DIOCESE DE KPALIME
THÈME DE L ANNÉE PASTORALE: "NOUS SOMMES LE PEUPLE QU'IL CONDUIT DE SA MAIN. MARCHONS À LA SUITE DU CHRIST ". Visitez notre page facebook "diocèse de Kpalimé". Mgr ALOWONOU Souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.
THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2018-2019
Nous sommes le peuple que sa main conduit. Marchons à la suite du Christ
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
FAISONS UN DON POUR HATER L'AVENEMENT DU SANCTUAIRE DE NOTRE DAME DE LA CONFIANCE DANS NOTRE DIOCESE
1 BANC = 28 000 FCFA SOIT 45 EUROS
SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.
DECISIONS-NOMINATIONS 2018 - DIOCESE DE KPALIME

NOMINATIONS
2017-2018
ANNUAIRE DIOCESAIN 2017-2018
Actualités : HOMELIE DU 17eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNEE C / ABBE BENJAMIN KADJIKA

Biens aimés de Dieu, loué soit Jésus Christ !
Les textes liturgiques de ce jour nous invitent à la prière, au dialogue avec Dieu.
En Israël, tous les maîtres spirituels, aussi bien scribes que pharisiens, donnaient à leurs disciples un enseignement pour les aider à découvrir ce qu’est la prière et apprendre comment prier. Jean-Baptiste aussi avait instruit ses disciples sur la prière.
On comprend pourquoi un des disciples du Seigneur lui demande de leur apprendre à prier d’autant plus qu’ils voyaient souvent Jésus passer plusieurs heures par jour à l’écart pour s’entretenir avec son Père.
Jésus répond volontiers à cette demande et il leur dit « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne »
Dans sa réponse le Seigneur n’entend pas proposer une formule à apprendre par cœur mais il donne un modèle unique de la prière aussi bien individuelle que communautaire.
Toutes les prières chrétiennes doivent se modeler sur celle que le Seigneur nous a enseignée.
Ce modèle nous dit d’abord que Dieu est notre Père dans le sens que Dieu est celui qui donne la vie par amour, qui donne la vie dans un acte d’amour. Et ensuite, que dans notre vie nous devons donner à ce Dieu qui nous aime, la première place et que le but de notre vie doit être de louer, respecter et servir Dieu.
Il nous enseigne à demander à Dieu de nous accorder son Règne, à savoir la paix, la justice et le salut afin que le monde dans lequel nous vivons se renouvelle et puisse s’éloigner d’autres règnes qui nous gardent prisonniers tels que les règnes économiques (le dieu argent), politique (le dieu pouvoir), philosophiques et militaires. Ces règnes, nous en avons fait maintes fois l’expérience, même dans le siècle dernier, ne font que détruire l’homme et le détourner de sa vocation première.

Jésus continue « Donne-nous le pain dont nos avons besoin chaque jour » ce qui veut dire : donne-nous ce dont nous avons besoin pour vivre avec dignité et pas uniquement la nourriture. En effet dans la parabole qui va suivre le Seigneur utilise l’expression « prête-moi trois pains » qui était utilisée pour signifier le salaire d’un ouvrier pour une journée. Et toujours dans la même parabole nous fait comprendre que cette demande nous devons la faire avec insistance et à conclusion de la parabole Jésus dira « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. Celui qui demande, reçoit ; celui qui cherche trouve ; et à celui qui frappe on ouvrira ».
Si le Seigneur le dit, nous ne pouvons pas mettre en doute la vérité de cette parole mais il nous est vraiment difficile de la comprendre parce que dans notre vie il nous est arrivé d’avoir cherché sans avoir trouvé, d’avoir demandé sans obtenir et d’avoir frappé à la porte sans qu’elle s’ouvre.
Nous avons eu l’impression que Dieu est sourd ou même méchant : une femme qui ne pouvait pas avoir d’enfant m’a dit « il y a des prostituées qui ont des enfants qu’elles ne désirent pas et moi qui le désire, que je l’ai demandé dans ma prière, je ne peux pas en avoir. Pourquoi Dieu me refuse-t-il d’avoir un enfant ?
Certains pourraient lui répondre « c’est parce que votre foi n’est pas parfaite » ; mais qui parmi les hommes a une foi parfaite ? Ce n’est certainement pas la faiblesse de notre foi qui explique le silence de Dieu.

D’ailleurs Jésus a fait la même expérience, lui qui avait une foi parfaite en Dieu son Père. Pendant sa passion il a demandé à son Père d’éloigner de lui le calice de la mort. Et puisque Dieu son Père ne l’a pas exaucé, sur la croix il s’adressera à son Père en disant les paroles du Ps 22 « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Et pourtant la foi de Jésus en son Père était parfaite. Mais le Père a répondu à la demande de Jésus et nous verrons plus loin de quelle manière.
C’est justement parce qu’il est difficile de percevoir que Dieu répond à toutes les demandes, que Jésus insiste dans l’Evangile d’aujourd’hui pour dire que malgré les apparences contraires, Dieu entend toutes nos prières et les exauce.
Et il les exauce même au-delà de nos désirs et de nos attentes. Il nous donne plus, parce que nous ne savons pas bien ce qui est vraiment bon pour nous.
Exemple : Nous sommes comme un enfant de trois ans qui demande un couteau aiguisé pour s’amuser. La maman lui donnera autre chose et l’enfant se mettra à pleurer en pensant que sa maman est méchante.
Alors, si nous demandons du pain à Dieu, il ne nous donnera pas une pierre mais il nous donnera plus que du pain matériel, un pain qui dépasse le pain que nous connaissons.
Et c’est ce dépassement qui nous fait problème : si nous demandons du pain matériel, pourquoi il ne nous le donne pas mais il nous donne plus ? Nous ne voulons que du pain et voici que Dieu nous répond en nous donnant le corps de son Fils.
Et pourtant Saint Paul dans sa lettre à Timothée ((1 Tim.2, 1) lui dit de faire connaître à Dieu toutes ses demandes, tous ses besoins, tous ses soucis parce que c’est dans le concret de la vie que nous les hommes, nous avons besoin de Dieu. Il nous est impossible de faire une prière, de nous adresser à Dieu pour rien demander.

Mais la question est toujours là pour savoir : comment Dieu répond ?
Dieu ne répond pas habituellement en réglant nos problèmes ou en transformant les situations difficiles à coup de miracles (deus ex machina), mais il nous rendra capables de les vivre dans la foi.
Nous pouvons relire la fin de l’Evangile d’aujourd’hui : à nos demandes de pain, d’œuf ou de poisson (qui sont les symboles de nos besoins) Dieu répond en donnant l’Esprit à savoir en se donnant lui-même. Par son Esprit il nous rend aptes à assumer dans la foi tous nos problèmes et les faire devenir le point de départ d’actes d’amour que nous sommes désormais capables de poser grâce à la présence de Dieu qui est en nous. Comment est-il possible ?
Et j’en viens à la réponse que le Père a donnée à Jésus qui avait demandé l’éloignement du calice de la mort pendant sa passion. Jésus n’a pas été exaucé : il est mort sur la Croix.
La réponse du Père à son Fils, consiste dans le fait que Jésus ait pu persévérer jusqu’à la mort acceptée par amour et obéissance (le Père ne l’avait pas abandonné) et qu’il ait trouvé la gloire dans cette mort même qui est l’acte d’obéissance suprême que nous avons refusé.
C’est dans sa mort que Jésus a trouvé sa gloire. Sa résurrection sera la manifestation de son entrée dans la gloire : c’est par sa mort que Jésus entre dans la gloire et nous donne aussi la capacité de vivre ce passage dans tous les événements de notre existence sur terre : cela signifie vivre les vicissitudes de la vie dans la foi.

Donc, si la prière est une demande à laquelle Dieu répond toujours, cela signifie que la prière est un dialogue entre nous et Dieu, mais un dialogue particulier : un dialogue entre Dieu qui nous aime et nous qui devons manifester notre amour en insistant dans nos demandes dans l’assurance que Dieu ne nous abandonne pas et nous donnera ce dont nous avons vraiment besoin.
Nous ne devons pas avoir peur de répéter les mêmes demande parce qu’il s’agit d’un dialogue entre amoureux où la répétition provoque un approfondissement de l’amour.
Je peux demander aux couples un peu âgés de faire un effort de mémoire pour se rappeler la première expression d’amour : les expériences les plus belles ont consisté dans des dialogues très simples « Je t’aime et je t’aimerai toujours ». Et si on répète, la phrase est toujours nouvelle et elle donne la joie.
Et les dons que l’un fait à l’autre, apportent la joie parce qu’ils sont signes d’amour ; de même le partage des joies et aussi des souffrances apporte la joie parce que signe d’une communion profonde. Une souffrance portée par amour, ne pèse pas.
C’est cela que Dieu nous donne par des réponses qui dépassent nos demandes : la capacité d’assumer notre vie comme un acte d’amour.
Lorsque j’ai dit que la réponse de Dieu nous rend capables de vivre nos problèmes dans la foi, cela signifie, les assumer comme des actes d’amour en réponse à Celui qui répond toujours et dont la fidélité est sans faille.

C’est pour cela que la prière, lorsqu’elle est vraie, change la vie qui devient le lieu du don de soi aux autres à la manière du Seigneur.
Si la vie ne change pas, il y a des chances que la prière ne soit pas un dialogue, mais un monologue.
Abraham a dialogué avec Dieu, mais sa prière pour sauver Sodome et Gomorrhe n’a pas été jusqu’au bout. Il s’est arrêté à 10 justes pour justifier l’indulgence de Dieu. Est-ce qu’il pensa que la miséricorde de Dieu n’aurait pas pu aller plus loin ? Pensa-t-il que l’amour de Dieu est limité ? Dieu lui donnera la réponse en montrant qu’un seul juste suffira, non seulement pour deux villes mais pour l’humanité entière.
Ce juste sera Dieu lui-même qui manifestera la fidélité de son amour pour nous, en nous faisant le don gratuit de son propre Fils.
Jésus Christ ne nous a pas seulement donné un exemple de prière réussie mais il réalise en lui-même la prière parce que dans sa personne a eu lieu la rencontre définitive entre Dieu et l’homme et entre l’homme et Dieu.
L’Eucharistie que nous célébrons, est la prière par excellence parce que nous allons communier à la personne de Jésus et en lui nous pouvons nous reconnaître fils d’un même Père et donc réellement frères.
Toute prière et la prière Eucharistique en particulier est le moyen pour faire entrer Dieu dans notre vie : nos comportements expriment souvent des sentiments d’orgueil, de jalousie, d’égoïsme, de haine et d’injustice. L’Esprit du Seigneur nous rendra capables de les remplacer par des actes d’amour, de respect des autres et de miséricorde. Amen

Date de publication: 2019-07-27 00:00:00 Version Imprimable