Bien-aimés du Seigneur,
Dimanche dernier, les textes nous invitaient à l’action de grâce et à la confiance en Dieu.
Le maître-mot des textes scripturaires de ce deuxième dimanche de Carême, est la confiance. La confiance est un sentiment d’abandon vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. Ainsi, l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur n’est jamais déçu et la promesse du Seigneur se réalise toujours, tôt ou tard, dans sa vie malgré les vents contraires et les tempêtes qui peuvent le secouer quotidiennement.
La première lecture nous montre comment Dieu s’est révélé à son ami Abraham, notre père dans la foi. Cette initiative comme tout appel de vocation ou de conversion vient de Dieu lui-même. « Je suis le Seigneur qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te de donner ce pays en héritage». La promesse qu’il a faite à Abraham est inconditionnelle. Dans l’Alliance conclue, Dieu promet deux choses à Abraham : la descendance et le pays. Cette promesse est adressée à un vieillard sans enfant.
Cette promesse ne s’appuie pas sur les mérites d’Abraham ou de ses descendants. La seule chose que Dieu attend de lui et de nous aussi, c’est une ferme confiance surtout dans les épreuves. C’est donc dans la confiance qu’Abraham se met en route pour marcher vers la terre promise. « Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père et va ! » Dieu nous incite donc à quitter notre routine confortable et à nous mettre en marche.
Chers frères et sœurs, se mettre en route, c’est bien; mais cela suppose toujours quelques renoncements en vue d’être libre et léger pour pouvoir marcher correctement. C’est une ferme décision qui est en même temps la réponse à un appel, généralement celui de Dieu. Tel est le fondement de notre foi chrétienne : un Dieu qui nous aime tant et nous appelle sans cesse à sortir de nous-mêmes pour aller vers la terre promise, un pays que nous ne voyons pas encore, sinon dans la foi. Nous sommes conscients de notre fragilité mais nous savons que nous pouvons toujours compter sur la grâce de Dieu.
C’est aussi dans la confiance que Jésus a tout quitté pour prendre le chemin du désert où il a vaincu toutes les tentations. C’est également dans la confiance qu’il a quitté son pays natal pour prendre le chemin de Jérusalem, chemin qui le conduira vers le Royaume de la Pâque éternelle dont nous sommes les bénéficiaires à cause de notre foi chrétienne. C’est dans cette logique que Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous assure que la foi en Jésus Christ nous ouvre le bonheur du ciel.
Et bien plus, dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous voyons comment Jésus se met en route se choisissant des disciples pour l’accompagner. Habités par la seule confiance, les disciples ont quitté, eux aussi, leur pays, leur père et leur famille pour répondre à l’appel du Seigneur.
En effet, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean pour aller à la montagne, lieu de la rencontre de Dieu. Quelques jours avant ce récit de la Transfiguration, Jésus demandait à ses disciples « qui suis-je ? », et Pierre lui déclarait qu’il est le Christ de Dieu. Et Jésus leur déclara qu’il faut que le Fils de l’Homme souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit mis à mort et qu’il ressuscite le troisième jour ; ce qui signifie que la gloire du Fils de l’homme était inséparable de la Croix.
La Transfiguration est le moment choisi par Dieu pour révéler à ses disciples privilégiés l’identité de Jésus. Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, son visage apparaît tout autre ; ses vêtements deviennent d’une blancheur éclatante : c’est la couleur de la gloire, la couleur de la résurrection. Aussi la voix du Père se fait-elle entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le». La Transfiguration est un moment privilégié dans la marche de Jésus vers Jérusalem. Cet épisode représente une anticipation de la splendeur qui rayonnera sur la face de Jésus à la Résurrection.
En ce temps de Carême, temps de grâce et de conversion, puissions-nous écouter la voix du Seigneur afin d’être transfigurés. Le but du Carême, c’est d’être transfiguré, transformé, renouvelé grâce au contact que nous avons avec le Seigneur. Comme ces disciples, au contact du Seigneur, que les personnes affligées (les malades, les blessés, les chômeurs, les opprimés, les orphelins, les veuves…) et tous les hommes accablés par le péché, reprennent goût à la vie en trouvant soutien et réconfort dans le Christ. Dieu nous en donne la grâce.