DIOCESE DE KPALIME
*1984 - 28 juillet - 2020 : Heureux 36 ans de sacerdoce à notre évêque Mgr Benoît Alowonou *Thème de l'année pastorale 2019-2020 : Marchons à la suite du christ: adorons-le, annonçons-le louons-le  *Suivez nous sur notre page facebook  *Mgr ALOWONOU souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.
MESSAGE DE MGR BENOIT ALOWONOU POUR LE CAREME 2020
THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2019-2020
MARCHONS À LA SUITE DU CHRIST: ADORONS-LE, ANNONÇONS-LE LOUONS-LE
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
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SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.
DECISIONS-NOMINATIONS 2019-2020 - DIOCESE DE KPALIME

NOMINATIONS
2019-2020
ANNUAIRE DIOCESAIN 2019-2020
Actualités : SUR LE CHEMIN DU CAREME : LE CHEMIN DE LA VIE

SUR LE CHEMIN DU CAREME : LE CHEMIN DE LA VIE
Sur le chemin de la vie, il est heureux de rompre le plus souvent possible avec l’ordinaire, ne serait-ce que pour vivre consciencieusement et intensément les événements du quotidien. Le temps de carême est une de ces occasions de rebondissement, une manière particulière de vivre autrement la foi de chaque jour, répondant ainsi par une relecture de vie à la lumière de la Parole de Dieu, par des actes de privations et de partage et par des exercices spirituels à l’appel universel à la sainteté. « Soyez saints, CAR moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2) ou « Soyez parfaits COMME votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).

Sur le chemin de la vie, sommes-nous appelés à être saints à la suite de Dieu ou à la manière de Dieu ?
Car ou Comme Dieu est saint ? Au-delà des débats d’intellectuels portant sur les nuances de traductions, il s’agit là de deux formulations qui peuvent se prêter à de compréhensions différentes amenant à des attitudes contradictoires si l’on se contente d’une analyse littérale. La sainteté de Dieu est une perfection de fait ou une perfection accomplie qui n’admet pas de fragilité, de faiblesse. Il est trois fois saint et donc exempter de toute possibilité de faute, il est immaculé. Etre saint à la manière de Dieu ferait de l’homme un adepte de la perfection sans possibilité de chute. Une telle acception loue la grandeur de Dieu mais expliquerait aussi des formes d’intolérance vis-à-vis de la fragilité observées chez ce qui prétend à la sainteté « divine ». Il suffit de parcourir l’histoire de l’humanité pour se faire une idée. L’exemple le plus récent et poignant est celui du nazisme qui a voulu reconstituer une race « pure » en débarrassant l’humanité de ceux qu’il considère comme défaut de création ou sous hommes. Un peu plus loin et sur un autre registre, les campagnes de croisade, les exécutions suite aux délits de blasphème ou d’abomination, des jugements d’anathèmes n’interpellent pas moins. Et pourtant le cas d’Adam et Eve est sans appel ; en voulant être comme des dieux, Adam a fini par balancer sa femme et accuser Dieu. Il répondit à Dieu : c’est la femme qui m’a fait manger le fruit défendu et pas n’importe quelle femme, Eve, celle que toi Dieu, tu m’as donné. Etre comme Dieu est une ambition qui rejoint subtilement l’aspiration profonde de l’humain comme être fini à la recherche d’un ailleurs meilleur, c’est aussi un idéal qui peut amener à renier sa propre nature, transformant involontairement les personnes bien intentionnées en bras armés ou en justiciers au service de leurs égos ou du moins de quelque chose qui n’est certainement pas Dieu.
Par contre, la sainteté à la suite de Dieu se veut le produit d’une conversion, le fruit d’un cheminement à plusieurs étapes possibles. C’est une perfection progressive qui admet la fragilité tout en optant pour l’amélioration. Se convertir, c’est se corriger ou s’améliorer. « Vous avez appris qu’il a été dit œil pour œil et dent pour dent, moi je vous dis, ne riposter pas. » (Mt 5, 38-39). Passer d’une vengeance aveugle en forme de représailles pour éviter toute forme de récidivisme de la part de l’offenseur à une riposte équitable est déjà une étape vers la sainteté, une étape qui tient compte du rythme de progression d’un être fragile et qui nécessite néanmoins un réel contrôle de soi. Ce n’est pas aisé de distinguer l’offense du ressenti de l’offense. Car le ressenti inscrit dans l’ordre de l’affect dont la force peut conduire à une erreur d’appréciation. Alors chaque fois que l’on à faire à un sentiment, il faudra peut-être ne pas perdre de vue le fait que tout « senti » peut « mentir » et choisir la voie de la tolérance.
Sur le chemin de la vie, il est aussi indispensable de discerner son propre trajectoire de sainteté.
Lors de l’imposition des cendres, rite qui introduit au carême, on est appelé à se convertir et donc à emprunter le chemin de la perfection. Ce chemin passe par l’écoute et l’accueil de la Bonne Nouvelle du Christ, qui est un message adressé à l’humanité individuelle de chaque personne. Tous sont appelés à la même perfection mais pas en suivant la même trajectoire. Chaque disciple est une histoire particulière avec des prérequis de compréhension spécifiques et des conditions d’évolution différentes. Il revient alors à chaque individu de repérer sa position actuelle par rapport à l’idéal évangélique et de choisir en toute sérénité les efforts adéquats à consentir pour s’améliorer. Il ne s’agit pas de se lancer dans des défis à réaliser demain ou après-demain ; il est plutôt question de vivre l’aujourd’hui et autrement. A titre d’exemple, on peut formuler des vœux comme :
-Aujourd’hui, je n’oublie pas de dire merci
- Aujourd’hui j’offre un sourire à ceux que je rencontre
- Aujourd’hui, je prie pour quelqu’un que j’ai du mal à aimer
- Aujourd’hui, je rends service à quelqu’un
- Aujourd’hui, je fais attention à ne pas gaspiller (l’eau, la nourriture, l’électricité, les habits, le temps…) ; Et au terme de chaque semaine de carême, je me permets de faire une brève relecture de nos résolutions.

Que demande le pape François pour ce carême 2020 ?
« Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » 2Co5, 20
Le pape François nous exhorte d’abord à croire à la miséricorde de Dieu qui est à l’œuvre et qui libère dans le sacrement de la réconciliation. Ensuite il nous exhorte à donner un nouveau sens aux pratiques classiques de prière, de jeûne et d’aumône.
En effet, du moment où notre vie a son origine dans l’amour de Dieu, n’espérons pas retrouver un réel épanouissement en dehors de cet amour. Cela nous conduirait dans des « abimes du non-sens ».
Dans les démarches de conversion, il faut privilégier le face à face ou le cœur à cœur avec Dieu. Cette expérience de rencontre personnelle fera passer notre prière du statut de devoir à celui de moyen d’expression d’amour filial.
L’aumône ou le partage de biens avec les plus nécessiteux est « une forme de participation personnelle à la construction d’un monde plus équitable ». La pratique de la charité est une action pour l’équité, pour plus d’humanité.
La pratique de privation peut s’exprimer aussi dans un refus de participer aux bavardages creux, vils et superficiels sur les réseaux sociaux. Un usage juste des moyens de communication peut être un effort de carême.
Pour finir, je souhaite reprendre cet appel de saint Paul : au nom du Christ, laissons-nous réconcilier avec Dieu et entre nous. Un fécond temps de carême à tous ! Peut-être que ce temps de grâce sera pour tous l’occasion de relire en groupe l’exhortation Christus vivit du pape François. Et pour les prêtres, l’occasion de redécouvrir, dans leur célébration eucharistique, la beauté des deux prières eucharistiques pour la réconciliation. Sur le chemin de la vie, soit notre lumière Seigneur.
P. Antoine MESSAVI

 

Date de publication: 2020-02-25 00:00:00 Version Imprimable