Bien chers frères et sœurs.
Nous venons de relire dans l’Evangile l’un des récits les plus émouvants des apparitions de Jésus ressuscité : celui de sa manifestation aux disciples sur le bord du lac de Tibériade. Les disciples, gagnés par la déception et le désarroi après la passion et la mort de leur maître Jésus Christ, sont retournés à leurs activités professionnelles, comme pour oublier les derniers jours de leur mésaventure.
Mais Jésus en leur demandant de ‘’ jeter le filet à la droite de la barque ‘’ et en leur donnant du poisson à manger, veut les soutenir et affermir leur foi en sa victoire de la vie sur la mort. Même si la pleine manifestation de cette victoire est encore objet d’espérance ; nous devons reconnaitre que c’est une espérance qui ne saurait tromper, et que les apôtres et par ricochets tous les croyants voudraient faire partager à tous. Ceci vient expliquer le sens et le fondement aux différentes apparitions et manifestations du ressuscité à ses disciples ; et fait d’une part du temps pascal, le temps de l’Eglise, c’est-à-dire celui du témoignage et de la prédication dont rien, ni personne ne doit détourner : ‘’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes’ En ce sens, les humiliations subies pour le nom de Jésus, loin de décourager, donnent de l’assurance à ceux qui se conforment à la volonté et au dessein de Dieu.
D’autre part le temps pascal de l’Eglise est aussi celui de la mission toujours laborieuse. Il peut arriver qu’on peine, sur le chemin de la foi, toute une vie, dans la nuit, sans voir de résultat probant. Mais il ne faut pas croire pour autant qu’on travaille en vain. Le Seigneur attend, sur l’autre rive que ses serviteurs aient achevé leur travail. A leur retour, ils trouveront, préparer par ressuscité, le repas du festin royal dont l’Eucharistie est l’anticipation ; là ils découvriront avec émerveillement, l’extraordinaire résultat de leurs efforts, apparemment inutiles.
Par ailleurs, en considérant les interventions de Pierre dans la première lecture, nous découvrons deux logiques ; la logique de Dieu et celles des hommes.
La logique des hommes consiste à penser qu’un malfaiteur on le supprime et on ne peut pas lui faire la publicité après sa mort. Et Jésus aux yeux des autorités est un imposteur qu’on a supprimé, et c’est normal. C’est même, un devoir de l’empêcher d’endoctriner un peuple enclin à se fier à n’importe quel prétendu messie. Donc, Jésus Christ qui a été condamné, exécuté, pendu, est un maudit, même de Dieu.
Mais la logique de Dieu est autre chose. Oui, il a été exécuté. Toutefois, contre toute attente, non seulement il n’est pas maudit par Dieu, mais aussi, il est élevé par Dieu, il devient le Chef, le Sauveur : ‘’Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice ; c’est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui le Chef, le sauveur, pour apporter à Israël la conversion et le pardon des péchés’’. Cette déclaration de Pierre, est une aberration pour les Juifs, car selon eux si la conversion et le pardon des péchés sont apportés à Israël, cela signifie que les promesses sont accomplies. Or les Juifs sont toujours dans l’attente du Messie qui viendra accomplir la promesse faite à leurs aïeux.
Demandons à Dieu de nous donner l’Esprit de discernement et de témoignage afin que nous demeurions toujours fidèles à nos engagements vis-à-vis de Lui. Amen !