Ne craignez pas ! Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Frères et Sœurs en Christ,
Chaque année, la liturgie de Noël nous rassemble dans la nuit pour nous faire contempler le visage de Dieu qui brille dans le visage d’un enfant, l’enfant né de la Vierge-Marie, à Bethléem.
Cet évènement a eu lieu dans la nuit, comme une lumière au milieu des ténèbres. Pour les Bergers qui gardaient leurs troupeaux, le Ciel s’est ouvert : « L’ange du Seigneur se présenta devant les Bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. »
Dieu a voulu venir dans la nuit du monde marqué par le péché depuis Adam. Il est venu comme une grande lumière dans la nuit du péché et de la mort. Dans la crèche de Bethléem s’accomplit un mystère, un très grand, disaient les Pères de l’Eglise: le ciel est venu sur la terre, le ciel et la terre se rejoignent. De la crèche émane une lumière pour toute la terre, pour tous les hommes et pour les hommes de tous les temps.
Le message de Noël, annoncé cette nuit, porte un enseignement particulier : « Dieu vient chasser la peur ». En effet le message de la nuit de Noël est un message qui vient chasser la peur dans le cœur des bergers et aussi, dans le cœur de tous ceux qui, de générations en générations, écouteront ce message.
D’abord, les premiers mots des anges aux bergers sont : « ne craignez pas ! »
Oui, Dieu vient ôter la peur, il vient consoler son peuple, car la peur est présente dans la vie de l’homme, depuis que le péché originel l’a séparé de Dieu.
En effet, depuis le jour où le péché est entré dans le monde, la peur est aussi entrée dans le cœur de l’homme. Voyons Adam et Eve, lorsqu’ils ont péché, ils se sont cachés; Adam dit à Dieu: « j’ai eu peur et je me suis caché ».
La peur est la réaction de l’homme qui compte sur lui-même au lieu de se laisser conduire par Dieu. C’est pourquoi lorsque Dieu veut confier une mission importante ou lorsqu’il veut se révéler à l’homme, il le rassure en lui disant : « ne crains pas ! ». Cela veut dire, tu n’es pas seul ! Je suis l’Emmanuel Dieu avec toi, tu peux tout en celui qui te donne la force. L’Enfant Jésus, né de la Vierge Marie, est Dieu-avec-nous. Il est avec nous pour que nous surmontions nos peurs et pour que nous soyons les témoins de sa présence.
À l’Annonciation, l’ange dit à la Vierge Marie. « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. »
De même, à Joseph qui a eu peur et qui voudrait répudier Marie en secret, le Seigneur a envoyé son ange lui dire : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. »
Cependant, Frères et Sœurs, quand nous regardons notre monde aujourd’hui, que voyons-nous ? La guerre et de la violence. Elles sont présentes tous les jours sur nos télévisions. Nos écrans de téléphone nous envoient des images de victimes d’attentats et de déplacements de pauvres gens, des agressions gratuites. De même, lorsque nous pensons à notre propre vie, aux événements autour de nous: ils sont sources de peur au quotidien. C’est pourquoi la promesse de la joie de cette nuit, semble loin d’être réalisée, comme il semble loin, ce que le prophète Isaïe a annoncé dans la première lecture de cette nuit :« Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse:
Pourtant, Dieu ne cesse de nous dire de ne pas regarder nos peurs et nos raisons d’avoir peur, mais de croire en sa Parole, de croire qu’il est l’Emmanuel, et d’être à notre tour, des artisans d’un monde où la peur n’aura plus sa place; d’être des hommes de bonne volonté, car la paix venue du ciel est pour les hommes de bonne volonté. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté »
Pour que la joie de Noël chasse la peur, il nous faut, nous laisser transformer par l’Enfant de Bethléem, car nous n’avons pas reçu un esprit de crainte, mais un esprit de force qui renouvelle toutes choses dans le Christ, un esprit qui fait de nous les enfants de Dieu, ceux qui appellent Dieu » Abba » Père !
« Un enfant nous est né, un fils nous est donné ! »
Frères et Sœurs,
Jésus ne vient pas seulement nous montrer le chemin vers le ciel ou nous l’enseigner, Il se fait lui-même le chemin. Il est le chemin. Le regretté pape Benoît XVI disait que le Royaume de Dieu qui est venu jusqu’à nous cette nuit, n’est pas de ce monde, et pourtant c’est un Royaume capable de changer ce monde, parce que l’enfant qui est né cette nuit, a le pouvoir de changer les cœurs, de changer les esprits et de fortifier les volontés. C’est pourquoi, le message de Bethléem nous appelle à être des témoins du triomphe de l’amour de Dieu sur la haine, l’égoïsme, et l’indifférence.
Oui, frères et Sœurs, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.
Aujourd’hui, dans la ville de David, dans votre famille, dans votre maison, dans votre paroisse, est né un enfant son nom est Emmanuel. Dieu est avec nous.
Amen.