DIOCESE DE KPALIME
DÉCISION-NOMINATION- 2020- 2021  *Thème de l'année pastorale 2019-2020 : Marchons à la suite du christ: adorons-le, annonçons-le louons-le  *Suivez nous sur notre page facebook  *Mgr ALOWONOU souhaite une fructueuse année pastorale à tous les ouvriers de la moisson dans le Diocèse de Kpalimé.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DU TOGO - 2021

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THÈME DE L'ANNÉE PASTORALE 2019-2020
MARCHONS À LA SUITE DU CHRIST: ADORONS-LE, ANNONÇONS-LE LOUONS-LE
PRIÈRE POUR LE JUBILÉ D’ARGENT DU DIOCÈSE DE KPALIMÉ
Dieu notre Père, nous te rendons grâce et nous te bénissons pour notre Église diocésaine, ta sainte famille que tu as rassemblée chez nous à Kpalimé, voici 25 ans.
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SANCTUAIRE MARIAL
Prière pour l'avènement du Sanctuaire de Notre Dame de la confiance dans notre Diocèse.
ANNUAIRE DIOCESAIN 2020-2021
Actualités : « LA CONVERSION PASTORALE DE LA COMMUNAUTE PAROISSIALE AU SERVICE DE LA MISSION EVANGELISATRICE DE L’EGLISE »

INSTRUCTION DE LA CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ
Instruction de la congrégation pour le clergé du 29 juin : « LA CONVERSION PASTORALE DE LA COMMUNAUTE PAROISSIALE AU SERVICE DE LA MISSION EVANGELISATRICE DE L’EGLISE », publiée le 20 juillet 2020.


Introduction
1. La réflexion ecclésiologique du Concile Vatican II et les importants changements sociaux-culturels des dernières décennies ont amené diverses Eglises particulières à réorganiser la manière de confier la charge pastorale des communautés paroissiales. Cela a permis de lancer des expériences nouvelles, qui mettent en valeur la dimension de la communion et qui mettent en œuvre, sous la conduite des pasteurs, une synthèse harmonieuse de charismes et de vocations au service de l’annonce de l’Evangile, qui corresponde mieux aux exigences actuelles de l’évangélisation.
Au début de son ministère, le Pape François a rappelé l’importance de la « créativité », qui signifie « chercher des voies nouvelles », c’est-à-dire « chercher le moyen d’annoncer l’Evangile » ; sur ce point, a conclu le Saint Père, « l’Eglise, et aussi le Code de Droit Canonique, nous offre tant et tant de possibilités et de libertés pour chercher ces choses »[1].
2. Les situations décrites par cette Instruction représentent une occasion précieuse de conversion pastorale comprise dans son sens missionnaire. Elles constituent en effet une invitation aux communautés paroissiales à sortir d’elles-mêmes, en offrant des outils pour une réforme, également structurelle, qui tend à promouvoir un style de communion et de collaboration, de rencontre et de proximité, de miséricorde et de sollicitude en vue de l’annonce de l’Evangile.
I. La conversion pastorale
3. La conversion pastorale est un des thèmes fondamentaux de la “nouvelle étape de l’évangélisation” [2] que l’Eglise est appelée aujourd’hui à promouvoir, afin que les communautés chrétiennes soient toujours plus des centres qui favorisent la rencontre avec le Christ.
Dans cet esprit, le Saint Père a suggéré : « Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus nous répète sans arrêt : “Donnez-leur vous-mêmes à manger” (Mc 6, 37) »[3].
4. Poussée par cette sainte inquiétude, l’Eglise « fidèle à sa propre tradition et tout à la fois consciente de l’universalité de sa mission, peut entrer en communion avec les diverses formes de culture ; d’où l’enrichissement qui en résulte pour elle-même et pour les différentes cultures » [4]. De fait, la rencontre féconde et créatrice entre l’Evangile et la culture amène à un véritable progrès : d’une part la Parole de Dieu s’incarne dans l’histoire des hommes en la renouvelant ; d’autre part, « l’Eglise peut être enrichie, et elle l’est effectivement, par le développement de la vie sociale »[5], ce qui lui permet de mieux saisir la mission que le Christ lui a confiée, afin de mieux l’expliciter dans le temps où elle vit.
5. L’Eglise annonce que le Verbe « s’est fait chair et a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Cette Parole de Dieu, qui aime demeurer parmi les hommes, dans son inépuisable richesse[6], a été accueillie dans le monde entier par des peuples divers, dont elle a promu les plus nobles aspirations, parmi lesquelles, le désir de Dieu, le dignité de la vie de chaque personne, l’égalité entre les hommes et le respect des différences dans l’unique famille humaine, le dialogue comme moyen de participation, la soif de paix, l’accueil comme expression de fraternité et de solidarité, la protection responsable de la création [7].
Il est par conséquent impensable qu’une telle nouveauté, dont la diffusion jusqu’aux confins de la terre n’est pas encore achevée, s’affaiblisse ou, pire, s’épuise [8]. Pour que la Parole poursuive sa route, il faut que les communautés chrétiennes fassent un choix clairement missionnaire, « capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation » [9].
II. La paroisse dans le contexte actuel
6. Une telle conversion missionnaire qui, bien sûr, conduit également à une réforme des structures, touche de manière particulière la paroisse, comme communauté convoquée autour de la Table de la Parole et de l’Eucharistie. La paroisse possède une longue histoire et a eu dès le départ un rôle fondamental dans la vie des chrétiens, dans la croissance de l’Eglise et dans son activité pastorale ; on peut déjà en entrevoir une première intuition dans les écrits de saint Paul. Quelques textes pauliniens, en effet, révèlent la constitution de petites communautés qui, comme églises domestiques, sont simplement désignées par l’Apôtre avec le mot “maison” (cf., par exemple, Rm 16, 3-5 ; 1 Co 16, 19-20 ; Ph 4, 22). Avec ces “maisons”, on peut découvrir la naissance des premières “paroisses”.
7. Depuis son apparition, la paroisse se présente donc comme réponse à une exigence pastorale précise, rendre l’Evangile proche du Peuple, par l’annonce de la foi et la célébration des sacrements. L’étymologie du terme lui-même permet de comprendre le sens de l’institution : la paroisse est une maison au milieu des maisons[10] et répond à la logique de l’Incarnation du Christ Jésus, vivant et agissant dans la communauté humaine. Visiblement représentée par l’édifice du culte, elle est ainsi le signe de la présence permanente du Seigneur Ressuscité au milieu de son Peuple.
8. Cependant, la configuration territoriale de la paroisse est appelée aujourd’hui à tenir compte d’une caractéristique particulière du monde actuel où la mobilité accrue et la culture digitale ont repoussé les frontières de l’existence. De fait, d’une part, la vie des personnes, qui se déroule plutôt dans “un village global et pluriel”, correspond de moins en moins à un contexte défini et immuable ; d’autre part, la culture digitale a modifié de manière irréversible la perception de l’espace, tout comme le langage et le comportement des personnes, spécialement des jeunes générations.
Il est par ailleurs facile d’imaginer que le développement constant de la technologie modifiera en conséquence le mode de pensée et la compréhension que l’homme aura de lui-même et de la vie sociale. La rapidité des changements, le rapprochement des modèles culturels, la facilité des déplacements et la rapidité des communications, sont en train de transformer la perception de l’espace et du temps.
9. Comme communauté vivante de croyants, la paroisse s’insère dans ce contexte où le lien avec le territoire tend à être de moins en moins perçu, où les lieux d’appartenance deviennent multiples, où les relations interpersonnelles risquent de se diluer dans le monde virtuel, sans engagement ni responsabilité des personnes à l’égard de leur propre contexte relationnel.
10. On perçoit aujourd’hui que de tels changements culturels et l’évolution du rapport au territoire promeuvent dans l’Eglise, grâce à la présence de l’Esprit Saint, un nouveau discernement communautaire, « qui consiste à regarder la réalité avec les yeux de Dieu, dans l’optique de l’unité et de la communion »[11]. Il est donc urgent d’entrainer tout le Peuple de Dieu à accueillir l’invitation de l’Esprit pour mettre en œuvre des processus de “rajeunissement” du visage de l’Eglise.
III. L’importance de la paroisse aujourd’hui
11. A la lumière d’un tel discernement, la paroisse est appelée à saisir les signes des temps pour adapter le service qu’elle doit rendre aux exigences des fidèles et aux changements historiques. Il faut renouveler un dynamisme qui permette, à la lumière des textes du Concile Vatican II et du Magistère successif, de redécouvrir la vocation de chaque baptisé à être disciple de Jésus et missionnaire de l’Evangile.
12. Les Pères conciliaires, en effet, écrivaient avec clairvoyance : « Le soin des âmes doit être pénétré d’esprit missionnaire » [12]. En continuité avec un tel enseignement, saint Jean-Paul II a précisé : « La paroisse doit être perfectionnée et intégrée dans beaucoup d’autres formes, mais elle reste toujours un organisme indispensable de première importance dans les structures visibles de l’Eglise » pour « faire de l’évangélisation le pivot de toute action pastorale, en tant qu’exigence prioritaire, prééminente et privilégiée »[13]. Benoît XVI a ensuite enseigné que « la paroisse est un phare qui fait rayonner la lumière de la foi et qui vient ainsi à la rencontre des désirs les plus profonds et vrais du cœur de l’homme, donnant une signification et de l’espérance à la vie des personnes et des familles »[14]. Enfin, le Pape François rappelle que« à travers toutes ses activités, la paroisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents de l’évangélisation »[15].
13. Pour promouvoir le caractère central de la présence missionnaire de la communauté chrétienne dans le monde[16], il est important de repenser non seulement une nouvelle expérience paroissiale, mais aussi, à l’intérieur de la paroisse, le ministère et la mission des prêtres qui, avec les laïcs, doivent être “sel et lumière du monde” (cf. Mt 5, 13-14), “lampe sur le lampadaire” (cf. Mc 4, 21), en présentant le visage d’une communauté évangélisatrice capable d’une authentique lecture des signes des temps, qui donne un témoignage cohérent de vie évangélique.
14. Précisément à partir de la considération des signes des temps, il est également nécessaire, à l’écoute de l’Esprit Saint, de créer de nouveaux signes : n’étant plus comme autrefois le lieu normal du rassemblement et de la sociabilité, la paroisse est appelée à trouver d’autres modalités de proximité par rapport aux activités habituelles. Une telle tâche ne constitue pas un poids qu’il faudrait subir, mais un défi à accueillir avec enthousiasme.
15. Les disciples du Seigneur, à la suite de leur Maître et à l’école des Saints et des pasteurs, ont appris, parfois par des expériences douloureuses, à savoir attendre les temps et les modes de Dieu, à renouveler leur certitude qu’Il est toujours présent jusqu’à la fin des temps, et que l’Esprit Saint – cœur qui diffuse la vie de l’Eglise – rassemble les fils de Dieu dispersés dans le monde. C’est pourquoi la communauté chrétienne ne doit pas avoir peur de lancer des processus et de les accompagner dans un territoire où cohabitent des cultures diverses, dans la certitude confiante que, pour les disciples du Christ, « il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » [17].
IV. La mission, critère pour le renouveau
16. Dans les transformations qu’elle met en œuvre, il arrive que la paroisse n’arrive pas, malgré son investissement généreux, à correspondre de manière adéquate aux multiples attentes des fidèles, en particulier quand on considère les nombreuses formes de communauté[18]. Il est vrai qu’une des caractéristiques de la paroisse est son enracinement là où les personnes vivent quotidiennement. Mais, spécialement aujourd’hui, le territoire n’est plus seulement un espace géographique délimité, mais un contexte où chacun vit sa propre vie, faite de relations, de service réciproque et de traditions anciennes. C’est dans ce “territoire existentiel” que l’Eglise doit relever son défi au milieu de la communauté. Semble donc révolue une pastorale qui maintiendrait son champ d’action uniquement à l’intérieur des limites territoriales de la paroisse, alors que bien souvent les paroissiens eux-mêmes ne comprennent plus cette modalité, davantage marquée par la nostalgie du passé qu’inspirée par l’audace qui envisage l’avenir[19]. D’autre part, il est bon de préciser que, sur le plan canonique, le principe territorial reste pleinement en vigueur quand il est requis par le droit [20].
17. En outre, la simple répétition d’activités qui n’ont aucune incidence sur la vie des personnes concrètes, n’est qu’une tentative stérile de survivance, souvent reçue dans l’indifférence générale. Si elle ne vit pas du dynamisme spirituel propre à l’évangélisation, mais propose des expériences désormais privées de saveur évangélique et de mordant missionnaire, ou seulement destinées à des petits groupes, la paroisse court le risque de devenir autoréférentielle et de se scléroser.
18. Le renouveau de l’évangélisation requière de nouvelles attentions et des propositions diversifiées, afin que la Parole de Dieu et la vie sacramentelle puissent rejoindre tout le monde, selon une manière qui soit cohérente avec l’état de vie de chacun. En effet, l’appartenance ecclésiale fait aujourd’hui de plus en plus abstraction des lieux de naissance et de croissance des membres, et s’oriente plutôt vers une communauté d’adoption [21], où les fidèles font, de fait, une expérience plus large du Peuple de Dieu, d’un corps qui s’articule selon de nombreux membres, où chacun opère pour le bien de tout l’organisme (cf. 1 Co 12, 12-27).
19. Au-delà des lieux et des raisons d’appartenance, la communauté paroissiale est le contexte humain où se réalise l’œuvre évangélisatrice de l’Eglise, où se célèbrent les sacrements et où se vit la charité, dans un dynamisme missionnaire qui – en plus d’être un élément intrinsèque de l’action pastorale – devient un critère pour vérifier son authenticité. A notre époque qui est parfois caractérisée par des situations de marginalisation et de solitude, la communauté paroissiale est appelée à être un signe vivant de la proximité du Christ par le moyen d’un réseau de relations fraternelles, tournée vers les nouvelles formes de pauvreté.
20. Vu ce qui vient d’être dit, il importe de repérer des perspectives qui permettent de renouveler les structures paroissiales “traditionnelles” à la lumière de la mission. Voilà le cœur de la conversion pastorale désirée, qui doit toucher l’annonce de la Parole de Dieu, la vie sacramentelle et le témoignage de la charité, en un mot les lieux essentiels dans lesquels la paroisse grandit et se conforme au Mystère auquel elle croit.
21. Quand on parcourt les Actes des Apôtres, on se rend compte de l’action primordiale de la Parole Dieu, comme puissance intérieure qui réalise la conversion des cœurs. Elle est l’aliment qui nourrit les disciples du Seigneur et les rend témoins de l’Evangile dans les différentes situations de la vie. L’Ecriture possède une force prophétique qui la rend toujours vivante. Il importe donc que la paroisse éduque à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu au moyen de propositions diversifiées d’annonce[22], qui prenne des formes de communication limpides et compréhensibles pour présenter le Seigneur Jésus selon le témoignage toujours nouveau du Kérygme [23].
22. La célébration du mystère eucharistique, ensuite, est « source et somment de toute la vie chrétienne »[24], et donc moment essentiel pour la constitution de la communauté paroissiale. En elle l’Eglise prend conscience de la signification de son propre nom : convocation du Peuple de Dieu qui loue, supplie, intercède et rend grâce. Quand elle célèbre l’Eucharistie, la communauté chrétienne accueille la présence vivante du Seigneur crucifié et ressuscité, et reçoit l’annonce de tout son mystère de salut.
23. L’Eglise perçoit par-là la nécessité de redécouvrir l’initiation chrétienne qui fait naître à une vie nouvelle, en tant qu’insérée dans le mystère de la vie même de Dieu. Il s’agit d’un cheminement qui ne connaît pas d’interruption. Il n’est pas seulement lié à des célébrations ou à des événements. Ce qui le détermine en premier lieu, ce n’est pas le devoir d’accomplir un “rite de passage”, mais uniquement la perspective de la suite permanente du Christ. Sous cette lumière, il peut être utile de mettre en place des itinéraires mystagogiques qui touchent réellement l’existence [25]. La catéchèse elle-même devra se présenter comme une annonce continuelle du Mystère du Christ, afin de faire croître dans le cœur des baptisés la stature du Christ (cf. Ep 4, 13), grâce à une rencontre personnelle avec le Seigneur de la vie.
Comme l’a rappelé le Pape François, il importe d’ « attirer l’attention sur deux falsifications de la sainteté qui pourraient nous faire dévier du chemin : le gnosticisme et le pélagianisme. Ce sont deux hérésies apparues au cours des premiers siècles du christianisme mais qui sont encore d’une préoccupante actualité » [26]. Le gnosticisme consiste en une foi abstraite, purement intellectuelle, faite de connaissances qui restent éloignées de la vie, tandis que le pélagianisme amène l’homme à compter sur ses seules forces, sans tenir compte de l’action de l’Esprit.
24. Dans le mystérieux entrelacement de l’agir de Dieu et de celui de l’homme, l’Evangile est proclamé par des hommes et des femmes dont la vie, tissée de relations interpersonnelles qui suscitent confiance et espérance, garantit la crédibilité de ce qu’ils annoncent. A notre époque, souvent marquée par l’indifférence, l’enfermement de l’individu sur soi-même et le rejet de l’autre, la redécouverte de la fraternité est fondamentale, vu que l’évangélisation est étroitement liée à la qualité des relations humaines [27]. Aussi la communauté chrétienne fait sienne la parole de Jésus qui pousse à « prendre le large » (Lc 5, 4), confiante que l’invitation du Maître à jeter les filets fonde en soi la certitude d’une “pêche abondante” [28].
25. La “culture de la rencontre”, qui met la personne au centre de tout, promeut le dialogue, la solidarité et l’ouverture à chacun. Il est donc nécessaire que la paroisse soit le “lieu” qui donne le désir d’être ensemble et fait grandir les relations personnelles durables. Chacun peut ainsi découvrir ce que signifie “faire partie” et “être aimé”.
26. La communauté paroissiale est appelée à développer un authentique “art de la proximité”. Si celui-ci est bien enraciné, la paroisse devient réellement le lieu où est surmontée la solitude qui blesse la vie de tant de personnes, le « sanctuaire où les assoiffés viennent boire pour continuer à marcher, le centre d’un constant envoi missionnaire »[29].
V. “Communauté de communautés” : la paroisse intégrante, évangélisatrice et attentive aux pauvres
27. Le sujet de l’action missionnaire et évangélisatrice de l’Eglise est toujours le Peuple de Dieu dans son ensemble. De fait, il apparaît dans le Code de Droit Canonique que la paroisse ne se définit pas comme un édifice ou un ensemble de structures mais comme une communauté précise de fidèles, dont le curé est le pasteur propre[30]. A ce propos, le Pape François a rappelé que « la paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration », et il a dit qu’elle « est communauté de communautés »[31].
28. Le diverses composantes qui constituent la paroisse sont appelées à la communion et à l’unité. C’est dans la mesure où chacun reconnaît sa propre complémentarité et la met au service de la communauté, que, d’une part se réalise pleinement le ministère du curé et des prêtres qui collaborent avec lui comme pasteurs, et que d’autre part se manifeste la spécificité des différents charismes des diacres, des consacrés et des laïcs. Ainsi chacun agit pour la construction de l’unique corps (cf. 1 Co 12, 12).
29. La paroisse est donc une communauté convoquée par l’Esprit Saint pour annoncer la Parole de Dieu et faire renaître de nouveaux enfants à la fontaine baptismale ; rassemblée par son pasteur, elle célèbre le mémorial de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, et témoigne sa foi dans la charité en vivant dans un état permanent de mission, afin que le message salvifique qui donne la vie ne vienne à manquer à personne.
A ce sujet, le Pape François s’est ainsi exprimé : « La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être “l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles”. Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structure prolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. […] Mais nous devons reconnaître que l’appel à la révision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches des gens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent complètement vers la mission » [32].
30. On ne peut pas exclure de la paroisse le “style spirituel et ecclésial des sanctuaires” – qui sont d’authentiques “avant-postes missionnaires” – caractérisé par l’accueil, la vie de prière et de silence qui renouvelle l’esprit, ainsi que par la célébration du sacrement de la réconciliation et par l’attention aux pauvres. Les pèlerinages que les communautés paroissiales réalisent dans les divers sanctuaires constituent de précieux moyens pour grandir dans la communion fraternelle et, de retour à la maison, faire en sorte que les lieux de vie quotidienne soient plus ouverts et hospitaliers [33].
31. Dans cette perspective, on comprend que le sanctuaire puisse posséder les caractéristiques et les services que, analogiquement, la paroisse elle-même doit avoir, et qu’il représente pour beaucoup de fidèles le but de leur quête intérieure ainsi que le lieu où l’on rencontre le visage du Christ miséricordieux et une Eglise accueillante.
Dans les sanctuaires, ils peuvent redécouvrir “l’onction reçue du Saint” (1 Jn 2, 20), c’est-à-dire leur consécration baptismale. Dans ces lieux, on apprend à célébrer avec ferveur, dans la liturgie, le mystère de la présence de Dieu au milieu de son peuple, la beauté de la mission évangélisatrice de chaque baptisé, l’appel à concrétiser la charité dans les lieux de vie [34].
32. “Sanctuaire” ouvert à tous, la paroisse, qui doit aussi rejoindre chacun sans exception, rappelle que les pauvres et les exclus doivent toujours avoir une place privilégiée dans le cœur de l’Eglise. Benoît XVI l’a affirmé : « Les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Evangile »[35]. A son tour, le Pape François a écrit que « la nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » [36].
33. La communauté paroissiale est bien souvent le premier lieu où les pauvres font une rencontre humaine et personnelle avec le visage de l’Eglise. Il appartient en particulier aux prêtres, aux diacres et aux consacrés de ressentir de la compassion pour la “chair blessée”[37] des frères, de les visiter quand ils sont malades, de soutenir les personnes et les familles sans emploi, d’ouvrir la porte à tous ceux qui sont dans le besoin. Le regard tourné vers les derniers, la communauté paroissiale évangélise et se laisse évangéliser par les pauvres. Elle assume ainsi l’engagement social, lié à l’annonce, dans toutes ses dimensions[38], sans oublier la “règle suprême” de la charité sur laquelle nous serons jugés [39].
VI. De la conversion des personnes à celle des structures
34. Dans ce processus de renouveau et de restructuration, la paroisse doit éviter le risque de tomber dans une organisation d’événements excessive et bureaucratique et dans une présentation de services qui se fondent sur le critère de l’auto-préservation et ne manifestent pas le dynamisme de l’évangélisation [40].
Avec sa parresia habituelle, le Pape François a rappelé, en citant saint Paul VI, que « l’Église doit approfondir la conscience qu’elle a d’elle-même, de méditer sur le mystère qui est le sien. […] Il y a des structures ecclésiales qui peuvent arriver à favoriser un dynamisme évangélisateur ; également, les bonnes structures sont utiles quand une vie les anime, les soutient et les évalue. Sans une vie nouvelle et un authentique esprit évangélique, sans “fidélité de l’Église à sa propre vocation”, toute nouvelle structure se corrompt en peu de temps »[41].
35. La conversion des structures que la paroisse doit envisager requiert “en amont” un changement de mentalité et un renouvellement intérieur, surtout chez ceux qui sont appelés à être responsables de la conduite pastorale. Pour être fidèles au mandat du Christ, les pasteurs, et de façon particulière les curés « principaux collaborateurs de l’Evêque »[42], doivent prendre conscience avec urgence de la nécessité d’une réforme missionnaire de la pastorale.
36. Vu que la communauté chrétienne est liée à son histoire et aux réalités qui lui sont chères, les pasteurs ne doivent pas oublier que la foi du Peuple de Dieu est inséparable de la mémoire familiale et communautaire. Bien souvent, un lieu sacré évoque des moments de vie significatifs des générations passées, des figures et des événements qui ont marqué les cheminements personnels et familiaux. Afin d’éviter des traumatismes et des blessures, il importe que les processus de restructuration des communautés paroissiales et, parfois, diocésaines, soient menés avec souplesse et gradualité.
A propos de la réforme de la Curie Romaine, le Pape François a souligné que « la gradualité est le fruit du discernement indispensable qui implique processus historique, succession de temps et d’étapes, contrôle, corrections, expérimentations, approbations “ad experimentum”. Donc, dans ces cas, il ne s’agit pas d’indécision mais de la souplesse nécessaire pour pouvoir réaliser une véritable réforme » [43]. Il s’agit d’être attentifs à ne pas “forcer le temps” en voulant conduire les réformes à terme, de manière trop précipitée et avec des critères généraux, qui obéissent à des logiques élaborées “sur table”, où sont oubliées les personnes concrètes qui habitent le territoire. De fait, chaque projet doit être pensé dans la vie réelle de la communauté et greffé sur elle sans traumatisme, avec une phase nécessaire de consultation préalable, puis une mise en œuvre progressive, enfin une phase de vérification.
37. Naturellement, ce renouvellement ne concerne pas uniquement le curé, ni ne peut être imposé d’en haut en en excluant le Peuple de Dieu. La conversion pastorale des structures implique la conscience que « le saint Peuple fidèle de Dieu est oint de la grâce de l’Esprit Saint ; par conséquent, au moment de réfléchir, de penser, d’évaluer, de discerner, nous devons être très attentifs à cette onction. Chaque fois que, comme Eglise, comme pasteurs, comme consacrés, nous avons oublié cette évidence, nous nous sommes trompés de route. Chaque fois que nous voulons supplanter, réduire au silence, anéantir, ignorer ou réduire à de petites élites le Peuple de Dieu dans sa totalité et ses différences, nous bâtissons des communautés, des plans pastoraux, des élaborations théologiques, des spiritualités et des structures sans racines, sans histoire, sans visage, sans mémoire, sans corps, de fait, sans vie. Lorsque nous faisons abstraction de la vie du Peuple de Dieu, nous tombons dans la désolation et nous pervertissons la nature de l’Eglise » [44].
En ce sens, le clergé ne réalise pas seul la transformation sollicitée par l’Esprit Saint mais est engagé dans la conversion qui touche toutes les composantes du Peuple de Dieu[45]. Il convient donc de « chercher consciemment et avec lucidité des espaces de communion et de participation afin que l’Onction du Peuple de Dieu tout entier trouve ses médiations concrètes pour se manifester » [46].
38. Il est par conséquent évident qu’il faille dépasser autant une conception autoréférentielle de la paroisse qu’une “cléricalisation de la pastorale”. Prendre au sérieux le fait que le Peuple de Dieu « a pour condition, la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur de qui l’Esprit Saint habite comme dans un temple »[47] implique qu’il faut promouvoir des manières de faire et des modèles dans lesquels chaque baptisé, en vertu du don de l’Esprit Saint et des charismes reçus, devient acteur de l’évangélisation selon le style et les modalités d’une communion organique, autant avec les autres communautés paroissiales qu’avec la pastorale d’ensemble du diocèse. C’est bien en effet la communauté tout entière qui est le sujet responsable de la mission, du fait que l’Eglise ne se réduit pas à sa seule hiérarchie, mais se constitue comme Peuple de Dieu.
39. Les pasteurs ont la mission de maintenir vivante cette dynamique, afin que chaque baptisé se découvre acteur de l’évangélisation. La communauté presbytérale, attentive à rester elle-même en formation permanente [48], doit exercer avec sagesse l’art du discernement qui permet à la vie paroissiale de grandir et de mûrir, dans le respect des diverses vocations et des ministères. Le prêtre donc, comme membre et serviteur du Peuple de Dieu qui lui a été confié, ne peut pas se substituer à lui. La communauté paroissiale est habilitée à proposer des formes d’exercice des ministères, d’annonce de la foi et de témoignage de la charité.
40. Le rôle central de l’Esprit Saint – don gratuit du Père et du Fils à l’Eglise – amène à vivre profondément la dimension de la gratuité, selon l’enseignement de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Il a appris à ses disciples à vivre dans le service généreux, à être chacun un don pour les autres (cf. Jn 13, 14-15), avec une attention préférentielle envers les pauvres. En découle, entre autre, la nécessité de ne pas “marchander” la vie sacramentelle et de ne pas donner l’impression que la célébration des sacrements – surtout l’Eucharistie – et les autres actions ministérielles puissent être l’objet de tarifications.
Le pasteur qui sert le troupeau avec une générosité gratuite, est tenu en même temps, de former les fidèles afin que chaque membre de la communauté se sente impliqué de manière responsable et directe, pour subvenir aux besoins de l’Eglise, à travers les diverses formes d’aide et de solidarité dont la paroisse a besoin pour accomplir son service pastoral librement et efficacement.
41. La mission à laquelle est appelée la paroisse, comme centre moteur de l’évangélisation, concerne donc tout le Peuple de Dieu dans ses diverses composantes : prêtres, diacres, consacrés et fidèles laïcs, chacun selon son charisme et les responsabilités qui lui correspondent.
VII. La paroisse et les autres répartitions internes d’un diocèse
42. La conversion pastorale de la communauté paroissiale dans un sens missionnaire prend donc forme et se réalise selon un processus graduel de renouvellement des structures où, par conséquent, la charge pastorale ou une participation à son exercice est confiée aux uns et aux autres selon des modalités diverses qui impliquent toutes les composantes du Peuple de Dieu.
43. A propos de la répartition interne du territoire diocésain[49], à la paroisse et aux vicariats forains, déjà prévus par le Code de Droit Canonique en vigueur[50], se sont ajoutées depuis quelques décennies dans le langage courant, repris par les documents du Magistère, des expressions comme “unités pastorales” et “zones pastorales”. Ces dénominations définissent de fait des formes d’organisation pastorales du diocèse, qui expriment un nouveau rapport entre les fidèles et le territoire.
44. Pour cette question des “unités” ou “zones pastorales”, personne ne doit évidemment penser que la solution aux multiples problèmes actuels se trouve en donnant tout simplement un nouveau nom à des réalités déjà existantes. Pour éviter de subir le changement dans ce processus de renouveau, bien au contraire pour le promouvoir et l’orienter, il faut trouver les structures qui permettront de revivifier dans toutes les composantes de la communauté chrétienne la commune vocation à l’évangélisation, pour une charge pastorale plus efficace du Peuple de Dieu, le “facteur clé” ne pouvant être que la proximité.
45. Dans cette perspective, la norme canonique met en relief la nécessité de délimiter des zones territoriales distinctes[51] à l’intérieur de chaque diocèse, quitte à ce qu’elles soient ensuite regroupées en des réalités intermédiaires entre le diocèse lui-même et chaque paroisse. Par conséquent, il peut exister différents types de regroupements de paroisses[52] qui tiennent compte de la dimension du diocèse et de sa réalité pastorale concrète.
La communion de l’Eglise doit être vivante et agissante au cœur de ces regroupements, avec une attention particulière à l’égard du territoire concret. C’est pourquoi, en les érigeant, il faut tenir compte, le plus possible, de l’homogénéité de la population et de ses manières de vivre, ainsi que des caractéristiques communes du territoire, de façon à faciliter la relation de proximité entre les curés et les autres agents pastoraux [53].
VII.a. Comment procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses
46. Tout d’abord, avant de procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses, l’Evêque doit nécessairement consulter à ce sujet le Conseil Presbytéral[54], dans le respect de la norme canonique et au nom de l’incontournable coresponsabilité ecclésiale, partagée à divers titres entre l’Evêque et les membres de ce Conseil.
47. Le regroupement de plusieurs paroisses peut se faire avant tout selon la simple forme associative, de manière à ce que les paroisses associées gardent une identité distincte. Conformément à la norme canonique, quand on réalise n’importe quel genre de regroupement de paroisses voisines, il va de soi qu’il faille respecter les éléments essentiels du droit universel concernant la personne juridique de la paroisse. L’Evêque ne peut pas dispenser de ces droits [55]. Pour chacune des paroisses qu’il a l’intention de supprimer, il doit donc émettre un décret spécifique comportant les motivations pertinentes [56].
48. A la lumière de ce qui a été exposé ci-dessus, le regroupement, de même que l’érection ou la suppression de paroisses, doit être réalisé par l’Evêque diocésain dans le respect de la norme prévue par le Droit canonique, c’est-à-dire moyennant une incorporation, selon laquelle une paroisse est absorbée par une autre en perdant son individualité originelle et la personnalité juridique ; ou bien moyennant une véritable fusion, qui donne naissance à une nouvelle et unique paroisse, ce qui implique l’extinction des paroisses préexistantes et de leur personnalité juridique ; ou, enfin, moyennant la division d’une communauté paroissiale en plusieurs paroisses autonomes, lesquelles sont créées ex novo[57].
En outre, la suppression de paroisse par union extinctive est légitime pour des causes qui regardent directement la paroisse en question. Ne sont pas des raisons valables, par exemple, la seule pénurie du clergé diocésain, la situation financière générale du diocèse, ou d’autres conditions propres à la communauté, dont on prévoirait un changement à brève échéance (par exemple l’importance numérique, le manque d’autonomie financière, la modification de l’aménagement urbain du territoire). Comme condition de légitimité de ce genre de mesure, il faut que les motifs présentés soient directement et organiquement liés à la communauté paroissiale et non à des considérations générales, théoriques ou “de principe”.
49. En ce qui concerne l’érection et la suppression des paroisses, il convient de rappeler que chaque décision doit être adoptée avec un décret formel, rédigé par écrit [58]. Il faut par conséquent considérer comme non conforme à la norme canonique un acte normatif unique, un décret général ou une loi particulière qui viserait, en une unique mesure, une réorganisation générale du diocèse tout entier ou d’une de ses parties, ou encore d’un ensemble de paroisses.
50. De façon particulière, dans le cas d’une suppression de paroisse, le décret doit indiquer clairement, en faisant référence à la situation concrète, quelles sont les raisons qui ont amené l’Evêque à prendre sa décision. Ces raisons doivent donc être indiquées spécifiquement, vu qu’on ne peut se satisfaire d’une allusion générale au “bien des âmes”. Dans l’acte selon lequel une paroisse est supprimée, l’Evêque doit également pourvoir à la dévolution de ses biens dans le respect des normes canoniques correspondantes[59] ; à moins qu’il n’y ait de graves raisons qui s’y opposent, auquel cas il faudrait entendre le Conseil presbytéral[60], on doit veiller à ce que l’église de la paroisse supprimée reste ouverte aux fidèles.
51. Dans le cadre du regroupement de paroisses et de leur éventuelle suppression, il peut être parfois nécessaire de réduire une église à un usage profane non inconvenant [61]. Cette décision revient à l’Evêque diocésain, après avoir obligatoirement consulté le Conseil presbytéral [62].
Habituellement, même dans ce cas, la diminution du clergé diocésain, la baisse démographique et la grave crise financière du diocèse ne sont pas des causes légitimes pour décréter une telle réduction. Si au contraire les conditions de l’édifice empêchent qu’il soit utilisé d’aucune manière pour le culte divin, ou qu’il soit réparable, on pourra procéder à sa réduction à un usage profane non inconvenant selon la norme du droit.
52. Il faut rappeler avant toute chose que, « pour favoriser l’exercice de la charge pastorale par une action commune, plusieurs paroisses voisines peuvent être unies par l’Evêque diocésain dans des regroupements particuliers comme les vicariats forains » [63] ; ceux-ci reçoivent comme appellation en divers lieux : “doyennés”, ou “archiprêtrés”, ou encore “zones pastorales” ou “préfectures”[64].
53. Le vicaire forain ne doit pas être nécessairement le curé d’une paroisse déterminée[65]. Pour correspondre à la finalité pour laquelle un vicariat est érigé, sa première responsabilité est celle « de promouvoir et coordonner l’action pastorale commune dans le vicariat forain »[66], de sorte que ce dernier ne reste pas une institution purement formelle. De plus, le vicaire forain « est tenu par l’obligation de visiter les paroisses de son district selon les directives portées par l’Évêque diocésain »[67]. Afin qu’il puisse remplir au mieux sa fonction et pour favoriser davantage l’activité commune entre les paroisses, l’Evêque diocésain peut conférer au vicaire forain d’autres facultés qu’il considérerait opportunes en raison du contexte concret.
VII.c. L’Unité pastorale
54. Dans un but analogue, quand les circonstances le demandent, en raison de l’extension territoriale du vicariat forain ou d’un grand nombre de fidèles, lorsqu’il est nécessaire de favoriser davantage la collaboration organique entre des paroisses limitrophes, après avoir entendu le Conseil presbytéral[68], l’Evêque peut aussi décréter le regroupement stable et institutionnel de différentes paroisses à l’intérieur du vicariat forain[69], en tenant compte de quelques critères concrets.
55. Il est avant tout opportun que les regroupements (dénommés “unités pastorales”[70]) soient délimités le plus possible de manière homogène, même du point de vue sociologique, afin qu’on puisse y réaliser une vraie pastorale d’ensemble ou intégrée[71], dans une perspective missionnaire.
56. De plus, chaque paroisse de ce regroupement doit être confiée à un curé ou à un groupe de prêtres in solidum, qui prennent soin de toutes les communautés paroissiales[72]. Autrement, si l’Evêque l’estime opportun, le regroupement peut aussi être composé de plusieurs paroisses, confiées au même curé[73].
57. Dans tous les cas, étant donné l’attention due aux prêtres qui, bien souvent, ont exercé leur ministère de manière méritoire et qui jouissent de la reconnaissance de la communauté, étant donné également le bien des fidèles eux-mêmes qui sont liés à leurs pasteurs par l’affection et la gratitude, il est demandé qu’au moment de constituer un regroupement déterminé, l’Evêque diocésain ne décide pas, par le même décret, que dans plusieurs paroisses réunies et confiées à un seul curé[74], les autres curés éventuellement présents et encore en charge[75], soient transférés automatiquement à l’office de vicaires paroissiaux, ou relevés de fait de leur charge.
58. Dans ces cas, à moins qu’il ne s’agisse d’une nomination in solidum, il revient à l’Evêque diocésain de déterminer au cas par cas les fonctions du prêtre modérateur de ces regroupements de paroisses, ainsi que sa relation avec le doyen du vicariat forain[76], à l’intérieur duquel l’unité pastorale est constituée.
59. Une fois que le regroupement de paroisses – vicariat forain ou “unité pastorale” – a été érigé selon le droit, l’Evêque détermine, selon l’opportunité, si chaque paroisse qui le constitue doit avoir son propre Conseil pastoral paroissial[77], où s’il est préférable que cette charge soit confiée à un Conseil pastoral unique pour toutes les communautés intéressées. Quelle que soit la situation, du fait qu’elles conservent la personnalité et la capacité juridique, chaque paroisse faisant partie du regroupement doit garder son propre Conseil pour les affaires économiques[78].
60. Afin de favoriser une action évangélisatrice d’ensemble et un soin pastoral plus efficace, il est opportun de constituer, pour les paroisses d’un regroupement, des services pastoraux communs dans des domaines déterminés (par exemple la catéchèse, la charité, la pastorale des jeunes ou des familles), avec la participation de toutes les composantes du Peuple de Dieu, clercs, consacrés et fidèles laïcs.
VII.d. La Zone pastorale
61. Si plusieurs “unités pastorales” peuvent constituer un vicariat forain, de la même façon, surtout dans les diocèses territorialement plus étendus, plusieurs vicariats forains peuvent être réunis par l’Evêque qui aura entendu le Conseil presbytéral[79], en “districts” ou “zones pastorales”[80], sous la conduite d’un Vicaire épiscopal[81] ayant le pouvoir exécutif ordinaire pour l’administration pastorale de la zone, au nom de l’Evêque diocésain, sous son autorité et en communion avec lui, cela en plus des facultés spéciales que ce dernier voudra lui attribuer au cas par cas.
VIII. Les formes ordinaires et extraordinaires selon lesquelles on confie la charge pastorale de la communauté paroissiale
62. En premier lieu, le curé et les autres prêtres, qui sont en communion avec l’Evêque, représentent une référence fondamentale pour la communauté paroissiale, en raison de la charge de pasteur qui est la leur[82]. En cultivant la vie commune et la fraternité sacerdotale, le curé et le presbyterium célèbrent la vie sacramentelle, pour la communauté et avec elle, et sont appelés à organiser la paroisse de manière à ce qu’elle soit un signe efficace de communion[83].
63. Par rapport à la présence et à la mission des prêtres dans la communauté paroissiale, il faut faire une mention particulière de la vie commune[84] ; même si elle ne constitue pas une obligation pour le clergé séculier, elle est recommandée par le can. 280. Il faut rappeler à ce propos la valeur fondamentale de l’esprit de communion, de la prière et de l’action pastorale commune de la part des clercs[85], en vue d’un témoignage effectif de fraternité sacramentelle[86] et d’une action évangélisatrice plus efficace.
64. Quand le Presbyterium expérimente la vie communautaire, l’identité sacerdotale se fortifie, les préoccupations matérielles diminuent et la tentation de l’individualisme cède le pas à la profondeur de la relation personnelle. La prière commune, les échanges d’idées et l’étude, qui ne doivent jamais manquer dans la vie sacerdotale, peuvent constituer un grand soutien dans la formation d’une spiritualité presbytérale incarnée dans le quotidien. Il convient en tout cas que, selon son discernement et dans la limite du possible, l’Evêque tienne compte des affinités humaine et spirituelle entre les prêtres, auxquels il désire confier une paroisse ou un regroupement de paroisses, tout en les invitant à une disponibilité généreuse dans leur nouvelle mission pastorale et à l’une ou l’autre forme de partage de vie avec les confrères[87].
65. Dans certains cas, surtout là où le presbytère n’est pas de tradition ou d’habitude, ou bien lorsque, pour une raison ou une autre, il n’est pas disponible comme habitation du prêtre, il peut arriver que celui-ci retourne vivre auprès de sa famille d’origine, premier lieu de formation humaine et de découverte vocationnelle[88]. D’un côté, cette pratique peut se révéler positive en ce qui concerne la vie quotidienne du prêtre, du fait qu’elle lui garantit un cadre domestique serein et stable, surtout quand les parents sont encore présents. Mais d’un autre côté, il faut éviter que ces relations familiales soient vécues par le prêtre comme une dépendance intérieure et une source de moindre disponibilité pour un ministère à temps plein, ou encore comme un choix qui, au lieu de la compléter, exclut la relation avec la famille presbytérale et la communauté des fidèles.
VIII.a. Le Curé
66. L’office de curé comporte la pleine charge d’âmes[89]. En conséquence, pour qu’un fidèle soit validement nommé curé, il faut qu’il ait reçu l’Ordre du presbytérat[90]. On exclut toute possibilité de conférer ce titre ou les fonctions qui lui appartiennent à qui serait privé de cet Ordre, même dans le cas où on manquerait de prêtres. Précisément en raison de la relation de connaissance et de proximité qui doit exister entre un pasteur et la communauté, l’office de curé ne peut pas être confié à une personne juridique[91]. En particulier – mis à part ce qui est prévu par le can. 517, §§1-2 – l’office de curé ne peut être confié à un groupe de personnes, composé de clercs et de laïcs. Il faut par conséquent éviter les expressions comme “team responsable”, “équipe responsable”, ou d’autres semblables, qui laisseraient entendre qu’il s’agit d’un gouvernement collégial de la paroisse.
67. Du fait qu’il est le « pasteur propre de la paroisse qui lui est confiée »[92], la représentation juridique de celle-ci revient ipso jure au curé[93]. Il est l’administrateur responsable des biens paroissiaux, qui sont des “biens ecclésiastiques”, par conséquent soumis aux normes canoniques correspondantes[94].
68. Comme l’affirme le Concile Vatican II, « dans sa paroisse chaque curé doit jouir, en son office, de la stabilité que requiert le bien des âmes »[95]. Comme principe général, il est donc demandé que le curé soit « nommé à temps indéterminé »[96]. L’Evêque diocésain peut toutefois nommer des curés pour un temps déterminé, si la Conférence épiscopale l’a décidé ainsi par décret. Du fait qu’il est nécessaire que le curé puisse créer un lien effectif et efficace avec la communauté qui lui est confiée, il convient que les Conférences épiscopales n’établissent pas un temps trop bref, inférieur à 5 ans, pour les nominations à temps déterminé.
69. Dans tous les cas, même s’ils sont nommés pour un “temps indéterminé” ou avant que le “temps déterminé” n’arrive à échéance, les curés doivent se montrer disponibles pour d’éventuels transferts dans une autre paroisse ou office, « si le bien des âmes ou la nécessité ou l’utilité de l’Eglise le requièrent »[97]. Il faut en effet le rappeler : c’est le curé qui est au service de la paroisse, non le contraire.
70. Ordinairement, là où cela est possible, il est bon que le curé ait la charge pastorale d’une seule paroisse. « Cependant, à cause de la pénurie de prêtres ou d’autres circonstances, la charge de plusieurs paroisses voisines peut être confiée au même curé »[98]. Par exemple, parmi les “autres circonstances”, on peut citer l’exiguïté du territoire ou de la population, ou encore la proximité des paroisses intéressées. Si l’Evêque diocésain confie plusieurs paroisses à un seul curé, il doit considérer attentivement si ce dernier pourra exercer pleinement et concrètement, comme vrai pasteur, l’office de curé de toutes les paroisses et de chacune d’elles[99].
71. Une fois nommé, le curé jouit du plein exercice des fonctions qui lui sont confiées, avec tous les droits et les responsabilités qui en découlent, jusqu’à ce qu’il ne cesse légitimement son office pastoral[100]. Pour sa révocation ou son transfert avant l’échéance de son mandat, il faut observer les procédures canoniques correspondantes, que l’Eglise utilise pour le discernement de ce qui convient dans chaque cas concret[101].
72. Quand le bien des fidèles le requiert, même s’il n’existe pas d’autres causes de cessation, le curé qui a atteint ses 75 ans, doit accueillir l’invitation que l’Evêque diocésain peut lui adresser de renoncer à la paroisse[102]. Il faut considérer la présentation de la renonciation, à 75 ans [103], comme un devoir moral, même s’il n’est pas canonique. Elle ne fait cependant pas cesser automatiquement l’office. Elle arrive seulement quand l’Evêque diocésain a communiqué par écrit à l’intéressé l’acceptation de sa renonciation [104]. Par ailleurs, que l’Evêque prenne en considération de manière bienveillante la renonciation présentée par un curé, même s’il le fait seulement en raison de ses 75 ans.
73. Dans tous les cas, avant d’accepter la renonciation, afin d’éviter une conception fonctionnelle du ministère, l’Evêqu

Date de publication: 2020-08-12 00:00:00 Version Imprimable