CONNAITRE POUR VIVRE LE CAREME : LA PENITENCE
EN ROUTE VERS PAQUES
La semaine dernière nous disions que le carême est comme une grande retraite où la communauté ecclésiale communautairement et individuellement se prépare à célébrer pâques. Nous rappelions alors que l’attitude fondamentale requise en ce temps est celle de la pénitence. « Dans l’Eglise universelle, tous les vendredis de l’année et le temps de carême sont des jours et des temps de pénitence. »
. Qu’est-ce donc la pénitence ? Quand et comment faire pénitence ? La célébration de la pénitence dans l’Eglise ? Voilà des questions auxquelles nous allons apporter quelques éléments de réponses pour mieux connaitre, vivre et célébrer le carême.
CONNAITRE POUR VIVRE LE CAREME : La pénitence
Etymologiquement, le mot pénitence vient du latin « pénitencia » qui serait la traduction latine du mot grec « métanoia » qui signifie littéralement « changement d’esprit » ou simplement conversion. A l’origine il désignait un groupe de personne inscrit pour la réconciliation solennelle de pâques puis au moyen âge certains ordres religieux.Dans le langage chrétien contemporain le mot évoque immédiatement les idées de repentir pour le péché commis et plus encore les « actions extérieures accompagnant la conversion et la rémission des péchés ».
En effet l’appel à la conversion lancée continuellement par les prophètes à Israël qui se détourne de Dieu soit par l’idolâtrie, soit par les alliances contre nature ou encore par les injustices sociales (Cf. les livres de Jérémie, Osée et Amos), n’est pas avant tout un acte extérieur. C’est une exhortation à revenir vers Dieu. Un retour qui s’origine dans le cœur. Dans la Bible le coeur est le siège des sentiments, bien plus le résumé de tout l’homme. Il s’agit pour Israël de « revenir au seigneur de tout son cœur », faire la circoncision de son cœur et offrir « un cœur brisé et broyé » (Ps 51), voilà qui plait au Seigneur plus que tout autre sacrifice. Jésus dans sa prédication va aussi insister sur la conversion du cœur « ce peuple m’honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi ». La pénitence intérieure est donc « une réorientation radicale de la vie, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. » C’est cette conversion qui nous pousse à des signes et actes visibles. Dans la Bible ces actes étaient par exemple, le jeûne et la privation (Is 58,3), le sommeil à même le sol (2S 12, 16) etc. Aujourd’hui concrètement la conversion « se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l'exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5,24 Is 1,17), par l'aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l'examen de conscience, la direction spirituelle, l'acceptation des souffrances, l'endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9,23). »
CELEBRER LE CAREME : Le sacrement de la Pénitence et de la réconciliation ou Confession
« Le commencement des œuvres bonnes c’est la confession des œuvres mauvaises » (St Augustin)
Une concrétisation de notre désir de conversion en continuité avec notre démarche et notre engagement pénitentiel du mercredi des cendres serait de s’approcher du sacrement de la Pénitence et de la réconciliation appeler ordinairement « la confession ». Le carême est pour nous qui avions rompu avec ce sacrement et pour nous qui le fréquentions - plus ou moins régulièrement- d’aller à nouveau au « tribunal de miséricorde » non de justice divine, pour une bonne confession, claire, concise et complète. Loin d’être une psychothérapie (pour retrouver une ataraxie) ou un lieu on « passe aux aveux », le sacrement de la réconciliation exprime et réalise liturgiquement pour le chrétien le pardon de Dieu, la réconciliation avec l’Eglise et les frères et sœurs. Il nous apporte la grâce d’un cœur pacifié et aimant. Pour bénéficier pleinement de la grâce de ce sacrement nous devons suivre une démarche appropriée que l’Eglise nomme les « actes du pénitent » : la contrition, la confession et une totale humilité.
Cette démarche rejoint ce que nous avions dit plus haut concernant la pénitence. La contrition est un acte du cœur : une douleur de l’âme et une détestation du péché avec la résolution de ne plus péché. Elle passe par un examen de conscience qui signifie tout simplement mettre sa vie devant le miroir de la Parole de Dieu pour voir toutes les laideurs qui l’encrasse. L’expression de cette contrition est l’aveu explicite des péchés ou confession au ministre du sacrement, le prêtre. Enfin l’extériorisation comportementale de la conversion suite au pardon reçu. Elle se traduit par l’accomplissement des actes de pénitences qui réparent le désordre que le péché a crée en nous et autour de nous.
Osons avec la force de l’Esprit reconnaitre nos péchés, pour les confesser et recevoir le pardon, la libération et la bénédiction de Dieu.
La semaine prochaine nous parlerons de la trilogie du carême : Jeûne, prière et aumône
Code de droit canonique, canon 1250
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