Homélie de Monseigneur
« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. »
Frères et Sœurs en Christ,
Chaque année, pour célébrer la solennité de l’Assomption, l’Eglise nous fait voir, contempler et méditer, un beau passage du livre de l’apocalypse, le dernier livre des Écritures.
Ce passage nous présente une scène qui se passe non pas sur la terre mais dans les cieux. L’auteur donne des précisions sur le lieu et les acteurs. Le lieu, c’est le sanctuaire: « Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit » et La femme est habillée d’un vêtement unique en son genre, un vêtement que seul le créateur de toute chose, le maître de la création peut confectionner. En effet, la femme a « le soleil pour manteau, la lune sous les pieds comme chaussures, et une couronne de douze étoiles sur la tête. »
La femme est enceinte, elle crie de douleurs, les douleurs de l’enfantement. Voilà la première partie de la scène. Et l’auteur continue à décrire la suite: un autre signe apparut dans le ciel. Cette fois ci, il s’agit d’un grand dragon, rouge feu. Sa queue est plus qu’une arme destructrice. Elle entraîne des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. Ce Dragon cherchant quoi détruire et dévorer, vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin d’avaler son enfant dès sa naissance.
Les Pères de l’Eglise, nos pères dans la foi et beaucoup d’auteurs spirituels, ont comparé cette femme, sur le point d’enfanter devant l’ennemi, le dragon Rouge feu, à l’Eglise qui, chaque jour à travers le sacrement de la renaissance, le baptême donne naissance aux nouveaux nés.
C’est pourquoi avant de baptiser un enfant ou un adulte il est demandé aux parents biologiques ou au parrain et marraine de confesser leur foi et de renier publiquement les ruses du dragon, le diable, l’ennemi de Dieu, ennemi de l’Eglise et des enfants de l’Eglise.
La souffrance de la femme symbolise la douleur, les tribulations de l’Eglise dans sa marche dans le temps, depuis le mystère de l’incarnation jusqu’au retour du Christ. « Soyez forts, soyez sobres : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. » (1 Pierre 5, 7-9)
En réalité, l’auteur du livre de l’Apocalypse, ne nous décrit pas la scène biblique de l’Assomption de la Vierge Marie. L’Assomption nous dit que Marie est élevée dans la gloire de son fils où elle règne pour toujours dans le cortège des anges et des saints.
L’auteur ne nous raconte pas cette vérité de foi. Mais en annonçant ce qu’il a vu, il a donné le signe sur lequel l’Eglise s’appuie pour instituer la solennité de ce jour. En effet, dit-il : « le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire. »
Saint Jean annonce qu’il a vu apparaître dans les cieux, le premier et l’unique tabernacle vivant, le corps de la jeune fille de Sion, l’arche Alliance qui a dit oui à Dieu pour accueillir le Verbe, la Parole de Dieu.
Elle est reçue dans la gloire de son fils et une voix annonce sa victoire. Oui une voix forte, qui proclame : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire. »
Frères et Sœurs en Christ,
Fêter l’Assomption de la Vierge Marie, c’est célébrer dans la joie, avec Jésus et les anges, l’arrivée dans le ciel du corps oui, le corps et l’âme de la femme qui a porté dans son sein le Corps et le sang de Jésus.
Que c’est grand, qu’il est merveilleux ce jour où l’Eglise célèbre, et se souvient du jour où une femme, une mère Marie est reçue avec son corps dans la gloire du ciel.
Frères et sœurs,
Ce jour est le jour choisi par notre paroisse pour la première communion de ses enfants. Ils sont au nombre de 45 à recevoir le Corps de Jésus, à se nourrir pour la première fois du Pain vivant descendu du ciel pour la vie éternelle.
Chers fils et filles, chers enfants, pendant trois années, vous avez appris à aimer le Christ qui vous a aimés le premier. Vous avez appris à connaître le grand mystère de la foi, l’eucharistie; c’est Jésus lui-même qui vient se donner à vous comme l’Ami qui se donne en nourriture, comme l’amour qui se donne selon sa promesse.
Soyez dans la joie, dans la joie comme Elizabeth. Elle a reçu Marie et Jésus dans sa maison. Vous avez entendu dans l’évangile comment elle a exprimé sa joie d’accueillir, Marie, le tabernacle vivant qui porte Jésus, dans sa maison « quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Oui, nous aussi, en cette solennité de l’Assomption, nous nous tournons vers la Vierge Marie et nous proclamons : Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de tes entrailles est béni.