DIOCESE DE KPALIME
DÉCISION-NOMINATION- 2021-2022  *Thème de l'année pastorale 2021-2022 : Accueillons la parole du Christ, devenons ses amis. *Suivez nous sur notre page facebook  *Mgr ALOWONOU souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.
THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2018-2019
Nous sommes le peuple que sa main conduit. Marchons à la suite du Christ
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
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SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.

ANNUAIRE DIOCESAIN 2017-2018
Actualités : HOMELIE DU 12ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNEE B / RP AMEWU OSCAR

Chers lecteurs
Chères lectrices,

Le passage de la tempête apaisée nous est bien connu. Il figure dans trois des quatre Evangiles. Aujourd’hui nous avons lu ce récit dans la version de Marc, dans sa forme la plus succincte, la plus dépouillée : l’Evangéliste n’a gardé que l’essentiel.
« Passons sur l’autre rive ». Notre récit commence par cette invitation de Jésus, une initiative qui marque une rupture. La journée se termine, on peut donc en déduire que la nuit va bientôt tomber, et c’est à ce moment-là que Jésus invite ses disciples à traverser la mer de Galilée pour aller dans un autre endroit, dans un autre territoire : le territoire des païens.
Pour les juifs, les eaux de la mer, ou même celles de ce qui pour nous est seulement un petit lac, représentaient le lieu du péché et du mal, parce qu’à la différence de la terre ferme, l’eau est par excellence le lieu de l’instabilité.
Jésus invite ses disciples à un déplacement, à un changement. Or, tout changement, quel qu’il soit, peut réserver des surprises : on quitte ce qui est connu pour aller vers l’inconnu.
Le récit de la tempête apaisée est un texte plein d’images et de symboles, qui s’appliquent aussi bien aux conditions difficiles du temps de Marc qu’aux conditions actuelles de notre Église. Aujourd’hui encore nous sommes dans la tempête. Notre monde est secoué par les guerres, les batailles entre partis politiques, le terrorisme, les ouragans, les épidémies (corona virus actuellement), les famines, les tremblements de terre, les feux de forêts et les inondations. Les maladies de toutes sortes, les faillites immobilières, la flambée des prix, les pertes d’emploi ou chômage, la pornographie, la drogue, la violence, font partie de notre quotidien. L’Église se retrouve en période de décroissance et semble faire face à des problèmes insurmontables.
Dieu semble parfois dormir au milieu de ce monde plein de changements. Nous avons l’impression qu’aucune barrière ne retient l’immoralité, la corruption et la cupidité. La famille éclate, le mariage est disloqué. L’abus de pouvoir, la corruption, la drogue, l’érotisme et la violence dominent les bulletins d’informations! Ce genre de situation peut avoir des effets déstabilisants et perturbateurs. Et dans une telle situation, peut-être nous sommes-nous trouvés à avoir peur comme les disciples.

Justement chers bien aimés du Christ, revenons aux disciples : non seulement ils voient que la tempête se déchaîne, mais en plus, ils constatent qu’ils sont seuls face à cette situation, parce que celui à qui ils pourraient s’adresser en cas de danger, celui à qui ils font confiance en toutes circonstances, eh bien il dort. Il fait partie de ces gens qui ont la chance de pouvoir dormir en toutes circonstances. Son sommeil n’est troublé ni par le bruit du vent, ni par les mouvements de la barque, ni par l’agitation des disciples. On pourrait dire qu’il dort du sommeil du juste alors que selon le Pape François : « ... il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier ». Les disciples en sont d’ailleurs irrités, au point qu’au bout d’un moment ils n’en peuvent plus et l’interpellent violemment, ce qui a pour effet de le tirer de son sommeil.
Oui, Jésus dort. Lui, il n’est pas pris de panique : il ne se rend compte absolument de rien. Car ce qui fait la différence entre lui et les disciples, ce qui fait que ce même événement est vécu de manière complètement différente, ce n’est pas l’événement lui-même, mais c’est la conscience de l’événement : Jésus ne semble avoir aucune conscience de ce qui se passe. Oui, ce qui provoque ici la panique des disciples, c’est la conscience qu’ils ont de cet événement.
Nous avons parfois la conception d’un Dieu tout-puissant et omniscient. Si Dieu est Dieu, comment ne saurait-il pas tout ? De nombreux passages dans les Evangiles montrent qu’il n’en va pas toujours ainsi pour Jésus. Certes il lui est arrivé d’avoir la prescience de ce qui allait se passer, mais pas toujours, et parfois il a reconnu ouvertement son ‘’ignorance’’. C’est tout à fait normal, parce qu’il est non seulement Dieu, mais aussi homme, avec toutes les limitations que cela implique.
Ici il a besoin de récupérer ses forces. Toute la journée il a parlé à la foule et on imagine son épuisement. Alors il dort, il dort d’un sommeil profond, et quand on dort aussi bien, on n’est pas conscient de ce qui se passe autour de soi. Le bateau coule et il dort. Il paraît indifférent au sort des disciples ; c’est en tous cas leur sentiment : Maître, nous allons mourir, cela ne te fait donc rien ? lui disent-ils.
Bien sûr, à partir du moment où Jésus intervient, tout rentre dans l’ordre : le vent tombe, la tempête cesse. Celui qui voici quelques instants était plongé dans l’inconscience du sommeil se révèle tout à coup le maître des éléments naturels et assume toutes les prérogatives de la divinité.
Dans leur barque, les disciples en sont quittes pour une grande frayeur, mais tout s’est bien terminé. On peut tout de même imaginer que pour eux cet événement n’a pas été sans conséquence et qu’il leur a au moins appris quelque chose. En tous cas, Jésus a une visée éducative quand il leur pose cette question : Pourquoi avez-vous si peur ? Par-là, il invite les disciples à s’interroger sur leur réaction de peur, comme si elle n’était pas naturelle.
En fait, leur peur est tout à fait naturelle, et nous aurions sans doute réagi comme eux si nous avions dû affronter cette tempête.
Il n’empêche que Jésus, lui, n’a pas eu peur. Et il n’a pas eu peur parce qu’il n’était pas conscient de ce qui se passait.
N’est-ce pas là un des enseignements de ce récit ? Parfois, comme les disciples, nous sommes conscients, peut-être trop conscients, de ce qui ne va pas, du mal qui est à l’œuvre dans ce monde, de ce qui nous menace. Mais nous nous souvenons que dans la Genèse, le serpent promet à Eve la connaissance du bien et du mal. A partir du moment où Adam et Eve font ce que dit le serpent, ils perdent leur état d’innocence, et on connaît la suite.

 

 

Sur le plan personnel, comme sur le plan de l’Église, notre vie est une traversée secouée par de nombreuses tempêtes: Nous faisons parfois face à un désarroi incontrôlable : maladies, accidents, deuils, insécurité, violence, révoltes, guerres, pollution, crises économiques, vieillesse. Le Christ nous dit ce matin : «Hommes de peu de foi, pourquoi craignez-vous?» Il nous invite à l’espérance, malgré toutes les difficultés auxquelles nous avons à faire face. Il nous invite à chercher un paysage nouveau : «Passons sur l’autre rive»! Abandonnons notre territoire familier pour nous diriger vers des endroits plus sereins que nous ne connaissons pas.
L’évangile nous rappelle que, malgré le chaos et le temps orageux, nous pouvons être en paix et garder notre sérénité, aussi longtemps que le Christ est avec nous… même s’il semble dormir.
Le chrétien est celui ou celle qui invite le Christ dans son embarcation. Aussi longtemps qu’il est présent, les tempêtes les plus fortes ne peuvent nous faire chavirer : «Pourquoi avez-vous peur? Je suis avec vous. Ayez confiance.»
BON DIMANCHE A TOUS ET A TOUTE !

Date de publication: 2021-06-19 00:00:00 Version Imprimable