TREIZE PRETRES ET DEUX NOUVEAUX DIACRES
En ce samedi 08 aout, le diocèse de kpalime a eu la joie d’accueillir treize(13) prêtres et deux(02) diacres. L’eucharistie de circonstance qui a rassemblé une foule immense de parents, amis et bienfaiteurs, autorités civiles, administratives et traditionnelles sur la paroisse Immaculée Conception de Tsihinu fut présidée par le Pasteur du diocèse Mgr Benoit ALOWONOU auquel entourait une centaine de prêtres venus du diocèse et des diocèses voisins (visitez notre galerie pour les photos) et animée par la chorale fédérale de la dite paroisse.
En voici le sermon de circonstance:
« Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande »
Frères et Sœurs Christ,
Auditeurs et Auditrices de Radio Maria
Tous très chers à Dieu notre Père,
C’est devenu presque une habitude, dans notre Eglise de Kpalimé, de nous retrouver ensemble, le samedi qui précède le 15 aout, fête de l’Assomption de la Vierge Marie, pour célébrer le sacerdoce du Christ par les ordinations des nouveaux prêtres. Cette habitude qui n’est pas une règle absolue, ce choix d’ordonner nos prêtres la veille de la plus grande fête de la Vierge Marie, a été pris, pour permettre à nos jeunes prêtres ordonnés, d’inscrire dans leurs prémices la grande messe de l’Assomption et de confier leurs premiers jours de prêtre à la Vierge Marie, Mère de tous les prêtres car elle est la Mère du Souverain Prêtre.
Il convient, Frères et Sœurs, qu’au début de notre méditation, je me tourne vers nos futurs diacres et surtout vers nos futurs prêtres, pour les inviter à entrer dans le mystère de l’amour de Dieu qui les a choisis, à accueillir la grâce de son appel avec un cœur d’enfant de Dieu, un cœur d’enfant de la Vierge Marie et de l’Eglise.
Oui cela convient, car si nous sommes rassemblés dans cette église ce matin, c’est parce qu’un jour de leur vie ces futurs prêtres et diacres ont entendu, comme le jeune Samuel, la voix de Dieu qui les a appelés, chacun par son nom, à être à son écoute, à être de ceux qui portent sa parole.
Comme Samuel, sur le conseil du vieux Eli, ils ont eux aussi répondu à l’appel du Seigneur en disant : « me voici, Seigneur, tu m’as appelé, parle, ton serviteur écoute ». Comme Samuel auprès d’Eli, nos futurs prêtres et diacres ont appris, durant leurs années de formation, à bien discerner l’appel du Souverain Prêtre, à rester disponible à l’œuvre de l’Esprit Saint qui les a guidés et conduits jusqu’à ce jour devant l’autel du Seigneur.
Ce matin, Jésus leur réitère son appel et les accueille par ces mots : « Venez à ma suite ! Je vous appelle mes amis et vous le serez véritablement si vous faites ce que je vous commande ».
C’est cette même voix du Christ qui nous a appelés nous aussi, parents et amis, Peuple de Dieu, pour former autour d’eux ce matin une assemblée liturgique, priant et qui rend grâce à Dieu pour les merveilles que son amour ne cesse d’accomplir pour le salut des hommes à travers la prédication de la Bonne Nouvelle.
Chers Diacres et Chers futurs Diacres,
Pour vous préparer à ce grand jour d’ordination, vous vous êtes mis à l’écart pendant une semaine pour méditer sur le thème : le prêtre et le don du sacerdoce. Vous avez cherché à rencontrer personnellement Jésus de l’Evangile. Qui est ce Jésus de l’Evangile ? Y a-t-il un Jésus de l’Evangile et un Jésus qui n’est pas de l’Evangile ? NON. Il y a seul Seigneur, un seul Sauveur, le Rédempteur du monde, celui qui vous associe à son unique sacerdoce, afin que comme Lui vous offrez par Lui, avec Lui et en Lui le seul sacrifice digne de Dieu notre Père, la seule offrande que le Père aime et qui sauve le monde.
Le Jésus de l’Evangile, c’est le Jésus du grand combat contre le tentateur. C’est le Jésus de Golgotha et du calvaire. Jésus trahi par les hommes, et sauvé par Dieu. Jésus que sa sainte Mère a accompagné sur le chemin de sa Passion jusqu’au pied de la croix, devenant ainsi le modèle de tout disciple.
On ne peut pas être prêtres, un saint prêtre sans le combat pour la sainteté, car « c’est en vue de la sainteté que Dieu nous a créés » Soyez saint comme je suis saint..dit le Seigneur.
Le Saint Curé d’Ars disait « un chrétien (à plus forte raison un prêtre) doit être toujours prêt au combat. Ce sont nos combats qui nous feront gagner la sainteté et le ciel. Prenant une image militaire, il disait « Tous les soldats sont bons en garnison. C’est sur le champ de bataille que l’on fait la différence entre les courageux et les lâches »
Mais ce combat n’est pas contre la chair et le sang, il ne demande pas des forces humaines. C’est un combat contre le mal, contre le péché afin de saisir la vie éternelle, selon les mots de st Paul. Ce combat est mené avec l’armure de l’Esprit Saint qui nous a été donné. Faire ce que le Seigneur commande, demeurer dans sa parole, voilà l’armure invincible pour le combat. En effet le Christ qui a dit « sans moi vous ne pouvez rien faire, c’est Lui qui nous donne la force pour combattre le bon combat. Combats le bon combat de la foi, dit St Paul à Timothée, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins ». Cette belle confession, c’est celle que vous vous apprêtez à faire en ce jour.
Chers futurs prêtres, vous entrez aujourd’hui sur le champ de bataille du bon combat pour le salut des âmes et pour votre propre salut. Le premier ennemi à combattre dans votre vie de prêtre, c’est l’égoïsme. L’égoïsme est un péché qui fait perdre dans le comportement du prêtre, la valeur du sacerdoce. Ne perdez jamais cette valeur. Le Saint Curé disait que le prêtre est quelque chose de grand. Et il ajoute : « Si on avait la foi, on verrait Dieu caché dans le prêtre comme une lumière derrière un verre, comme le vin mêlé à l’eau. L’ordination sacerdotale élève l’homme jusqu’à Dieu et il conclu par ces mots « que le prêtre est quelque chose de grand. S’il le comprenait, il mourrait.
Comment le prêtre peut-il comprendre qu’il est quelque chose de grand ? C’est dans l’humilité. Jésus qui l’appelle à être son ami, en faisant ce qu’il commande, a choisi lui-même la voie de l’humilité pour accomplir sa mission rédemptrice. St Augustin disait : « Si vous me demandez ce qu'il faut d' abord pour être chrétien, je vous répondrai : l'humilité ; et ce qu'il faut ensuite : je vous redirai : l'humilité ; et ce qu'il faut encore : je vous répèterai l'humilité et aussi souvent que vous me poserez la question je vous ferai la même réponse ».
Le prêtre est appelé à l’humilité dans sa relation avec ceux que Dieu placera chaque jour sur son chemin : dans les paroisses, dans les œuvres, des aumôneries en un mot sur le terrain de son apostolat.
Dans l’exercice de votre mission, vous serez confrontés à des conflits, à des vexations, et c’est à cette occasion qu’il faut vous souvenir de choisir l’humilité. Les situations d’humiliations, dit Ste Bernadette sont nécessaires pour parvenir à une humilité véritable, car c'est par elles que le Seigneur brise le plus efficacement notre orgueil : « Il faut beaucoup d'humiliations, dit encore Ste Bernadette, pour obtenir un peu d'humilité ».
Chers Amis
Ne perdez donc jamais le chemin de l’humilité, ce chemin qui élève l’homme, comme l’a proclamé la Sainte Vierge Marie. « Il élève les humbles et renvoie les orgueilleux les mains vides ». N’oubliez pas dans votre vie de chaque jour que le sacerdoce ministériel, ce trésor, vous le tenez dans des vases fragiles. Votre force se trouve dans la prière, dans votre intimité avec Jésus, dans l’adoration, dans l’obéissance à l’Eglise, aux vœux prononcés le jour de votre ordination et aux engagements sacerdotaux, que sont l’engagement au célibat, à l’obéissance au Pape et à l’Evêque, la sanctification personnel et la sanctification du peuple de Dieu. Ce peuple, le Seigneur le sanctifiera par la prédication de la parole et la célébration des sacrements, spécialement les sacrements du baptême, le sacrement de la réconciliation et le sacrement de l’eucharistie.
Gardez en mémoire qu’à la base de toute vocation sacerdotale ministériel, il y a l’appel du Seigneur. On ne naît pas prêtre, on le devient par l’imposition des mains de l’Evêque.
Ne doutez jamais de l’appel de Dieu. Ne doutez jamais de l’amitié du Christ. Celui qui vous appelle est fidèle.
Enfin, le Jésus de l’Evangile que vous êtes appelés à rencontrer et à donner à vos frères et sœurs, c’est le Jésus de la joie. Le prêtre est un serviteur de la joie et un communicateur de la joie.
Cette qualité du prêtre est nécessaire aujourd’hui car le monde traverse des moments difficiles. Et si le monde traverse de moments difficiles, l’Eglise qui est dans le monde traverse des temps difficiles mais elle ne sombrera jamais car elle garde la parole du Christ : « Je vous ai dit toutes les choses afin que ma joie demeure en vous…une joie que personne ne peut vous ravir ».
Soyez chers nouveaux prêtres, des communicateurs de la Joie du Christ. La joie du Seigneur est notre rempart. Il ne suffit pas de dire au peuple paix et joie du Christ et qu’il réponde Amen alléluia. Soyez véritablement des dispensateurs de la joie du Christ à tous ceux qui vous abordent, que votre propre joie soit contagieuse.
Frères et Sœurs en Christ, chers membres des familles de ces nouveaux prêtres et Diacres, Peuple Saint de Dieu,
Nous ne le dirons jamais assez. La joie qui est la vôtre à chaque ordination sacerdotale, est une joie qui vient de votre foi car vous avez compris que par le mystère de l’ordination sacerdotale, Dieu a fait une œuvre merveilleuse. Vous avez compris que tout prêtre est au milieu vous, mais il est mis à part. Il est avec vous comme serviteur de la parole et ministre des sacrements qui vous sanctifient et le sanctifient. Les prêtres sont pour vous des dons de Dieu et vous êtes pour eux le chemin de leur sanctification.
Priez pour eux, priez pour nous, afin que nous marchions ensemble comme la Nation sainte, le Peuple rachetée, la race choisie, le sacerdoce royal. Amen
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