belle expression tirée de s. Thomas d’Aquin, son Exhortation Apostolique post-synodale dédiée au Mystère de l’Eucharistie et à la célébration de la S. Messe. Dans l’Eucharistie, Jésus Christ est présent comme Charité Incarnée et Immolée .
b) S. Jean Eudes disait qu’il faudrait une éternité pour se préparer avant la S. Messe, une éternité pour la célébrer et une éternité pour faire l’action de grâces. Quand nous allons pour célébrer la S. Messe, pensons déjà au grandiose Mystère que nous allons accomplir. Préparons-nous avec le recueillement et la prière personnelle. L’intensité spirituelle de notre célébration eucharistique dépend en grande partie de la qualité de notre préparation avant la S. Messe. Efforçons-nous de célébrer la Sainte Messe toujours avec piété, ferveur et révérence, ayant conscience de la transcendance du Sacrifice que nous réalisons, car "quand le prêtre célèbre, il honore Dieu, il réjouit les Anges, il édifie l\'Eglise, il procure des secours aux vivants, du repos aux morts et se rend lui-même participant de tous les biens" (L\'Imitation de Jésus-Christ, IV, 5, 5).
c) Au Togo comme dans le reste de l’Afrique, les célébrations eucharistiques, surtout le dimanche, sont très vivantes et enthousiastes. Cependant n’oublions jamais que chaque S. Messe a une efficacité surnaturelle qui dépasse l’assemblée qui est devant vous et qui se répercute sur toute l’Eglise pour l’édifier dans la charité (cfr Eph 4, 16). Même s’il y a peu de fidèles, chaque S. Messe a une dimension universelle ; comme sur la croix, le Christ continue à ouvrir tous grands ses bras pour accueillir tous les hommes et les faire entrer dans son Cœur transpercé ; à chaque S. Messe il nous entraîne dans sa charité, nous fait participer à son amour filial pour le Père céleste et à sa charité fraternelle envers tous les hommes. Et c’est cette charité infinie du Christ durant la S. Messe qui contrebalance face à Dieu les incalculables péchés des hommes et évite la destruction de l’humanité et de l’univers.
d) Jésus Christ devient le centre de notre vie quand nous cultivons la sainte habitude de Le visiter à chaque jour au Très Saint Sacrement conservé dans les tabernacles de nos églises. Nous devons éduquer nos fidèles à cette sainte pratique et par notre exemple les y encourager. Le bienheureux Jean-Paul II a imprimé un fort essor au culte eucharistique tout au long de son pontificat. Dans sa belle Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » il a écrit : « Le culte rendu à l\'Eucharistie en dehors de la Messe est d\'une valeur inestimable dans la vie de l\'Église … Il revient aux pasteurs d\'encourager, y compris par leur témoignage personnel, le culte eucharistique, particulièrement les expositions du Saint-Sacrement, de même que l\'adoration devant le Christ présent sous les espèces eucharistiques. Il est bon de s\'entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé (cf. Jn 13, 25), d\'être touchés par l\'amour infini de son cœur … comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d\'amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement? Bien des fois, chers Frères et Sœurs, j\'ai fait cette expérience et j\'en ai reçu force, consolation et soutien! De nombreux saints nous ont donné l\'exemple de cette pratique maintes fois louée et recommandée par le Magistère. Saint Alphonse Marie de Liguori se distingua en particulier dans ce domaine, lui qui écrivait: " Parmi toutes les dévotions, l\'adoration de Jésus dans le Saint-Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu et la plus utile pour nous ". L\'Eucharistie est un trésor inestimable: la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser à la source même de la grâce. Une communauté chrétienne qui veut être davantage capable de contempler le visage du Christ … ne peut pas ne pas développer également cet aspect du culte eucharistique, dans lequel se prolongent et se multiplient les fruits de la communion au corps et au sang du Seigneur » (n. 25).
e) Ecoutons encore le bienheureux Jean-Paul II nous faire cette confidence au sujet de la première S. Messe qu’il a célébrée et sur ses cinquante années de vie sacerdotale : « Depuis plus d\'un demi-siècle, chaque jour, à partir de ce 2 novembre 1946 où j\'ai célébré ma première Messe dans la crypte Saint-Léonard de la cathédrale du Wawel à Cracovie, mes yeux se sont concentrés sur l\'hostie et sur le calice, dans lesquels le temps et l\'espace se sont en quelque sorte " contractés " et dans lesquels le drame du Golgotha s\'est à nouveau rendu présent avec force, dévoilant sa mystérieuse " contemporanéité ". Chaque jour, ma foi m\'a permis de reconnaître dans le pain et le vin consacrés le divin Pèlerin qui, un certain jour, fit route avec les deux disciples d\'Emmaüs pour ouvrir leurs yeux à la lumière et leur cœur à l\'espérance (cf. Lc 24, 13-35) » (Ecclesia de Eucharistia, n. 59).
f) Je me souviens qu’un saint prêtre nous a dit : « Quand le prêtre célèbre la S. Messe, il doit être conscient que ce qu’il fait c\'est la chose la plus grande au monde, même plus: la chose plus grande que le monde entier ».

2. MARIE, MERE, EDUCATRICE ET COLLABORATRICE DE NOTRE SACERDOCE :

a) Les liens qui unissent notre sacerdoce à la Sainte Vierge Marie ne sont pas d’origine sentimentale, mais sont enracinés profondément dans les vérités de la foi, dans le mystère du Christ. Le Fils de Dieu est devenu le Souverain Prêtre quand il s’est fait homme. Et le premier instant où Il est devenu homme, c’est quand Il s’est incarné dans le sein virginal de Marie. Donc Jésus Christ est devenu Grand Prêtre grâce à la Vierge Marie. Plus tard, comme a écrit Jean-Paul II, « elle a été appelée à être l\'éducatrice du prêtre unique et éternel, qui s\'était rendu docile et s\'était soumis à son autorité maternelle » à Nazareth (« Pastores dabo vobis, n. 82). Au terme de sa vie terrestre, alors qu’Il était suspendu à la croix, Jésus Christ a confié sa Mère à l’Apôtre saint Jean qui depuis la veille, Jeudi Saint, participait à son sacerdoce ; ainsi la Vierge Marie est devenue la Mère des Prêtres et par la suite la Mère des Hommes. Voilà pourquoi Jean-Paul II a appelé la Vierge Marie « mère et éducatrice de notre sacerdoce » (« Pastores dabo vobis, n. 82).
b) La Vierge Marie est présente de multiples façons dans notre vie sacerdotale et dans notre ministère et apostolat. En la contemplant alors qu’Elle exerce sa médiation universelle fondée sur celle du Christ, nous apprécions encore plus notre sacerdoce et le comprenons mieux ; en effet, à l’exemple de la Vierge Marie, les grâces passent par les mains du prêtre. Par son intercession maternelle et par l’exemple de ses vertus, Elle nous incite, nous encourage et nous soutient pour que nous nous sanctifions. Elle nous aide à répéter chaque jour notre « oui » au Seigneur - à son exemple à l’annonciation (cfr Lc 1, 38) – pour que nous vivions notre sacerdoce dans l’obéissance à la Volonté divine. Elle nous protège et nous met en garde, en illuminant notre conscience, contre les dangers qui menacent la sainteté de notre sacerdoce. Dans les épreuves et les tentations, Elle reste toujours à nos côtés comme Elle est restée fidèlement proche de son Divin Fils sur le Calvaire (cfr. Jn 19, 25). Elle intervient dans notre ministère et apostolat sacerdotal pour les rendre féconds ; Elle touche et ouvre les cœurs des personnes avec lesquelles nous sommes en contact pour qu’elles accueillent le bien moral et spirituel que nous sommes en train de leur faire. Comme Elle a invoqué la venue de l’Esprit Saint sur les Apôtres dans le Cénacle de Jérusalem (cfr Act 2, 1 ss), de la même façon, Elle prie pour que, de jour en jour, nous devenions plus dociles à l’action sanctificatrice et évangélisatrice de l’Esprit Saint. Voilà quelques-uns des motifs pour lesquels nous, prêtres, devons avoir nécessairement une dévotion filiale, ardente et confiante envers la Sainte Vierge Marie.
c) Le rosaire est la prière la plus efficace pour rester unis à chaque jour à notre Mère du ciel. Les papes les plus récents, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I, Jean-Paul II et Benoît XVI, étaient très différentes les uns des autres et chacun d’eux avait une spiritualité caractéristique. En dépit de toutes leurs différences et malgré qu’ils étaient d’un haut niveau intellectuel, tous récitaient quotidiennement l’humble prière du chapelet ! C’est un exemple qui nous fait réfléchir.
Le principal dans la récitation du chapelet, c’est la méditation des mystères du Rosaire . Avec le regard de Marie, nous revoyons et approfondissons les mystères de la vie son Fils Jésus Christ. Ces 20 mystères évangéliques du Rosaire sont une source intarissable de réflexions et d’approfondissements des vérités de notre foi catholique, des vertus et des responsabilités qui sont propres à chaque état de vie dans l’Eglise, des critères moraux qui doivent nous guider, du cheminement et du progrès dans la vie spirituelle, du zèle apostolique auquel chaque état de vie est appelé dans l’Eglise. Le Rosaire est une prière qui nous aide à affronter de façon positive n’importe quelle situation, même la plus décourageante de toute notre vie.

3. L’AMOUR PASSIONÉ DE L’EGLISE

a) La charité sacerdotale - thème de notre retraite - nous la puisons dans l’Eglise catholique. En effet, le Seigneur se sert de l\'Église pour nous communiquer sa force d\'aimer. Je puise la charité du Christ dans les sacrements de l’Eglise, spécialement dans l’Eucharistie et la confession ; je trouve un soutien pour vivre la charité dans les enseignements de l\'Église, dans les exemples des saints, dans la communion fraternelle du presbyterium diocésain. Voilà : nous nous abreuvons au grand courant de la charité qui coule tel un grand fleuve dans l’Eglise catholique.
b) L’amour ardent pour le Christ porte à l’amour pour l’Église: il est impossible d’aimer le Christ sans aimer passionnément l’Église, car Elle est son Corps Mystique. En effet, lorsque, comme prêtres, nous aimons avec le cœur du Christ, lorsque nous nous immolons avec Lui, alors Il nous fait participer à son amour pour l’Église: «Le Christ a aimé l’Église: Il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier» (Eph 5, 25-26). Notre amour sacerdotal pour l’Église doit se traduire en un amour concret et agissant, qui s’exprime de diverses manières.
c) Aimer l’Église, c\'est aimer le Vicaire du Christ sur la terre, le Pape, prier pour lui et lui obéir. Aimer l’Eglise, c’est aussi obéir à notre Evêque. A l’intérieur de l’Eglise universelle, il y a aujourd’hui des appels adressés surtout aux prêtres pour qu’ils se révoltent contre la Hiérarchie et le Magistère de l’Eglise et leur désobéissent. Souvenons-nous de l’avertissement du Seigneur dans l’Evangile : « Tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine » (Mt 12, 25). Cette affirmation évangélique est confirmée par le bon sens populaire qui a forgé ce proverbe : l’union fait la force !
Ici encore nous avons le grand exemple de Karol Wojtyła. Dans la Pologne au temps du communisme, la procédure pour nommer un évêque était la suivante : le Vatican soumettait trois candidats au gouvernement qui en choisissait un ; les ministres du gouvernement communiste choisirent Karol Wojtyła parce qu’ils étaient sûrs que - étant jeune et ayant fait ses études supérieures de théologie à l’extérieur de la Pologne – il se serait opposé au Primat le Cardinal Stefan Wyszcsynski. Devenu évêque, Karol Wojtyła fut toujours très uni au Cardinal Primat. Durant le conclave de 1978, face à la difficulté d’élire un cardinal italien comme Pape, le Cardinal Stefan Wyszcsynski proposa la candidature d’un polonais, le Cardinal Karol Wojtyła.
d) Aimer l’Église, c’est nous sanctifier comme prêtres afin qu’elle soit plus sainte. Aujourd’hui plus que jamais, l’Église a besoin de prêtres, de religieux et de laïcs dont la vie resplendit de sainteté, car c’est cette sainteté qui assure la vitalité de l’Église et sa crédibilité face au monde. Comme prêtres, nous sommes les représentants de l’Eglise auprès des gens. Ils jugent de l’Eglise selon le comportement qu’ils voient en nous. C’est pourquoi chacun de nous doit progresser sur la voie de la charité sacerdotale, la parcourir résolument et ainsi se sanctifier, afin que l’Église en soit vivifiée. Pensons à quel impact la sainteté du Curé d’Ars et celle de Jean-Paul II ont eu dans l’Eglise et dans la société ; un principe de philosophie dit que le bien est diffusif en soi, à plus forte raison la sainteté !

4. LA FORMATION PERMANENTE DANS UN MONDE EN PROIE A UN « TSUNAMI » MORAL ET SPIRITUEL :

a) Nous avons besoin de la formation permanente dans plusieurs domaines de notre vie et de notre ministère sacerdotal, mais d’une façon particulière dans notre charité sacerdotale. Grâce à la formation permanente, nous pouvons, avec l’aide de notre guide spirituel, corriger nos éventuelles façons erronées d’aimer et de vouloir être aimé dont nous ne nous apercevons pas, et progresser sur le chemin de la charité sacerdotale. La formation permanente à la charité sacerdotale du Christ s’insère et suit les grandes lignes directrices que nous avons vues durant cette retraite : l’amour de Dieu, l’effort constant de sanctification personnelle, la charité fraternelle avec nos confrères les prêtres du presbyterium et la charité pastorale. Dans chacun de ces quatre domaines, nous avons tant à faire pour nous améliorer et pour arriver à la pleine maturité humaine et sacerdotale dans notre façon d’aimer. De plus, dans la vie, il arrive presque toujours l’exact contraire de ce que nous espérions ; la formation permanente nous aide à cultiver la patience, qui est la vertu des forts, des grands hommes. La formation nous soutient dans l’acquisition et la pratique des deux vertus de la patience et de la persévérance, qui sont les vertus des forts.
b) L’objectif final de notre formation permanente à la charité sacerdotale du Christ, le point culminant auquel nous sommes appelés à arriver, c’est de vivre le sacerdoce comme une immolation de nous-même pour que Dieu soit connu, aimé et glorifié par le plus grand nombre de personnes et pour que les fidèles, dont nous avons la responsabilité face à Dieu, se sauvent et se sanctifient. Pour chaque membre de l’Eglise, le sommet de la perfection, c\'est l\'immolation continuelle vécue de façon persévérante; à plus forte raison cela est vrai pour nous, prêtres ; en effet, Le sacerdoce est une continuelle immolation dans la charité; cette vérité nous est confirmé par les exemples de vie du saint Curé d’Ars et du bienheureux Jean-Paul II. L’immolation, voilà le sommet de la charité sacerdotale.
c) Dans le cadre de notre formation permanente, nous devons cultiver un esprit courageux de combat et de lutte parce que l’Eglise et surtout nous, prêtres, nous sommes attaqués de toutes parts. Ici vous avez l’exemple de courage de la Conférence Episcopale du Togo ; les évêques togolais ont été parmi les rares conférences épiscopales du monde à écrire une lettre pastorale collégiale sur la franc-maçonnerie. Pour être prêtre aujourd\'hui, il faut être un lutteur, il faut avoir un grand esprit de sacrifice.
d) Toutefois cet esprit combatif doit être guidé et illuminé par une stratégie intelligente. Nous vivons dans un monde en rapide transformations ; l’Eglise au Togo que vous connaissez depuis votre enfance peut changer et diminuer rapidement sans même que vous vous en rendiez compte. Pourquoi ? Parce que la société africaine est investie actuellement - comme l’ont été l’Amérique et l’Europe - par un tsunami moral et spirituel. Ce tsunami consiste dans le renversement des valeurs naturelles et chrétiennes : aujourd’hui le bien devient le mal, le mal devient le bien, le normal devient anormal, l’anormal devient le normal. Face à ce tsunami qui veut détruire l’Eglise, la stratégie intelligente et l’esprit combatif consistent à observer attentivement les changements sociaux, à en parler avec les confrères pour chercher des solutions adéquates, se documenter sur les indications du Magistère de l’Eglise, savoir comment expliquer aux gens la nocivité de ces aberrations et la justesse des enseignements de l’Eglise, organiser une pastorale en conséquence. Tout cela exige de nous, prêtres, un grand effort dans notre charité théologale, personnelle, fraternelle et pastorale. Voilà pourquoi nous avons besoin de la formation permanente pour répondre à l’appel du Pape Benoît XVI qui nous encourage à aller au-delà de la pastorale de l’entretien.
e) Dernier point : avant de partir pour le Togo, mes confrères et moi nous avons dû - nous qui n’avons pas vos défenses immunitaires - recevoir plusieurs vaccins pour nous prémunir contre différentes virus qui ici causent des maladies. Les virus antihumains, antichrétiens et antisacerdotaux qui sévissent en l’Europe sont beaucoup plus nocifs que les virus en Afrique parce qu’ils attaquent l’âme ; le vaccin pour renforcir les défenses immunitaires de votre foi et de votre charité sacerdotale, c’est une formation adéquate que vous devez recevoir avant d’aller en Europe pour la Mission ad extra.

CONCLUSION :

La petite barque de notre vie sacerdotale risque de naufrager au milieu des grandes tempêtes morales et spirituelles qui sont en train de bouleverser le monde et l’Eglise. Si nous voulons non seulement persévérer, mais surtout progresser dans notre sacerdoce, nous avons besoin d’ancrer notre petite barque à ces quatre solides piliers: le culte au Sacrement de l’Eucharistie - la dévotion filiale à la Sainte Vierge Marie – l’amour de l’Eglise - la formation permanente.

IX. SYNTHESE CONCLUSIVE DE NOTRE RETRAITE


Arrivés à notre dernier entretien, nous allons faire brièvement une synthèse conclusive de notre retraite.
1. La charité sacerdotale s’appuie sur notre force humaine d’aimer et l’entraîne avec elle, mais la charité surnaturelle dépasse les limites de notre bonté naturelle. La charité surnaturelle nous élève à participer directement à l’amour avec lequel Dieu aime ; en pratique, la charité signifie que d’abord nous aimons les personnes sympathiques et les bonnes choses de la vie non d’une façon égoïste, c’est-à-dire pour le profit personnel que nous en retirons, mais en les considérant en relation avec Dieu qui nous les donne. Ensuite, la charité surnaturelle nous rend capables d’aimer ce qui pour nous n’est pas aimable : les personnes antipathiques, nos ennemis, nos persécuteurs, la souffrance et les réalités de la vie que, humainement, nous n’aimons pas; nous les aimons par amour de Dieu Qui tire toujours le bien moral et spirituel du mal qui nous afflige . Quand nous aimons surnaturellement comme prêtres, nous aimons aussi comme hommes et ainsi nous nous réalisons à tous les niveaux. Mais le contraire n’est pas vrai : aimer comme hommes ne signifie pas que nous aimons comme prêtres parce que l’amour humain cherche toujours son intérêt personnel, tandis que comme prêtres nous devons aimer de façon gratuite et désintéressée.
2. La principale grâce que l’ordination sacerdotale produit en nous au plan pratique, c’est d’infuser en nous une grande charité, une grande force d’aimer qui nous pousse à faire du bien moralement et spirituellement aux gens. Oui, quand nous sommes prêtres, Dieu nous donne des grâces spéciales pour aimer les gens. En effet, le sacrement de l’Ordre nous configure ontologiquement au Christ Médiateur ; nous devons croire fermement que le prêtre est un \'alter Christus\' . Or le Souverain Prêtre exerce sa médiation principalement dans le domaine de la charité : Il nous offre l’amour paternel, miséricordieux et sanctificateur de son Père céleste et Lui présente notre amour filial et repentant, animé par notre bonne volonté. Comme prêtres, Jésus Christ nous insère dans sa fonction de Médiateur dans la charité.
3. Toutefois, l’ordination sacerdotale ne nous change pas miraculeusement et malgré nous. Ce que nous étions avant, nous le restons après ; nous conservons nos défauts caractériels, surtout notre défaut radical. Certainement que le Seigneur nous donne de façon abondante, à nous prêtres, les grâces dont nous avons besoin pour lutter contre nos mauvais penchants.
4. Voilà pourquoi l’ordination sacerdotale, si elle est le point d’arrivée d’un long parcours formatif de neuf ans, elle est aussi, du point de vue pratique, le point de départ d’un nouveau parcours qui dure toute notre vie et qui est la formation permanente. Le principale tâche dans la formation permanente, c’est de travailler sur soi-même pour, d’une part, dominer et corriger nos défauts caractériels qui font un grand dommage dans nos relations avec nos confrères et les fidèles ; et d’autre part, développer des capacités que nous ignorions d’avoir et qui servent pour l’exercice de notre sacerdoce.
5. Face à Dieu, la charité est la principale et plus importante vertu qui nous uni à Lui. « Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16). Pour ce qui a trait à la vie de prière, soyons convaincus de ce fait d’expérience : la méditation est vitale pour le prêtre tout comme le carburant pour une automobile. Le prêtre est exposé à mille dangers ; pour les surmonter et les vaincre, il a besoin de la méditation.
6. Face à nous-mêmes, la charité simplifie nos efforts pour devenir de saints prêtres. En vivant la charité nous évitons la dispersion dans nos efforts pour arriver à la sainteté. Quand nous voulons nous acheminer sérieusement sur la voie de la sainteté, nous nous sentons assez souvent découragés devant les nombreux préceptes. En effet, la sainteté regroupe plusieurs vertus et il faut toutes les pratiquer, puisque chacune d’elles est très importante. La sainteté nous apparaît alors comme irréalisable parce que pour posséder parfaitement toutes ces vertus, les efforts constants de toute une vie ne suffiraient pas! Eh bien, la charité est «la loi dans sa plénitude» (Rm 13, 10), c’est-à-dire l’accomplissement de tous les préceptes et de toutes les vertus. Si nous aimons vraiment, si nous vivons dans la charité, nous acquerrons et développerons toutes les vertus. La charité est la source de toutes les vertus. Elle est comme une bonne terre, fertile: elle fait croître toutes les vertus.
7. Face aux autres, la charité sacerdotale s’exerce d’abord et avant tout à l’égard de nos confrères dans le sacerdoce. Nous devons trouver des moyens et des occasions concrètes pour la vivre. L’Eglise recommande aux prêtres la vie en commun, comme cela se faisait aux premiers temps de l’Eglise. Toutefois la vie commune ne s’improvise pas, elle demande une formation adéquate. Nous devrions apprendre l’art de bien la vivre.
8. La situation actuelle de Eglise, assaillie par le tsunami de la modernité, nous porte principalement à redécouvrir notre rôle de formateur; c’est un nouveau rôle à juxtaposer à côté de celui de la gestion des paroisses. Ce rôle implique les attitudes suivantes :
a) Dans notre apostolat et ministère, passer des conseils génériques et impersonnels et descendre au niveau des indications particulières et concrètes à donner à chaque personne qui recourt à notre aide ; en l’aidant à résoudre ses problèmes personnels, nous la libérons des obstacles qui l’entravent dans sa vocation à aimer.
b) Pour être un formateur, il n’est aucunement requis d’avoir fait des études en psychologie. Il faut d’abord aimer les gens, c’est-à-dire que le prêtre doit avoir un coeur de père et de mère ; - puis avoir du bon sens pour résoudre les problèmes - bien observer les personnes car les comportements sont répétitifs et ainsi nous apprenons à les connaître mais sans les juger - connaître les exigences morales impliquées dans les devoirs et responsabilités dans chaque étape de la vie des laïcs – prier le Seigneur pour qu’Il les aide avec ses grâces.
c) Il faut faire un grand effort intellectuel pour réélaborer les vrais motifs qui sont à la base de la morale catholique, surtout dans le domaine de la sexualité, et ainsi passer d’une morale de l’interdit et du « non » à une morale positive qui présente le vrai bien, qui favorise le développement intégral de l’homme.
9. Considérons les vertus évangéliques d’obéissance, de pauvreté et de chasteté comme les trois moyens indiqués par le Seigneur dans l’Evangile pour que nous puissions atteindre plus facilement, plus rapidement et plus sûrement la perfection de la charité sacerdotale.
Pour ce qui a trait à la chasteté sacerdotale, quand on dit que la notion abstraite, théorique de sacerdoce n’implique pas en soi le célibat, on fait une erreur. Notre sacerdoce n’est pas une participation à un sacerdoce quelconque, abstrait et générique, mais s’enracine dans le sacerdoce de Jésus Christ et son sacerdoce est original et spécifique. C’est un sacerdoce complètement nouveau et différent par rapport à celui des lévites mariés de l’Ancien Testament comme le démontre avec force la « Lettre aux Hébreux » ; de plus le sacerdoce de Jésus Christ n’a rien de commun avec celui des cultes païens de l’antiquité. Jésus Christ a vécu son sacerdoce dans la chasteté parfaite et c’est ainsi qu’il l’a transmis à ses Apôtres.
La chasteté sacerdotale, c’est le don du Seigneur qui s’harmonise le mieux avec notre vocation à aimer et avec notre sacerdoce. En effet, la chasteté clarifie l\'intelligence et l\'élève à la contemplation des réalités surnaturelles; elle donne une grande force de volonté et la persévérance, suscite de hautes et nobles aspirations et rend la personne entreprenante et constructive. En vivant chaste et pur, le prêtre n\'aura aucune difficulté à mener la vie communautaire avec ses confrères et à traiter avec les gens; l\'égoïsme rétrécit le coeur humain, mais c\'est la chasteté et la pureté qui le purifient, lui permettent de se dilater dans toute sa pleine mesure et d\'aimer avec toutes ses forces. Quand la charité grandit en nous, l’intensité de nos passions diminue ; saint Augustin, dont nous connaissons les déboires avant sa conversion, disait : « L\'augmentation de la charité porte à l’affaiblissement de la passion, et sa perfection c’est l\'absence de la passion ». L’expérience enseigne que dans la très grande majorité des cas, nous pouvons – si nous le voulons vraiment – avoir toujours la maîtrise de notre sexualité. Quand quelqu’un a des problèmes avec la chasteté, c’est parce qu’il les recherche d’une façon ou de l’autre. Notre façon d’aimer doit s’appuyer sur l’anthropologie chrétienne qui comprend la sexualité d’une façon beaucoup plus profonde que l’actuelle psychologie et valorise la chasteté d’une façon positive, contrairement à l’opinion de la grande majorité des psychologues d’aujourd’hui.
10. Le Seigneur nous appelle à nous dépasser, à nous élever et à atteindre la perfection dans notre charité sacerdotale. La vie des simples et pauvres gens est une immolation quotidienne. A plus forte raison, notre vie sacerdotale doit être une vie de sacrifice et d’immolation continuelle. Nous, prêtres, pour faire du bien, nous devons aimer sans limite. Cet esprit de sacrifice est une conséquence qui découle de notre grave responsabilité face au Christ Sauveur . Oui, on peut affirmer que d’une certaine façon, le prêtre a la même responsabilité qu\'a eue le Christ quand Il est mort sur la croix. La responsabilité du prêtre est un grand poids. Le prêtre ne peut pas vivre pour lui-même; autrement il échoue. Souvenons-nous toujours de cette vérité inhérente à notre ordination sacerdotale : le sacerdoce nous l\'avons reçu pour les autres, non pour nous. Et c’est en cela que consiste notre grande joie comme prêtres, car comme l’a assuré le Seigneur : «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir» (Ac 20, 35).
11. Concluons cette retraite avec la belle pri&

Date de publication: 2013-03-27 00:00:00 Version Imprimable
L'EVEQUE
Mgr ALOWONOU Benoît
Evêque de Kpalimé

SUR LA ROUTE VERS NOËL,MEDITONS CHAQUE JOUR DE L'AVENT AVEC
MGR ALOWONOU

17 décembre 2017
« Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche ».
En ce 3e dimanche de l’Avent, nous sommes invités à nous réjouir. Il ne s&rsqu

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