Frères et sœurs en Christ,
Bien-aimés de Dieu,
Nous voici rassemblés aujourd’hui, cinquième dimanche du temps de carême, pour écouter encore le Seigneur nous parler et nous nourrir par sa parole. Après s’être révélé comme source d’eau vive et lumière du monde, aujourd’hui le Christ nous dit qu’il est la résurrection et la vie. Je vais porter ma méditation sur trois points :
- La foi, gage de notre résurrection
Le Christ dit dans l’évangile : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jn 11 ; 25). Jésus nous donne ici la clé qui nous fera entrer dans la vie éternelle : c’est la foi en lui qui est la résurrection et la vie. Le but de la résurrection de Lazare était de susciter cette foi et montrer que la mort n’est pas une réalité définitive pour ceux qui croient en lui. La résurrection de Lazare est une préfiguration de la grande résurrection que le Christ accomplira lui-même dans la nuit de Pâques. En ressuscitant ce dernier, le Christ anticipe et manifeste la puissance qu’il exercera sur la mort, c’est le signe de la victoire définitive qu’il nous promet. Ce qu’il nous demande, c’est de croire seulement en lui qui a vaincu la mort nous garantissant ainsi la libération du pouvoir de la mort. Quand notre âme sera séparée de notre corps mortel, c’est la foi qui sera sa vie.
Pour nous chrétiens, la mort ne doit pas être perçue comme la fin ultime. Pour nous qui croyons au Christ, elle est la porte par laquelle nous verrons la gloire de Dieu. Comme le Christ nous le demande ayons foi en lui. C’est lui qui est notre résurrection, en lui nous avons vaincu la mort. Il ne laissera pas ceux qui ont mis leur foi en lui au pouvoir de la mort mais les rachètera pour la vie éternelle. Demandons, frères et sœurs, au Seigneur de faire grandir en nous chaque jour cette confiance et cette foi en lui qui est notre résurrection et notre vie.
- Esprit Saint, principe de vie.
Saint Paul dans la deuxième lecture affirme ceci : « Et si l’esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». Ici, Saint Paul nous fait entrevoir cette espérance que, nous aussi, nous ressusciterons au dernier jour puisque l’Esprit du Christ Ressuscité habite en nous. La résurrection de nos corps mortels est une réalité que l’Esprit du Christ nous garantit. C’est pour cette raison qu’il nous invite à vivre sous l’emprise de l’Esprit et non celle de la chair. Vivre sous l’emprise de l’Esprit, c’est fuir le péché et le mal en cherchant partout et en tout à faire la volonté de Dieu. C’est ainsi que notre foi en Jésus se manifestera. Nous ne pouvons pas dire que nous croyons en Jésus sans nous laisser conduire par son Esprit. C’est lui qui est notre vie de chrétien sur la terre et aussi gage de notre vie future si nous sommes dociles à sa voix.
- Jésus au milieu de nos souffrances
Nous voyons Jésus, dans l’évangile, être saisi d’émotion et même pleurer devant la mort de son ami Lazare et devant les pleurs de Marie et Marthe ainsi que des juifs qui étaient présents. Ceci révèle l’empathie profonde de Jésus pour la souffrance de ses amis et pour la condition humaine. Dieu n’est jamais indifférent à nos peines et pleurs mais plutôt c’est lui-même qui pleure et souffre avec nous. Quel que soit ce que nous traversons n’oublions pas que Dieu est présent, il porte nos souffrances et nous réconforte. Comme à Béthanie, le Christ est là et compatit à nos douleurs.
Puisqu’il est avec nous, bien-aimés, n’oublions pas de lui confier aussi nos différents tombeaux et les liens qui nous y retiennent. Confions-lui les lieux où nous sommes morts que ce soit dans notre vie de foi, de charité ou d’espérance. Demandons-lui de nous délier des liens du péché durant ces jours qui restent pour Pâques afin que nous puissions ressusciter avec lui pour avoir part à la vie éternelle et contempler sa gloire, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles ! Amen.