Chères sœurs professes perpétuelles,
AGBODJA Adzo Essename Irène,
DJAGO Adjo Etonam Odile
SOSSOU Adjo Christine
Vous êtes nées toutes les trois un lundi, c’est pourquoi vous toutes, vous portez le nom de ADZO. Le Lundi en général c’est le dernier jour de la semaine, si le dimanche est considéré comme le premier jour pour nous chrétiens.
Aujourd’hui c’est un samedi, et non un lundi qui est considéré comme un dernier jour. Ce samedi est particulier pour nous et pour tous les chrétiens catholiques du monde entier sauf peut-être pour ceux de Rome. En effet c’est le dernier jour d’une année: l’année sainte, année de l’espérance. Demain, dimanche, fête de la sainte famille sera célébrée dans toutes les cathédrales la liturgie de la clôture de l’année jubilaire. Nous sommes donc au dernier jour de l’année sainte. Vous serez les professes perpétuelles de l’année sainte, la flamme de l’espérance.
C’est ce samedi, 27 décembre fête de saint Jean et veille de la clôture de l’année Sainte, que vous entrez définitivement dans la Famille des Sœurs de Notre Dame des Apôtres. Votre Supérieure attestera ce matin votre entrée dans la famille religieuse avec cette parole liturgique: « Vous faites définitivement partie de la famille des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres. Vous êtes responsables avec nous de son épanouissement et de l’accomplissement de sa mission dans le monde, particulièrement en Afrique. »
La famille dans laquelle vous entrez aujourd’hui n’a pas de frontières terrestres. Votre mission dépasse les limites du Togo et de l’Afrique.
Avant de vous accueillir dans la famille des Sœurs de Notre Dame des Apôtres, l’Eglise a prévu, si c’est la coutume, de mettre à votre doigt un anneau de profession avec cette parole: « Épouse du Roi Éternel, recevez cette alliance: gardez au Christ, votre Époux, une fidélité sans reproche. Il vous introduira dans la joie des noces éternelles. »
C’est très profond ce geste et ces paroles. Ils sont profonds car ils vous élèvent à une dignité très noble et très profonde. En effet comme vous le savez, nous venons de célébrer la fête de Noël. La deuxième lecture de la messe du jour de Noël nous rappelle cette parole de la lettre aux Hébreux: « Dieu n’a jamais dit à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils. Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. » Ceci pour signifier que avec le mystère de l’Incarnation, les hommes sont supérieurs aux anges.
Chères Sœurs Irène, Odile Christine, en recevant l’anneau de la profession, l’anneau de l’Epoux, rappelez-vous cette noblesse et dignité qui vous enveloppent et vous couvrent pour la mission de celui qui vous appelle et vous consacre, l’Epoux fidèle.
Chères Sœurs Élues du jour,
Votre petit nom indique un programme de projet de vie, le choix que vous avez fait de Jésus Christ comme le proclame Saint Paul dans la lettre qu’il a adressée aux Philippiens, lettre que nous venons d’écouter. Il dit « Je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage le Christ… Il s’agit pour moi de connaître le Christ. »
Votre petit nom disais-je, est un programme d’appel, de réponse et de choix: ces noms sont: Essename, Etonam et Christine. Christine du latin christianus qui signifie « disciple du Christ », autrement dit celui qui a choisi le Christ. Christine, on peut alors vous appeler Enyonam, puisque vous avez choisi le Christ comme votre trésor. Donc on peut vous appeler vous trois: Essename, Etonam et Enyonam.
L’image de ces noms renvoie au récit de l’appel du Seigneur tel que nous l’avons médité dans l’évangile que nous venons d’écouter. En effet, trois verbes d’action se trouvent à la base de toute vocation à suivre Jésus. Il en est pour vous aussi. Ces verbes sont: Écouter (Essename), Répondre (Etonam), Choisir (Enyonam).
Le récit de l’appel des premiers apôtres tel que le décrit Saint Luc a commencé par un enseignement de Jésus à la foule au bord du Lac de Génésareth. La foule dit Saint Luc se pressait autour de Jésus pour l’écouter, oui écouter (Essename). Jésus voit de loin deux barques dont l’une appartient à Simon. Il lavait son filet. Il était découragé car il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre, sans rien pêcher. Jésus fait d’abord une demande à Simon. Il lui demande de lui permettre de monter dans sa barque non pas pour lui montrer à pêcher mais à prêcher à la foule.
Jésus a besoin de l’homme fatigué qui a cherché des poissons toute la nuit sans rien trouver; il a besoin de lui pour sa mission, il a besoin de lui pour la prédication de la Bonne Nouvelle. Une fois terminé de prêcher, il lui demande d’avancer en eau profonde avec ses compagnons et de jeter les filets. Notons que Jésus n’est pas un Maître pêcheur, ni un apprenti pêcheur. Il est peut-être un charpentier, il a appris ce métier chez Joseph son Père. Simon connaît la pêche plus que Jésus. Et pourtant fatigué par le travail de la nuit et par les filets qu’il vient de laver et arranger, Simon Obéit, (vœux d’obéissance). Il dit « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre; mais sur ta parole, je vais jeter le filet. Ils capturèrent une quantité incroyable de poissons que leurs filets allaient se déchirer. La science biblique a donné un nom à cette pêche. Elle l’a appelée « La pêche miraculeuse ».
Qu’est ce qui a permis à Jésus d’accomplir ce miracle ? Une seule chose pouvons-nous dire: « l’écoute » Essename. Dans l’écoute, comme nous le voyons dans l’évangile de la pêche miraculeuse, il y a beaucoup de qualités pour une religieuse. Il y a l’obéissance, il y a la pauvreté il y a la chasteté.
C’est parce que Simon a obéi en oubliant sa propre connaissance en matière de la pêche qu’il a pris tant de poissons. Il a fait confiance à la parole de Jésus. Il a dit « sur ta parole je vais jeter le filet ».
Commentant ce passage de l’Evangile, le Pape Benoît XVI de vénéré mémoire a fait noter que, avant la pêche Simon s’adresse à Jésus en l’appelant « Maître » et après le signe il l’a appelé « Seigneur ». Il tombe aux genoux de Jésus en disant « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Jésus lui dit « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Dieu élève les petits et les humbles. Il bénit et élève ceux qui n’oublient pas que la fidélité aux vœux de l’obéissance est avant tout une disposition intérieure et extérieure quotidienne. La disposition à écouter la voix de Dieu à travers la voix des supérieurs et des autres est une source de joie. C’est parce que Simon à écouter la voix de Dieu, qu’il a obéi, c’est pour cela qu’il a rempli ses filets de poissons à tel point qu’il a appelé les autres à venir l’aider à tirer le filet et à compter la quantité incroyable de poissons. Celui qui écoute et obéi vie toujours dans l’abondance et il partage. Dans le partage, il y a la pratique des vœux de la pauvreté. Être pauvre, c’est à dire vivre pauvrement c’est partagé, c’est se séparer d’un bien pour les autres et avec les autres.
Chers frères et Sœurs en Christ et spécialement vous Chères Sœurs candidates à la profession religieuse et perpétuelle,
Tout à l’heure à l’appel de votre nom, vous avez répondu en disant « tu m’as appelé seigneur me voici » Accompagnée de vos parents vous vous êtes approchées de l’autel du Seigneur, l’autel qui symbolise la présence amoureuse du Seigneur au milieu de son peuple rassemblé pour la liturgie et spécialement la liturgie eucharistique. Votre réponse à l’appel de votre nom signifie clairement que celui qui vous appelle, c’est le Seigneur. C’est lui qui place sa confiance en vous et vous appelle à le suivre car il a besoin de vous, bien qu’il soit le tout puissant, le tout suffisant.
Vous savez pourquoi vous êtes là ce samedi habituellement consacré par l’Eglise à la dévotion populaire de la Vierge Marie. Vos parents savent pourquoi vous êtes là, vos amis que vous avez invités à cette célébration savent pourquoi vous êtes là. Malgré cette connaissance que nous avons de votre présence, la liturgie de l’Eglise voudrait que vous exprimiez publiquement et en toute liberté des enfants de Dieu votre engagement à suivre le Christ dans, la chasteté, la pauvreté et l’obéissance.
La représentante de la Supérieure Générale, vous demandera tout à l’heure de dire votre intention. Elle vous dira : « Mes sœurs, devant Dieu et son Église, en présence de vos familles, que demandez-vous à notre Institut ? » Après cette première question, cinq autres vont suivre. Ces questions concernent essentiellement votre mission, votre engagement et votre apostolat. Vous les connaissez déjà car vous les vivez déjà.
Témoigner de la charité, vivre fraternellement avec les autres, partager tout avec les autres. Dans tout cela, il n’y a rien de nouveau. Ce qui sera nouveau et qui sortira de votre cœur c’est ce que vous direz à genoux avec le cierge allumé, la flamme de l’espérance. C’est le don total de vous même à Dieu. Votre corps, votre cœur et votre poche. Le corps pour la chasteté, le cœur pour l’obéissance et la poche pour la pauvreté. Aucun des trois vœux n’est possible sans les deux autres.
La chasteté du corps n’est pas possible sans l’obéissance et la pauvreté.
L’obéissance dont le cœur est le symbole n’est pas possible sans la chasteté et la pauvreté.
La pauvreté n’est pas possible sans l’obéissance et la chasteté.
La profession perpétuelle disait un évêque est un joli château construit sur trois poteaux. Le château tient bon quand les trois poteaux sont ensemble et solidaires.
Chers Sœurs Irène Essename, Odile Etonam, Christine Enyonam, à la suite de votre Père Fondateur le Père PLANQUE, restées unies et vous ferez mieux l’œuvre de Dieu.
Que l’Esprit de famille, l’union et la concorde mutuelle règnent entre vous et toutes les Sœurs de Notre Dame des Apôtres.
Amen !