Bien-aimés dans le Seigneur,
Nous voici au deuxième dimanche du Temps de l’Avent, temps de préparation et d’éveil à l’avènement du Seigneur. En ce dimanche, l’Eglise nous fait méditer en première lecture le livre du prophète Isaïe qui annonce la venue du Messie qui sera de la descendance de David. Saint Paul dans la deuxième lecture, nous invite à glorifier le Seigneur et à nous accueillir les uns les autres comme le Christ l’a fait pour nous. Dans l’évangile, Jean-Baptiste nous invite à la conversion qui nous fera porter de bons fruits. Je vais articuler ma méditation sur trois points :
- Le Messie, homme de justice
Le prophète Isaïe annonce dans la première lecture l’avènement du Messie. Ce Messie sera de la souche de Jessé, le père de David. Ce qui nous montre l’origine humaine du Christ. Le Christ qui est venu est pleinement homme et descendant de David. Isaïe qualifie le Messie comme « un rameau qui sortira de la souche de Jessé ». En effet, une souche, c’est ce qui reste quand un arbre est coupé. C’est l’image de l’échec, de la mort. Avec le péché originel, la relation d’amour entre Dieu et l’homme a été coupée. C’est l’échec d’une alliance. Mais avec le Christ, Dieu fait naître une lueur d’espoir. Jésus est l’aube nouvelle, source de rédemption dans notre nuit de péché. Avec lui, Dieu renouvelle son amour pour l’homme et œuvre pour son salut. Sur lui, le Messie, reposera « l’esprit du Seigneur », et cet esprit lui confère les vertus de ses grands ancêtres : la sagesse et l’intelligence de Salomon, la prudence et la force de David, la connaissance et la crainte du Seigneur des patriarches et des prophètes.
Habité par toutes ces vertus, le Messie « ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs » mais « il jugera les petits avec justice ». La justice ou le jugement du Christ n’est pas une vengeance mais la défense des petits. Cette attitude du Sauveur que nous attendons doit nous interpeler aujourd’hui. Notre société d’aujourd’hui cultive un esprit de jugement hâtif et basé sur les « on dit ». Nous avons tendance à juger nos frères et sœurs sur ce que nous écoutons sur eux sans vraiment chercher la vérité. Nous sommes invités avant Noël, frères et sœurs, à nous revêtir de cet esprit de justice du Messie. Accueillir le Christ, c’est accepter changer nos lunettes de jugement hâtif pour voir les autres comme Dieu les voit, avec amour, sans jugement ni condamnation.
- Le Messie, source de paix et de réconciliation
Toujours dans la première lecture, le prophète nous dresse un tableau qui peut nous sembler utopique : le loup qui cohabite avec l’agneau, l’enfant qui s’amuse avec le serpent, un lion herbivore comme le bœuf. Par ce tableau, le prophète nous annonce ce que sera l’ère messianique qui doit être un retour au paradis perdu par nos premiers parents par leur révolte contre Dieu. Cette révolte a brisé l’harmonie qui existait entre l’homme et la nature. Mais le Messie qui vient, apporte le pardon des péchés, la réconciliation avec Dieu, une ère de paix. La nouvelle alliance est une alliance de paix et le royaume établit par le Christ est celui de la paix.
Nous sommes invités en nous préparant pour Noël à devenir des artisans de cette paix. Notre monde aujourd’hui est rempli de conflits et de guerres. Œuvrons, chacun là où nous sommes, pour qu’il y règne la paix. Cette paix aussi nous en avons besoin pour nos cœurs. Sommes-nous en colère contre quelqu’un ? Pardonnons-le. Avons-nous de la haine contre un frère ? Réconcilions-nous. C’est le temps favorable pour faire la paix dans nos familles, dans nos différents lieux de travail et préparer nos cœurs pour accueillir le prince de la paix.
- Une urgence de conversion
Dans l’évangile, Jean-Baptiste nous invite à la conversion : « convertissez-vous car le royaume de Dieu est proche. » La conversion est un changement de comportements, de vie, un renoncement au péché, un repentir. C’est un travail concret par lequel l’homme retourne vers Dieu et s’engage dans une vie nouvelle. Cette vie nouvelle nous invite à préparer le chemin du Seigneur et à rendre droit ses sentiers. La conversion ne doit pas seulement se limiter à des mots mais elle doit être visible dans nos actions.
Frères et sœurs,
Le temps de l’Avent est un moment propice pour vérifier la cohérence entre notre foi et notre manière de vivre. Rendons droit les sentiers de notre vie en abaissant nos montagnes d’orgueil et de jalousie, aplanissons nos ravins de manque de foi et de persévérance, détournons-nous de ce qui n’est pas digne de Dieu et engageons-nous sur le chemin de l’amour. Ainsi quand le Messie viendra il trouvera nos cœurs prêts à l’accueillir.
Que le Seigneur nous donne la grâce d’être des hommes et femmes de paix pour construire un monde nouveau où règnent l’amour et la concorde. Qu’il touche nos cœurs pour une conversion authentique et que nous portons de bons fruits pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen !