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LES ŒUVRES DE MISERICORDE : « ENSEVELIR OU ENTERRER LES MORTS » Par le RP Jules AWU
Depuis fort longtemps, la mort a été un grand mystère pour l’homme et ça continue de l’être pour certains. Et plusieurs ont abordé cette question mais pas avec une solution satisfaisante. Nos propos ici, n’ont aucune prétention d’aborder la réalité de la mort ni même d’en trouver une solution. Cependant, ceux qui nous quittent, ne font-ils plus partis de nos cercles ? Ne sont-ils plus nos proches ? La dernière œuvre de miséricorde corporelle nous recommande de les ensevelir. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Enterrer ou ensevelir les morts peut sembler être une injonction superflue puisque tout le monde est en fait enterré. Mais si nous sommes appelés d’une manière pressante c’est peut-être qu’à la mort de l’être humain, nous pensons que tout est fini. Et toute manœuvre peut être permise. Nous ne lui accordons plus la dignité dont il devrait faire objet. Nonobstant cette considération, pourquoi est-il donc important d’enterrer dignement le corps humain ? Pour la simple raison que le corps humain a été la demeure du Saint-Esprit. Nous sommes « temple du Saint-Esprit » (1 Cor 6, 19). Cette petite phrase dit tout et doit changer toute notre perspective de voir en ce mort un cadavre quelconque. « Le corps de tout être humain, même mort, est un corps divin. Il est l’expression incarnée de l’amour irrévocable de Dieu à son endroit. Et cette dignité implique et exige de nous les vivants, l’attitude de considération et de respect dus à ce corps voulu par Dieu, (Cf. Prions en Eglise, édition Africaine, Juin 2016, p. 221), parce qu’il ressuscitera au dernier jour. Il en ressort donc que, le mort doit recevoir respect et considération. Des conséquences doivent surgir de ce fait : se faire proche ou assister les mourants dans leur agonie, ne pas sous aucun prétexte précipiter la mort de quelqu’un, ne pas infliger au défunt ou au mort sous aucun prétexte un traitement dégradant ou mieux des punitions corporelles, participer aux obsèques et le plus grand bien, prier pour les morts. Nous y reviendrons sur ce dernier aspect. Dans le même sens, l’ensevelissement des morts doit se faire dans la sobriété. Il ne doit pas se faire aussi dans l’anonymat. Cette œuvre de miséricorde manifeste la miséricorde et l’amour de Dieu pour l’homme. Il honore le mort en tant qu’enfant de Dieu qui est destiné à la résurrection. « Ensevelir les morts » nous interpelle vraiment sur comment nous traitons nos morts, surtout en Afrique où on catégorise les morts, pour en savoir qui sera enterrer dignement ou pas, où mieux le défunt subit parfois des traitements inhumains et dégradants. Le cadavre que nous apercevons, le Christ victorieux de la mort, le fera passer du régime de la mort à celui de la vie. C’est pourquoi il urge d’en prendre soin. Pour finir cet article, enterrer dignement les morts est une façon de reconnaitre en cette femme ou cet homme mort, les biens dont Dieu l’avait comblé pour nous dire combien nous sommes importants et précieux à ses yeux. C’est aussi la manière appropriée « d’honorer l’être humain et de glorifier Dieu dans l’attente de la résurrection de la chair » (Cf. Prions en Eglise, édition Africaine, Juin 2016, p.221).
Mme Sabine Jolly (66 ans) raconte dans « Prions en Eglise Hors-série, pour le Jubilé de la Miséricorde, p. 31 et 32 » ceci : Il s’agit d’être là jusqu’au bout afin de témoigner que Dieu les aime…Il existe un réel tabou aujourd’hui autour de la mort, c’est pourquoi j’essaie de témoigner que jusqu’au de la mort, il y a la vie ; la mort même appartient à la vie ». Prenons soins de nos défunts, nous formons une grande et vaste communauté avec eux. Cela nous aide à comprendre pourquoi l’Eglise dans ses célébrations pense à ses enfants décédés. Ensevelir les morts c’est une pieuse et bonne pratique. Prochainement nous étudierons Conseiller ceux qui sont dans le doute et Enseigner les ignorants.
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