DIOCESE DE KPALIME
THÈME DE L ANNÉE PASTORALE: "NOUS SOMMES LE PEUPLE QU'IL CONDUIT DE SA MAIN. MARCHONS À LA SUITE DU CHRIST ". Visitez notre page facebook "diocèse de Kpalimé". Mgr ALOWONOU Souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.
THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2018-2019
Nous sommes le peuple que sa main conduit. Marchons à la suite du Christ
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
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SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.
DECISIONS-NOMINATIONS 2018 - DIOCESE DE KPALIME

NOMINATIONS
2017-2018
ANNUAIRE DIOCESAIN 2017-2018
Actualités : HOMELIE DE MGR MICHEL PANSARD A L'ORDINATION PRESBYTERALE A TSIHINU (KPALIME) LE 10 AOUT 2019

Excellence, frères prêtres, frères et sœurs bien-aimés de Dieu,
Nous connaissons la vie de Simon et comment il est devenu l’apôtre Pierre. Nous nous rappelons la vie de Simon Pierre, ses enthousiasmes, sa foi en Jésus le Christ, son engagement profond à la suite du Christ et aussi sa faiblesse et son reniement à l'heure de la passion. L'évangile de ce jour nous a fait redécouvrir comment Simon-Pierre, devient le pasteur dont le Seigneur a besoin.

Il y a bien dans le ministère presbytéral une mission à vivre, des tâches à accomplir, un engagement concret au service d'un peuple avec les frères et les sœurs dans la foi qui compose ce peuple que la main du Seigneur conduit...

Mais, devenir prêtre, participer au sacerdoce apostolique de l'évêque, ne se comprend pas sans cette question existentielle, sans cet appel du Seigneur Jésus ressuscité qui retentit au cœur d'un baptisé, comme il a retenti dans la vie de Simon-Pierre : «Simon, fils de Jean, m'aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?» (Jn 21,15). Cet appel réclame un amour préférentiel, réclame l'engagement d'une vie non sur des idées ou un programme mais sur un Vivant, le Seigneur de nos vies. Il vit, le Christ notre espérance comme l’a rappelé aux jeunes le pape François. Dans la lettre qu’il vient d’écrire aux prêtres du monde pour les encourager et les remercier, lettre que je vous invite à lire et méditer sans tarder, le pape invite chacun des prêtres à savoir « revenir à ce point incandescent où la grâce de Dieu m’a touché au début du chemin »  « Toujours, mais surtout dans les moments d’épreuves, nous devons retourner à ces moments lumineux où nous faisons l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service ».

Devenir prêtre réclame cet engagement d'amour libre et volontaire : « Seigneur, tu sais que je t'aime... », qui seul permet de comprendre la mission reçue : « sois le berger de mes brebis... ».

Le véritable ministère de Pierre apparaît dans cette page d'évangile au fur et à mesure de sa réponse d'amour personnelle, affirmée et réaffirmée, donnée et redonnée au Ressuscité.

Plus Pierre est attaché au Christ, plus il aime le Christ, plus son ministère apparaît pleinement : « Sois le berger de mes brebis... ». Car, il s'agit d'être entrainé d'une manière originale dans la mission même du Seigneur : « De même que le Père m'a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21).

Nous avons entendu que Pierre fut peiné par ce questionnement répété.

Chers frères, vous qui allez être ordonnés prêtres, il n'y a pas d'amour sans peine, sans choix parfois douloureux, sans conversion et réconciliation.
Dans sa lettre du août, le pape rappelle que « La mission à laquelle nous avons été appelés ne nous entraîne pas à être immunisés contre la souffrance, la douleur et même l’incompréhension ; au contraire, elle nous pousse à les regarder en face et à les assumer pour laisser le Seigneur les transformer et nous configurer toujours plus à Lui »

Vous avez remarqué que Jésus ne dit pas à Pierre une parole qui enferme comme nous le faisons souvent : « tu vois je te l'avais bien dit... ». Jésus ressuscité lui pose la seule question qui compte : Pierre m'aimes-tu vraiment? Cette question est comme une prière de Jésus, une prière toute chargée de l’espérance et de l'amour de Dieu qui attend encore quelque chose de Pierre.

Vous avez remarqué que Pierre, plutôt que de répondre : tu sais bien que non ! Je t’ai trahi et renié ! Pierre ose répondre, malgré tout, « tu sais que je t'aime... ».

Dans l'écheveau de douleur et de peine qui étreint le cœur de Pierre depuis son reniement, la question de Jésus offre à Pierre une véritable libération, réconciliation. Elle permet à Simon de redevenir Pierre pour l'édification de l'Église. Pierre devient véritablement pasteur à partir de l'amour que lui porte le Christ, à partir du don du Christ par-delà le premier don, son pardon.

« M'aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?plus que ceux-ci ?

Comment être prêtre sans cet amour préférentiel pour le Christ ? Mais cet amour préférentiel n'est pas exclusif, bien au contraire ! Car, greffés sur le Christ (Jn 15), vous ne pourrez qu'être entrainés, jour après jour, par Lui le Seigneur dans un amour pour ces petits qui sont ses frères (Mt 25), dans un amour de tous les membres de son corps, l'Église (1 Co 12).

Vous qui allez être ordonnés prêtres et vous tous frères et sœurs qui les entourez, que votre foi soit un amour véritable du Seigneur de nos vies. Ne négligez jamais ce qui ce qui peut nourrir cet amour du Seigneur, cet amour de sa personne, de son cœur et de sa mission.
Comment être des serviteurs de sa parole et de sa vie donnée par amour pour la multitude sans vous nourrir vous-même à la source et accueillir pour vous-même le don dont vous devenez les serviteurs ?
Le temps de l'écoute du Seigneur, de la prière, de la célébration de l'eucharistie n'est jamais du temps perdu. Inscrit dans l'ordinaire de vos jours, il nous évitera de perdre le cap et vous ajustera sans cesse sur ce que le Seigneur attend de nous.

Si l'ordination vous met à part (cf. Ga 1, 15) comme le dit la préface d'ordination : « C'est lui qui choisit,
dans son amour pour ses frères,
ceux qui, recevant l'imposition des mains,
auront part à ton ministère ». Cette mise à part ne vous sépare pas des autres, bien au contraire !

• Mis à part, vous aurez à temps et à contre temps à être des artisans de communion. Vous aurez à veiller à ne pas
séparer ce que Dieu a uni : l'amour et le service du corps du Christ, le corps sacramentel et le corps ecclésial du Seigneur (1 Co 11), l'amour de Dieu et du prochain (Lc 10, 27-28). Vous êtes mis à part pour mieux partager joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes à la manière du Christ (Cf. GS1).

• Mis à part, vous aurez, à temps et à contre temps, à être des artisans de communion, à veiller à ne pas séparer ceux que Dieu a unis dans une même foi et un seul baptême. Vous serez serviteurs du Corps du Christ en reconnaissant, en éveillant, en servant les différents charismes, les diverses vocations et responsabilités que l'Esprit suscite dans l'Église (1 Co 12). Vous le serez aussi en défendant la dignité de toute personne, en particulier celle des plus petits, des plus pauvres.

Cet amour préférentiel pour le Christ s'exprime aussi dans le choix que vous avez fait l'année dernière de vivre un célibat chaste. Vous aurez aussi à le vivre aussi dans et avec la fraternité indispensable du presbyterium. Car vous ne pouvez vivre seul votre ministère : «Aucun prêtre n'est en mesure d'accomplir toute sa mission isolément et comme individuellement; il ne peut se passer d'unir ses forces à celles des autres prêtres » (Vatican II, P.O 7) .

Votre évêque va vous envoyer au milieu des hommes non pas pour être le berger de vos brebis mais être « le berger des brebis du Seigneur», pour être pasteur à la manière du Bon Pasteur auprès de vos frères et sœurs dans la foi, auprès des communautés qui attendent, qui ont besoin de votre ministère pour les nourrir, les soutenir et les affermir comme Pierre dans la foi.

• Vous allez être envoyé au milieu des hommes comme pasteur à la manière du Bon Pasteur en portant le souci
d'annoncer avec les communautés chrétiennes que Jésus est le Sauveur, la Bonne Nouvelle de Dieu pour les hommes, à tous ceux qui ne le connaissent pas encore.

• Vous êtes envoyés, comme des vases d’argile, non avec de l'or et de l'argent (Ac 3, 6), mais avec le regard des
apôtres (Ac 3, 4) qui cherche à imiter le regard du Christ. Ce regard voit les autres à hauteur de visage (Ac 3,5). C’est un regard de confiance, de fraternité, ce regard qui voit chacun et l'aime. Sainte Angèle de Foligno, franciscaine l’a admirablement résumé dans cette formule : « l’homme aime comme il voit ! »

• Vous êtes envoyés avec la fraternité presbytérale et la fraternité de vos frères et sœurs dans la foi.

• Vous êtes envoyés avec vos mains ointes (Ac 3, 7) pour bénir, oindre, relever, soutenir, aider.

• Vous êtes envoyés comme des vases d’argiles avec un peu d'eau, un peu d'huile, un peu de pain et de vin et avec la
Parole du Seigneur qui vous fait vivre pour donner la vie de Dieu, la puissance de la vie qui ne vient pas de nous mais du Seigneur.

• Vous êtes envoyés vivre ce que vous avez reçu et que vous n'avez fini de recevoir : la vie donnée livrée de Jésus.

• Vous êtes envoyés donner ce que vous avez reçu et que vous n'avez pas fini de donner c’est-à-dire votre propre vie
pour vos frères. « Il n'a pas d'amour plus grand que de donner sa vie pour ses amis, ceux que l'on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. (Jn 15, 13-14)

Chers frères que je vais ordonner prêtres, je prie aussi pour que la présence, le soutien, la prière et la fidélité de vos frères aînés vous soutiennent dans ce beau ministère. La seule raison de ce ministère est : « Seigneur tu sais que je t'aime », cet amour où s'enracine la mission du Seigneur : « sois le berger de mes brebis », de ceux que le Seigneur aime.

Enfin, « à cause de l'évangile », vous les plus jeunes qui êtes en construction, en période de choix et d'orientation de votre vie, je vous invite aussi à prier en demandant au Seigneur non pas d'appeler le voisin mais être capable de lui dire : « Seigneur tu sais que je t'aime, que veux que je fasse ? Qu'attends-tu de moi ? Et oser dire au Seigneur, puisque tu en as besoin, tu peux compter sur moi ! ». Amen !

Date de publication: 2019-08-10 00:00:00 Version Imprimable