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L’année liturgique, un laps de temps qui fait parcourir les mystères de la foi chrétienne, comprend deux (2) grandes périodes appelées cycles. Chaque cycle est subdivisé en deux (2) temps : un temps de fêtes et un temps préparatoire à ces fêtes. L’Avent est alors le temps fort qui ouvre le cycle de la Nativité et qui prépare spirituellement à la célébration des fêtes de Noel. Comment s’engager dans cette préparation spirituelle ? Tel est le but poursuivi par la présente rédaction. Mais avant d’y arriver, attardons-nous un peu sur ce qu’est l’Avent.
Que signifie ‘’ Avent’’ ?
Du latin ‘Adventus’ c’est-à-dire ‘avènement’, le mot ‘Avent’ désigne la période de quatre (4) semaines allant du dimanche le plus proche du 30 novembre au 24 décembre, une période au cours de laquelle l’Eglise s’apprête activement et joyeusement à vivre la prochaine venue du Seigneur Jésus. C’est un temps d’entrainement spirituel en vue d’une rencontre personnelle avec le Christ qui est déjà là et qui vient encore. Certes Jésus est celui qui est déjà venu lorsqu’il est né à Bethléem, a vécu parmi les hommes et a sauvé l’humanité déchue par sa mort et sa résurrection. Mais il est aussi celui qui vient parce qu’il est le vivant, le principe comme le support de la vie à venir pour tous les hommes qui mettent en Dieu leur espérance. Sur ceux, le temps de l’Avent nous convie à viser deux grandes rencontres : celle liturgique avec le Logos incarné à Noel et celle eschatologique et définitive avec le Fils de l’homme dans la gloire.
Comment vivre le temps de l’Avent ?
A l’instar de tout maisonier responsable qui consent à des efforts supplémentaires pour rendre son habitat accueillant à l’approche de la venue d’un hôte de marque, en ce temps de l’Avent, tout chrétien est appelé à aménager sa vie intérieure et communautaire pour qu’il y règne la justice, le pardon, la réconciliation, la paix l’amour et la joie. Car l’hôte en vue est le Dieu de la paix. Seul son amour pour les hommes exige de lui la proximité. Il convient donc de souligner que l’Avent se veut essentiellement un temps de conversion et de ressourcement spirituel.
Dès le premier dimanche de l’Avent, d’une manière explicite, les lectures nous rappellent le caractère imprévisible de la venue du Seigneur et recommandent vivement de veillez dans la prière et la pratique des bonnes œuvres pour ne pas se faire prendre au dépourvu. Sur le for interne, les prophètes Isaïe et Jean Baptiste nous invitent à une analyse personnelle et sérieuse de nos vies afin de pouvoir aplanir nos montagnes de vice, remblayer nos ravins de manque d’amour et rendre droites nos pensées et propos tordus. Car pour demeurer en nous, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, ne saura emprunter d’autre chemin que celui qui conduit dans nos cœurs. Quant au for externe, nous sommes d’une part exhortés à la fidélité dans l’accomplissement des tâches quotidiennes et d’autre part convier à créer un atmosphère de tranquillité, de joie et de paix en nous et surtout autour de nous : <<consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu>> (Is 40, 1) ou << Soyez dans la joie, laissez-moi vous le relire, soyez dans la joie. Le Seigneur est proche>> (Ph4, 4.5).
Quelques dispositions pratiques relatives au temps de l’Avent
- Sans que l’Avent soit un temps triste, il y est exclu les grandes festivités.
- La couleur liturgique est le violet sauf le 3ème dimanche où elle est rose pour signifier que l’attente se fait de plus en plus joyeuse.
- Dans la liturgie de la messe dominicale, on omet le ‘Gloria’.
- Les solennités qui tombent sur un dimanche doivent être anticipées au samedi ou célébrées un jour plus convenable.
Que conclure ?
Le temps de l’Avent marque le début de l’année liturgique et achemine vers la célébration de la fête de Noël. Il est un temps de prière, temps de l’espérance fondée sur la fidélité de Dieu, sur sa miséricorde que rien ne décourage et sur sa patience infinie. Pour mettre au profit ce temps, il est fermement prohibé d’en faire un moment d’attente oisive et paresseuse. Au contraire, il faut se réveiller du sommeil des habitudes, se faire violence en vue de redresser les manières de penser, de parler et de faire malveillantes et, se revêtir les vêtements de joie, de paix, d’amour pour bien accueillir le prince de la paix qui vient demeurer parmi nous et en nous. Et puisque l’effort fera toujours les forts, une Joyeuse fête de Noël attend ceux qui s’adonneront consciencieusement à cet entrainement spirituel de l’Avent. Puisse notre vie ici-bas être un réel temps de l’Avent.
Fructueux temps de l’Avent à tous et à chacun en compagnie de notre Dame de la confiance.
Père Antoine MESSAVI
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