« Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé » (Lc 18, 14)
Chers lecteurs et lectrices,
En ce trentième dimanche du temps ordinaire, le Seigneur nous invite à jeter un regard sur nous-même non pas pour paraître devant les hommes mais comme nous sommes devant lui.
La parabole du pharisien et du publicain, deux personnes qui montent au Temple pour prier est l’image que nous présentons de nous-même devant Dieu.
En effet, le pharisien en se vantant de ses bonnes œuvres : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères. Je jeune deux fois par semaines et je verse le dixième de ce que je gagne », ne prie pas Dieu mais se prie lui-même en se donnant en spectacle. Il s'est rempli de lui-même. Sa prière ne monte pas vers Dieu mais il est lui-même le début et la fin de sa prière.
« Nous touchons du doigt ici une certaine perversion spirituelle qui consiste à imaginer que ce sont nos bonnes œuvres qui nous valorisent devant le Seigneur » (Père Jésuite Michel Ntangu).
Le publicain de son côté dans son attitude de se tenir à l’écart, à distance est pareille aux lépreux qui selon la loi ne doivent pas être parmi les gens. Il reconnaît qu’il n’est rien si Dieu ne le justifie pas c’est pourquoi ses premiers mots furent : « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ».
Quelle est donc le message théologique de cet évangile?
D’abord, il ne suffit pas d’avoir l’intention de prier pour être exaucé mais il faut avoir un cœur pauvre et ouvert à Dieu.
En présentant le contenu de la prière de ce pharisien, le Seigneur veut nous éviter de tomber dans le piège d’un mignon péché : l’orgueil spirituel.
Ensuite, comme le publicain ayant ce cœur pauvre qui s’ouvre à Dieu seul. « Ne prions pas tout simplement pour être vu et être reconnu comme une personne pieuse. Mais cherchons à entrer en relation d’amour avec le Seigneur. Dieu ne nous blâmera pas parce que nous avons jeûné pendant un mois, pour avoir versé notre dîme. Dieu regarde notre être intérieur, c’est-à-dire notre cœur, notre relation d’amour pour Lui. Nous reconnaître pécheur, comme le publicain, c’est reconstruire cette relation dénuée de notre orgueil spirituel afin d’accueillir dans la joie la miséricorde et le don de la justification qui vient de Dieu tout seul. Amen ! »