CONNAITRE POUR VIVRE LE CAREME : LA PRIERE

EN ROUTE VERS PÂQUES
Comme promis cette semaine nous commençons par parler de la trilogie de carême. Nous parlerons dans ce premier article, de trois qui seront consacré à ce thème, de la prière.
CONNAITRE POUR VIVRE LE CAREME : LA PRIERE
En méditant sur le passage de l’Evangile de ce deuxième dimanche de carême, au cours de son dernier angélus, Benoît XVI est revenu sur « le primat de la prière, sans laquelle tout l’engagement de l’apostolat et de la charité se réduit à de l’activisme ». Il lança alors un appel aux pèlerins rassembler place saint Pierre à donner durant le Carême « le juste temps à la prière, personnelle et communautaire, qui donne souffle à notre vie spirituelle ».
a- Qu\\\'est-ce que la prière?
Devenus enfants de Dieu par le baptême, nous pouvons l’appeler Père. Saint Paul écrit : " la preuve que vous êtes des fils, c\\\'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l\\\'Esprit de son Fils qui crie : " Abba, Père ! " (Galates, 4,6). Quelques soient les formes qu\\\'elle peut revêtir la prière nous permet de réaliser cette communion personnelle d\\\'amour de l\\\'homme avec le Dieu vivant et personnel. Dans le catéchisme de l\\\'Eglise catholique "la prière est l\\\'élévation de l\\\'âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables". Pour sainte Thérèse de l\\\'enfant Jésus la prière est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le ciel, c\\\'est un cri de reconnaissance et d\\\'amour au sein de l\\\'épreuve comme au sein de la joie. On peut retenir pour l\\\'essentiel que Prier c\\\'est se rendre attentif à Dieu, pour l\\\'écouter et pour lui parler. C\\\'en entrer en conversation avec lui comme un ami. Aussi la est –elle faite de paroles et de silence.
b) Comment prier?
Au début de toute prière, il est important de penser que Dieu est présent : Dieu est en moi, et moi en lui. Si nous sommes plusieurs en train de prier ou de réfléchir à la parole de Dieu, Jésus est parmi nous (Mat 18,20). Parce que nous ne savons pas toujours prier comme il faut, nous avons besoin de l’Esprit saint (Rom 8,26). Aussi au début de toute prière personnelle ou communautaire il est conseillé de faire appel à l\\\'Esprit. La prière comprend deux aspects principaux :
-La louange : Nous nous unissons à la prière de Jésus à son Père, dans l\\\'Esprit Saint. Nous louons Dieu, nous l\\\'adorons pour sa beauté, sa grandeur, ses perfections infinies. Nous le remercions pour tout ce qu\\\'il nous donne, et spécialement pour son amour envers nous. La louange est la première forme de prière, comme Jésus nous l\\\'a montré (Luc 10,21).
-La demande ou intercession : Nous supplions le père, comme Jésus quand il prie pour ses disciples et même pour ses ennemis (Luc 23,34). Ou bien nous demandons pardon, comme le publicain; comme Madeleine, ou bien nous demandons les biens spirituels. Il est aussi important de demander les biens matériels (cf. le Pater noster)
Notre prière doit se nourrir à la fois de la parole de Dieu et de la vie de chaque jour. Sans un regard sur la vie de nos frères, notre prière se perd dans les idées et oublie l\\\'amour du prochain avec ses exigences.

Notre prière, comme celle de Jésus, passe par des moments de sécheresse, de désert, de nuit, de souffrance. Malgré tout, il faut continuer à prier.
C- la finalité de la prière
Le but de la prière est de nous amener à vouloir ce que Dieu veut. La prière nous transforme peu à peu. Loin de nous replier sur nous-mêmes elle nous engage toujours plus loin dans l\\\'amour et le service des autres.
d- Où et quand prier?
Il y a des lieux plus spécialement réservés à la prière, ce sont les chapelles, les églises. (Is 57,7). Mais la prière n\\\'est pas liée à un lieu de culte. Pour parler à notre Père, à son Fils Jésus et à l\\\'Esprit Saint, tous les endroits sont bons: dans la rue, en classe, dans les champs… partout. (Tb 3, 12). De même, à la maison, avoir un lieu de prière nous aide à rencontrer Dieu. Pour cela on peut aménager un coin de la chambre, avec une croix une image.
On peut prier à n\\\'importe quel moment : on peut chanter à soi-même des cantiques en marchant sur la route, en préparant le repas, etc. Mais il y a des moments où la prière est plus importante. Il est bon de prier en particulier le matin et le soir, au commencement et à la fin de toute occupation, par exemple, avant de travailler, au début d\\\'une réunion… le psaume 55, 18 nous suggère que l\\\'Israélite priait trois fois par jour. Le meilleur moment pour prier, c\\\'est tôt le matin, ou tard le soir, aux heures plus tranquilles. Essaie de prier chaque jour, toujours au même moment; alors la prière fera vraiment partie de ta journée.
CELEBRER LE CAREME : Le chemin de croix
-Petite histoire du chemin de croix
Une orientation concrète de la prière tant individuelle que communautaire dans ce temps de carême est la prière du chemin de croix. Dans beaucoup de communauté paroissiale elle est organisée tous les vendredis de carême. La prière du chemin de la croix est un héritage de la tradition chrétienne du IVe Siècle qui voulait que pendant la semaine de la passion des chrétiens fassent un pèlerinage à Jérusalem et refassent symboliquement jusqu’au rocher de Golgotha le chemin de la croix du Seigneur. « Par ce pieux exercice, ils cherchaient spirituellement à s’identifier à leur Seigneur et à lui rendre grâce pour son œuvre de rédemption ».
Avec le temps la distance et les dépenses vont réduire l’enthousiasme de ce pèlerinage. Ainsi au 15 siècles les chrétiens vont imaginer la reproduction en miniature des stations de la « via crucis », dans leurs lieux de cultes et de résidence pour nourrir leur méditation de la passion. C’est à cela que nous devons notre chemin de croix contemporain dont les stations ne se précisèrent qu’aux 16 siècles avec le carme flamand Jan Pascha.
-le sens du chemin de croix
Que peut nous apporté la méditation du chemin de croix ? Assurément pas un sentimentalisme émotif. C’est l’occasion de pénétrer plus profondément le mystère de la croix, prendre la mesure de l’œuvre rédemptrice du Christ et voir l’immensité de son amour pour nous (Ap 5, 9). Nous faisons en même temps pénitence et présentons toute la souffrance de notre humanité afin qu’elle soit transfigurée. C’est un chemin de conversion où à chaque étape par les méditations qui la ponctue nous nous interrogeons et faisons la vérité sur nous-mêmes et sur notre humanité. Aussi loin d’être une exaltation de la douleur elle est chemin d’une espérance joyeuse : celle de la résurrection. Bon temps de carême et à la semaine prochaine pour parler du Jeûne.

Abbé Rodrigue Abotsi
abotsinono@yahoo.fr