Bien-aimés de Dieu,
Après avoir fêté le dimanche dernier le baptême de notre Seigneur Jésus, nous voici aujourd’hui au deuxième dimanche du Temps Ordinaire A.
Dans l’évangile proposé à notre méditation en ce dimanche, nous voyons Jean Baptiste rendre témoigne au Christ et le désigner comme “l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde”. Le titre d’agneau se retrouve dans certains passages de la Bible et peuvent nous aider à comprendre ce que Jean révèle sur Jésus en lui attribuant ce titre. D’abord dans le livre de l’Exode nous voyons que c’est le sang de l’Agneau que les Israélites avaient mis sur leurs portes qui les a sauvés de la mort quand l’ange de Dieu devrait passer pour tuer les Égyptiens dans la nuit de la libération (Exode 12). Ensuite nous nous souvenons du sacrifice d’Abraham. Quand son fils Isaac lui demandait où est l’agneau pour le sacrifice, il lui répondit : “Dieu saura trouver lui-même l’agneau pour le sacrifice (Gn 22, 8). Enfin nous avons Is 53 où le prophète décrit un serviteur souffrant, un serviteur de Dieu qui est comme un “agneau qu’on conduit à l’abattoir et qui n’ouvre pas la bouche”. Ainsi de ces trois versets nous comprenons qu’en désignant Jésus comme l’Agneau, Jean Baptiste annonce que c’est lui, le Christ, qui sauvera le monde en lui ôtant le mal qui l’opprimait. Il est le libérateur de l’humanité pécheresse. Oui, Jésus est venu pour nous sauver. Il s’est montré solidaire à notre humanité en prenant sur lui nos péchés. Cet Agneau, c’est Dieu même qui l’offre et il s’offre lui-même par amour. Jésus lui-même le déclare : “Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs” (Mc 2, 17). C’est pour nous frères et sœurs que le Christ, le Fils de Dieu est descendu sur la terre pour libérer notre humanité de l’esclavage du péché. Dieu dans son grand amour a voulu libérer notre humanité déchue en envoyant son Fils en victime pour nos péchés. Et cette œuvre merveilleuse il l’a accompli en donnant sa vie sur la croix. En Jésus nous avons, comme nous l’enseigne Saint Paul, le rachat, le pardon des péchés. Alors ayons cette assurance aucun péché n’est plus grand que Dieu. Il a pris sur lui notre faiblesse. Quel que soit le poids de nos fautes, tournons-nous vers lui et faisons confiance à sa grâce qui pardonne.
Mais si le Christ par son sacrifice sur la croix a effacé nos fautes nous rendant ainsi digne, pourquoi remarquons-nous encore aujourd’hui le péché dans nos vies ? Le Christ n’est pas venu faire disparaitre le péché sous toutes ces formes comme par magie. Mais il nous apporte cette possibilité de nous libérer de son emprise. Ainsi pour y parvenir, nous devons nous greffer au Christ comme les sarments à la vigne et nous laisser guider par son Esprit Saint qui est en nous.
Pour Saint Jean, le péché est d’abord le refus de croire en Jésus, lui qui est lumière, pour vivre dans les ténèbres. Ainsi nous pouvons dire que notre monde d’aujourd’hui porte en lui un péché: celui du refus du message du Christ et de se laisser transformer par cette Bonne Nouvelle. Notre société d’aujourd’hui n’est pas structurée selon l’évangile. Elle préfère vivre dans l’obscurité que de venir à la lumière. Les pauvres sont marginalisés et écrasés par les puissants, l’on dépense beaucoup de sommes pour s’armer mais dans nos hôpitaux meurent beaucoup de malades fautes de recevoir un traitement efficace et bien d’autres choses encore qui plongent le cœur des hommes dans l’obscurité. Nous qui sommes enfants de Dieu libérés par le Christ, devrons être interpellés par ce refus du Christ et de son message et œuvrer pour amener la lumière aux cœurs.
Frères et sœurs, rendons grâce à Dieu et à son Fils pour l’œuvre d’amour accompli pour nous et restons greffés à lui pour ne plus être sous l’emprise du péché et prions pour notre monde pour qu’il puisse être imprégnée par la Bonne Nouvelle, rejetant loin le mal pour que nous puissions tous vivre en enfants de Dieu libéré de l’esclavage du péché et citoyen du ciel où Dieu nous attend. Amen !