Chers lecteurs et lectrices,
Frères et sœurs,
Le Carême est la période de quarante jours (quarante-six jours exactement) qui s’étend du mercredi des Cendres au dimanche de Pâques. Ces quarante jours étaient comptés d’abord du premier dimanche de Carême au soir du Jeudi saint, où nous entrons dans le triduum des célébrations pascales ; mais pour se conformer au jeûne de quarante jours du Christ sur le mont de la quarantaine, après son baptême, on ajouta quatre jours avant le premier dimanche afin d’avoir le nombre complet de jours de jeûne avant Pâques car, les dimanches ne sont jamais jours de jeûne.
Le type de Carême qui nous est proposé, est donc la retraite de Jésus au désert, qui avait été préfigurée dans l’Ancien Testament par le jeûne de Moïse sur le Sinaï avant la conclusion de la première Alliance, et la marche d’Élie dans le désert vers l’Horeb, où Yahvé se manifesta à lui. Aussi est-il un temps de préparation dans la prière et la pénitence, le recueillement et une certaine solitude, accompagnés d’une ascèse, qui est proposée à tout chrétien pour mieux célébrer la grande fête de la naissance chrétienne dans le baptême qu’est la fête de la Résurrection du Christ.
Nous entrons donc dans un temps qui vient de Jésus lui-même; il nous dit ici dans l’Evangile, dans quel esprit, il faut prier, jeûner et faire l’aumône. Jésus nous défend d’agir dans l’hypocrisie, c’est-à-dire, aller à l’Eglise pour être bien vue dans la société, faire du bien aux gens pour en recevoir leurs honneurs, donner la dîme, le denier du culte, pour être bien vue des prêtres et des autres chrétiens, pour faire remarquer notre supériorité aux autres dans la foi. Il faut plutôt faire tout dans le but d’une conformité intérieure à la volonté de Dieu, afin de vivre une intimité totale avec Lui. Pour ce fait, l’aumône est un complément du jeûne ainsi qu’une suppléance de celui-ci. Ce sont des actes de foi qui nous aiderons, tout au long de ce temps mais encore de notre vie, à nous réconcilier avec Dieu, comme nous l’indique, Paul dans la deuxième lecture. C’est le moment favorable que nous donnent le Christ et l’Eglise, pour fuir un peu les sollicitations pressantes et les divertissements du monde, pour nous concentrer un peu sur notre foi et notre intimité avec Dieu. C’est le temps d’aller à l’école de la charité du Christ, de la miséricorde de Dieu, un temps d’exercices pratiques où nous devons nous laisser façonner par le Seigneur.
Avec la cendre qui est le signe de cette entrée dans la pénitence pour le pardon de nos péchés, prions pour que le Seigneur soutienne nos efforts, afin que nous puissions être restaurés dans notre dignité d’enfant de Dieu, par la passion- mort et résurrection de son Fils. Amen !